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 Les arcanes de l'étymologie

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Anoev
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MessageSujet: Les arcanes de l'étymologie   Jeu 3 Mai 2018 - 1:23

Eh oui : y a une source commune entre "sport" et "déportation" ! pale affraid

Y faut ben s'rendre à l'évidence (du moins en français et dans les langues issues du latin - y va ben falloir que j'en fasse autant pour le psolat), on a "sport", issu de "desport" ou "déport" (ça commence déjà !), ceux-ci viennent du latin DEPORTO -ARE -AVI -ATVM qui veut bien dire, certes "transporter, remporter" (qqch), mais aussi (j'ai rien inventé ! cf lien) "déporter quelqu'un". Ainsi, quand on voit en Espagne, casa de deportes, ce n'est pas une survivance de l'époque franquiste, c'est tout simplement "maison des sports".


En aneuvien, pour "sport", j'ai... dypòrt, pris de l'ancien français, par contre, pour déporter, j'ai deux verbes :
obusfær pour l'exil effroyable
uzhiyr sous l'effet de la force centrifuge.

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Greenheart
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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Jeu 3 Mai 2018 - 2:21

Il me semble que les portiques étaient très utilisés par les athlètes dans l'Antiquité. Faire du sport revenait forcément à être porté, se suspendre à un portique et porter soi-même quelque chose (ne serait-ce que son propre corps) ou un autre sportif.

*

Le préfixe "des" apporte (ad-porter, porter jusqu'ici) l'idée de prendre quelque part pour donner ailleurs, donc cela colle aussi bien à un sens littéral où l'on transvase une population ou n'importe quoi d'un point à un autre (par exemple "dévider", "débroussailler", "délester", "déshabiller", "déconstruire"), donc retirer, vider, diminuer, descendre (faire perdre en effectif une position de départ au profit d'une position d'arrivée) ; et un sens moins littéral qui est de tirer profit du transfert en question (type "dévaliser", "détrousser", "délimiter", "définir").

*

Porte, portail, portique, portée, portable etc. représentent toujours la même chose : une pièce soulevée et maintenue à une certaine hauteur (corps d'un sportif, sac, marchandise, note de musique, linteau, poutre, arc).

*

Ation = action de.

**

Dans les faits, il y a déportation dès qu'il y a déplacement d'un point à un autre de quelque chose qui est porté, comme une voiture portée par ses roues peut "se déporter" vers la gauche ou la droite selon le coup de volant ou un souci mécanique de direction. La propagande peut s'amuser à remplacer un mot par un autre pour embrouiller l'auditeur ou le spectateur, une déportation de population n'est pas un déplacement de population ou tout autre euphémisme / dramatisation qu'on pourra nous (res)servir.

*

En cas de catastrophe nucléaire (centrale polluant la totalité des réserves d'eaux et des exploitations agricoles sans oublier l'air respiré avec du mox, dont un seul grain tue le citoyen) ou climatique (île submergée) ou frappe militaire répétée même conventionnelle, la déportation des populations est leur seule chance de survie à court terme et si l'on prend un exemple où il faut franchir des mers ou des océans, mieux vaut être porté que le faire à la nage, l'actualité lointaine comme récente nous l'a suffisamment prouvé.

*

Une "délocalisation" est forcément une déportation : les machines sont portées d'ici à ailleurs, les salaires et les salariés et cadres qui veulent suivre ne le feront pas à pieds. De même une "promotion" qui vous oblige à déporter mobilier, femmes et enfants dans une autre région, un autre pays ; de même la "mise au placard" si prisée en ce moment par nos chefs d'entreprises si j'en crois les chiffres des JT d'aujourd'hui consiste à déporter l'employé ciblé dans un local isolé, avec ses affaires, l'employé ne se conformant pas à la directive pouvant être physiquement porté ailleurs, et ses affaires le sont toujours. Les collègues de l'employeur sont de la même manière "déportés" hors de la vue de l'employé mis au placard.

*

En danse, on appelle "porté" le fait de soulever la danseuse puis de la reposer, ici ou ailleurs. Cela demande à faire beaucoup de sport, parce que la colonne vertébrale et la paroi abdominale jusqu'aux parois de l'aine du danseur-porteurs risquent très gros sans expérience et entrainement régulier. Si le danseur dépose la danseuse ailleurs au lieu de la reposer là où elle était, c'est forcément et littéralement une déportation.

Dans les sports collectifs où la balle est soulevée et déplacée, la balle est constamment déportée de son point de départ à son point d'arriver. Le ballon ovale comme le ballon rond ou la balle de golfe comme une flèche au tir à l'arc ou un tir de fusil ou de pistolet peut être déporté par le vent.

La Poste et autres livreurs sont les gros "déporteurs" quotidiens, mais je suppose que tous les transports en commun ne cessent de déporter leurs réserves de passagers ou de paquets d'un point à un autre de leurs réseaux. On vide forcément un panier pour remplir une rangée de boites aux lettres, on vide forcément un quai d'embarquement pour remplir un quai de débarquement...

