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 La langue des Terres Pleureuses

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Sylvain Rougemoine



Messages : 36
Date d'inscription : 06/06/2018
Localisation : Auvergne, Haute-Loire

MessageSujet: La langue des Terres Pleureuses   Dim 21 Oct 2018 - 19:07

Bonjour et désolé pour ces quelques mois d'absence ; je voulais vous poser quelques questions au niveau d'un nouveau projet de fantasy de grande envergure, mettant notamment en scène la linguistique comme élément de magicbuilding (cf. les cycles de Terremer et de l'Héritage... à quelques détails près). Avant de m'attaquer aux langages "magiques", je me suis tout d'abord creusé la tête sur le langage courant qu'empruntent les membres de la principale civilisation de mon monde (à savoir celle des Terres Pleureuses, dominée par les humains mais possédant également un nombre conséquent de races secondaires).
Les Terres Pleureuses sont un continent tempéré, à l'histoire longue et tortueuse, composé de nombreux royaumes, républiques, cités-États, et plusieurs empires, bien qu'aucun d'entre eux ne fasse un huitième de la superficie totale. Les relations liant les habitants par une même langue et culture sont donc essentiellement issues du commerce et du pacifisme plutôt que de conquêtes militaires.
Ce qui m'amène à penser plusieurs points :
  • Une langue unissant plusieurs pays via le commerce et non l'armée se doit d'être simple : d'abord pour faciliter les transactions, ensuite parce qu'en pratique cela s'est prouvé par l'utilisation massive de l'anglais comme langue internationale et que les empires utilisant les langues les plus complexes ont été il me semble toujours issus de conquêtes militaires (cf. l'empire romain, celui d'Alexandre le Grand et celui de Napoléon) ;
  • Une langue privilégiant l'action au sujet sera privilégiée car permettant davantage d'informations et allant droit au but (exemple pratique : les œuvres anglaises sont souvent moins verbeuses que les œuvres françaises). Je sais que l'anglais est une langue répondant à cette caractéristique, mais je ne sais pas en quoi.

J'espère donc que vous pourrez m'aider à élaborer les règles principales de ce langage ou à me dire en quoi je me trompe dans mes hypothèses, et si oui en quoi comment les modifier. Merci d'avance !
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Greenheart
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Messages : 3225
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MessageSujet: Re: La langue des Terres Pleureuses   Dim 21 Oct 2018 - 22:15

Tu fais référence à des langues véhiculaires.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_v%C3%A9hiculaire

Ces langues ne sont pas forcément simples : elles importent le vocabulaire correspondant au type d'échange, et utilisent chaque fois que possible des éléments de grammaire commun, limités à l'échange. Mais elles peuvent aussi se retrouver codées (de n'importe quelle manière, par exemple via le ton de la voix), ce qui rend la langue véhiculaire impénétrable à qui n'est pas dans le secret.

Tu peux trouver des manuels à l'usage des militaires stationnés à l'étranger pour commander aux troupes locales, ou encore des manuels d'anglais adapté à la communication souvent parasitée avec les tours de contrôle des aéroports du monde entier, à l'usage des pilotes d'avion, que n'importe quel pilote doit maîtriser pour être admis à faire voler des jets.

Donc pour obtenir une langue véhiculaire, je suppose que tu dois définir chaque langue mise à contribution comme tu les imagines, puis tu définis la situation de communication qui survient entre les peuples - nommer et goûter la marchandise, mesurer et enchérir au marché ; ou encore la liste des ordres à donner aux troupes, à partir de la vie d'une caserne, les différents métiers qui doivent communiquer (ferrer les chevaux, cuisiner et servir la tambouille etc.)... et à partir de là tu pioches proportionnellement les mots et la grammaire de l'une et l'autre langue en ne retenant que les plus compatibles (donc éliminer les homophones, éliminer les grammaires concurrentes ou provoquant des confusions).

Commence par de tous petits échanges - des tout petits dialogues, des toutes petites listes de vocabulaire et règles de grammaire inspirés de dialogues réels entendus dans des reportages, des films ou rapportés dans des romans, des documents - que tu aligneras par exemple sur trois langues (local 1, local 2, véhiculaire).

*


Citation :
Une langue privilégiant l'action au sujet sera privilégiée car permettant davantage d'informations et allant droit au but (exemple pratique : les œuvres anglaises sont souvent moins verbeuses que les œuvres françaises). Je sais que l'anglais est une langue répondant à cette caractéristique, mais je ne sais pas en quoi.

J'espère donc que vous pourrez m'aider à élaborer les règles principales de ce langage ou à me dire en quoi je me trompe dans mes hypothèses, et si oui en quoi comment les modifier. Merci d'avance !


Le caractère verbeux tient davantage des usages des éditeurs. Par exemple le latin est moins verbeux que l'anglais, et si j'utilise une orthographe contractée pour le français, il devient moins verbeux que l'anglais. Du baratin (on dit aujourd'hui "éléments de langage", trois mots pour un seul précédemment) dans toutes les langues est plus verbeux qu'un discours qui va "droit au but", adapté à la situation et économe en mots sans engendrer une confusion grave (on imagine facilement à quel point si c'est une langue qui sert à commander des armées).

Bonne création de langue en tout cas
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Sylvain Rougemoine



Messages : 36
Date d'inscription : 06/06/2018
Localisation : Auvergne, Haute-Loire

MessageSujet: Re: La langue des Terres Pleureuses   Dim 28 Oct 2018 - 9:17

Bon, voilà en tout cas la première version de l'article de mon encyclopédie personnelle dessus :

Le kazlodan (abréviation : kzd.) désignait à l’origine un dialecte sudestin répandu dans la région littorale, contrairement au vilparethain qui concernait l’intérieur des terres. De par sa prononciation et sa composition simples, et du fait que la ville de Kazlod l’employant eut longtemps un succès commercial à l’échelle de l’ensemble des territoires humains, il s’imposa après la chute de l’Archéroyaume comme langue de commerce puis finalement maternelle à travers les Terres Pleureuses.

Classification

Conjugaisons : 1

Déclinaisons : 0

Famille : langues sudestines

Nom : kazlodan

Peuples : kazlodan, sartien (annexé par les kazlodans), vilparethain, zostien, korlestan (disparu), narain, skourlite, tavashien, désertique, kermantien, norladien, valkan, borzladien…

Type : langage oral et écrit

Histoire

Le kazlodan se distingua peu à peu du sudestin en abandonnant le système de langue à tons après -18 000. Parlé essentiellement par les navigateurs, il se répandit sur l’ensemble des côtes du Sud-Est des Terres Pleureuses où l’on estime que son nombre de locuteurs varia de 1 à 2 millions par génération.

Il manqua de disparaître durant le règne des Archérois, supplanté siècle après siècle par le noir-elfique et le sylvain. Néanmoins, ceux-ci lui apportèrent l’écriture qui lui permettra d’être diffusé plus largement.

Le nombre de locuteurs finit par se stabiliser à 300 000 par génération, dont 75 000 dans la région sarto-kazlodienne. Contrairement à la plupart des autres langues sudestines, il subsista grâce à sa simplicité, simplicité qui ne fit qu’augmenter au fil des millénaires, signant ainsi la fin du kazlodan archaïque.

Vers -500, il fut redécouvert par la Rébellion ; il fut fortement parlé pour faire circuler des messages incompréhensibles aux Archérois, avant de devenir un symbole de l’identité des humains en tant qu’espèce sapiente. Après l’effondrement de l’Archéroyaume, le succès la ville de Kazlod continua de le répande et lui donna son nom.

Suite au déclin de celle-ci, le kazlodan ancien se scinda en deux langues distinctes : le bas-kazlodan, plus général et continuant d’être utilisé à l’échelle des Terres Pleureuses, lui-même divisé en dialectes variant d’un pays à l’autre, et le kazlodan moderne, utilisé uniquement par Kazlod et ses alentours.

Fonctionnement

Le kazlodan actuel compte 26 phonèmes [i, e, a, u, o, p, b, m, t, d, n, k, g, ŋ, f, v, l, s, z, ʃ, ʒ, ʀ, h, j, w, θ], répartis dans des mots généralement entre 1 et 3 syllabes. L’adjectif se place après le sujet (ou, sauf pour les possessifs, n’importe où dans la phrase dans le bas-kazlodan), lui-même se plaçant avant le verbe (en-dehors des phrases interrogatives dans le kazlodan ancien, et plus occasionnellement celui moderne – désuet). Les phrases peuvent avoir le nombre de compléments, propositions et juxapositions voulues par l’interlocuteur.