**
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Leo

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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Mer 6 Juin 2018 - 1:06

Anoev, à quelle époque le psolat a hérité du mot français? Desport signifiait divertissement au départ - divertir (dévier), distraire (écarter) et déporter (éloigner) ont en commun l'idée d'évasion dans le loisir - et le mot français moderne sport a été pris de l'anglais - lui même pris de l'ancien français.
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Mer 6 Juin 2018 - 8:19

Leo a écrit:
Anoev, à quelle époque le psolat a hérité du mot français? Desport signifiait divertissement au départ - divertir (dévier), distraire (écarter) et déporter (éloigner) ont en commun l'idée d'évasion dans le loisir - et le mot français moderne sport a été pris de l'anglais - lui même pris de l'ancien français.
J'ai surtout pensé au mot castillan deporte*, et ses dérivés, comme deportivo. C'est du reste la même démarche qui m'a amené à l'aneuvien dyport. Alors à quelle époque exactement, je ne saurais te dire. Le psolat est né (dans la réalité) en 2011. Dans la diégèse, je ne lui ai pas donné une année exacte.


*Chez moi, le mot aurait fait le trajet "espagnol → aneuvien → psolat". Comme j'avais dit j'sais plus où (j'ai la flemme de faire la recherche), les mots psolats sont (en général) passés par l'aneuvien si les mots aneuviens sont des à-postériori directs° romans ; sinon ils viennent tout droit soit du latin, soit des langues romanes.
°Pas via des fantaisies du style anacyclique ou ambigramme. Cependant, y a aussi quelques mots psolats venant directement du grec. Assez rares y faut ben l'dire : je ne maîtrise pas la langue de Socrate... ou de Karamanlis.

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Hyeronimus

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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Mer 6 Juin 2018 - 10:17

Ha oui on a parfois des surprises, c'est une des raisons pour lesquelles j'aime chercher les étymologies. Je n'arrive pas à me rappeler de ce que j'avais trouvé, mais j'avais trouvé un autre exemple de deux mots de la même origine mais qui n'ont rien à voir. (Peut être que ça vaut pour "tête" et "tesson"?)
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Mer 6 Juin 2018 - 10:23

Hyeronimus a écrit:
Peut être que ça vaut pour "tête" et "tesson"?
Faut voir ? Via "test" ou "têt"*

*Rien à voir avec le nouvel an vietnamien, crois-je bon de préciser.

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Leo

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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Jeu 7 Juin 2018 - 0:56

C'est la date dans la diégèse qui m'intéressait. Je ne sais pas quand l'espagnol deporte s'est spécialisé de loisir à sport. Du côté de l'anglais, le mot disport pris du français se serait spécialisé de loisir à jeu en plein air vers la fin du 15e.

Du côté de la tête et du tesson, le mot anglais test, repris en français dans test et tester, provient du même tonneau (ou éprouvette).

C'est fascinant l'étymologie. Quand je faisais des diégèses historiques, je me perdais dans de ces plats géants de spaghetti.
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Jeu 7 Juin 2018 - 1:35

Leo a écrit:
C'est la date dans la diégèse qui m'intéressait.
Y faudrait que je fasse une brève biographie du créateur (diégésique) du psolat.

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Hyeronimus

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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Dim 10 Juin 2018 - 8:32

Je me suis rappelé de l'exemple qui m'avais surpris (je m'excuse si ce n'est pas du plus élégant). Si j'ai bien compris, les mots "bords" (avec tous ses dérivés) et "bordel" auraient la même origine https://sites.arte.tv/karambolage/fr/le-mot-le-bordel-karambolage
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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Dim 10 Juin 2018 - 8:38

J'avais eu comme source (mais où est-elle passée ?) que Bordel serait venu de "bord d'eau" (comme la ville de... Bordeaux), car lesdits établissements, à l'époque où l'eau courante ne l'était pas, devaient être au bord de l'eau pour des raisons hygiéniques.

Par contre, "bordel" pour "désordre", j'me perds en conjectures ! car les établissements de prostitution étaient extrêmement bien tenus ! ménage fait tous les jours, désinfection, suivi de la clientèle, des employé(e)s et tout et tout ! La fermeture desdits établissements en France ne fut pas une conséquence d'un quelconque désordre, mais de l'assiduité d'un certain nombre de clients qui, naguère (on se resitue en 1946) étaient des maniaques de l'Ordre... noir.

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Velonzio Noeudefée

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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Dim 10 Juin 2018 - 9:14

Pour moi "bordel" pour désordre, je me demande déjà si ce glissement sémantique n'aurait pas été emprunté aux Italiens (via casino, or les deux étaient proches, si je ne me trompe pas, fut un temps)...C'est une image que je comprends très bien, non pas pour des raisons hygiéniques ou de ménage, mais d'empressement, avec des vêtements partout.
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Leo

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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Lun 11 Juin 2018 - 0:30

Aucune idée sur le glissement sémantique, mais l'article d'Arte me semble bizarre quand il dit que le germanique bord a donné le francique borda. Ce ne serait pas plutôt le germanique borda qui a donné le francique bord?
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Hyeronimus

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MessageSujet: Re: Les arcanes de l'étymologie   Sam 23 Juin 2018 - 10:20

Leo a écrit:
Aucune idée sur le glissement sémantique, mais l'article d'Arte me semble bizarre quand il dit que le germanique bord a donné le francique borda. Ce ne serait pas plutôt le germanique borda qui a donné le francique bord?

Ça m'a intrigué aussi après coup. Je ne crois pas que ça vaille la peine d'ouvrir un fil pour cette question, mais j'essaye de comprendre pourquoi on dit être "gris" ou "noir" selon qu'on est un peu ou très ivre. Wikipédia me dit "« Être gris » signifie en langage courant « être légèrement ivre », probablement parce qu'alors, la vision se trouble, et qu'on voit comme dans la grisaille d'un brouillard" mais cette explication me paraît peu convaincante.
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