Conjugaison

PASSÉ : -ana, -anaz, -anai, -anas, -anazes, -anais

PRÉSENT : -a, -az, -ai, -as, -azes, -ais

FUTUR : -ora, -oraz, -orai, -oras, -orazes, -orais

Accords

Pas de genre pour les objets et les animaux non-familiers. Le masculin est signalé par le suffixe -sh ou -esh (s’il y a une consonne juste avant), le féminin par -a, le pluriel par -s ou -es (idem).

Grammaire

Tout adjectif qualificatif peut être substantivé ou verbalisé, tout nom peut être adjectivisé ou verbalisé, tout verbe peut être adjectivisé ou substantivé.

Les adjectifs possessifs peuvent être nuancés : dans le kazlodan archaïque de 7 manières gradatives, dans les kazlodans ancien et moderne de 3.

  • le collectif : cette chose n’appartient qu’à d’autres individus (kzd. arch. : β, kzd. anc. : zh, bas-kzd. & kzd. mod. : zi)
  • l’individuel : cette chose n’appartient qu’à moi (kzd. arch. & anc. : sul, bas-kzd. & kzd. mod. : sul ou su)
  • l’intime : cette chose m’appartient comme une partie intégrante de moi ou c’est tout comme (l’adjectif possessif n’intervient pas et la chose possédée devient un suffixe au possesseur)


N'hésitez pas à me dire si les échelles de temps et de populations sont trop grandes ou trop petites. Et je pense avoir encore oublié quelques trucs...
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Levas/Alis

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MessageSujet: Re: La langue des Terres Pleureuses   Lun 29 Oct 2018 - 11:43

Pour ce qui est de l'échelle du temps, tout dépend du calendrier de Kazlod, s'il se base sur des événements récents au moment où on en parle, cela expliquerait que l'on remonte à -18000. D'ailleurs, quel est l'élément qui fait basculer le calendrier au positif ?
Tu nous expliques qu'il y a 26 phonèmes, mais comment les écrit t-on et avec quel alphabet ?
Je suppose qu'il y a 3 personnes (3 au singulier et 3 au pluriel) pour ta conjugaison, et qu'il y ait seulement le mode indicatif.
Sinon, ta description est efficace, l'histoire est crédible (elle le serait encore plus si tu approfondis le calendrier), et tant qu'à faire, tu pourrais rajouter "Le Kazlodan" dans le titre du fil si tu trouves que le nom est adapté Very Happy
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Sylvain Rougemoine



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MessageSujet: Re: La langue des Terres Pleureuses   Lun 29 Oct 2018 - 17:04

Le calendrier :
- 40 000 : Fondation de l'empire gris-elfique.
- 30 000 : Migration des races provenant des Terres Inconnues (kobolds, humains, lutins, gnomes, goûtards, pointus...) vers les Terres Pleureuses. Apparition des langues proto-sudestines qui finiront par fusionner sous l'impulsion des empereurs comme "système de communication des espèces inférieures".
- 20 000 : Effondrement de l'empire gris-elfique.
- 18 000 : Apparition du kazlodan archaïque.
- 10 000 : Les dernières grandes races d'elfes (sylvains et noirs) tentent de recréer un empire et fondent l'Archéroyaume. Disparition progressive des langues issues du sudestin.
- 500 : Résurgence massive du kazlodan archaïque.
0 : Chute de l'Archéroyaume. Disparition quasi-totale des elfes. Début du Siècle de Mort.
100 : Fin du Siècle de Mort. Kazlod commence à s'imposer comme cité commerciale et militaire. Début du kazlodan ancien.
300 : Début de l'âge d'or kazlodan. La langue commence à se répandre sur l'ensemble du continent.
700 : Début de la décadence kazlodane. Apparition des premières formes de bas-kazlodan.
1000 : Prémices du kazlodan moderne.
2000 : Scission véritable entre bas-kazlodan et kazlodan moderne.
2200 : Période actuelle.

Pour ce qui est de l'alphabet, je ne me suis pas encore penché dessus, étant donné que je suis assez mauvais en la matière.
Oui, la conjugaison est telle quelle, même si je rajouterais peut-être un mode ou deux : la structure est principalement inspirée de l'espagnol et de l'anglais.
Sinon, les elfes seront assez éloignés de l'archétype tolkienien en-dehors du fait qu'ils seront humanoïdes et éternellement jeunes.
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