L'Atelier

Créations linguistiques
et mondes imaginaires
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Le Zun (Zun Ôn)

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Le Zun (Zun Ôn)   Ven 15 Déc 2017 - 16:23



Le Zun

Le Zun est lié à la diégèse commune que nous faisons avec Bedal, Yatem, Rémy et Elara/Horonia/on ne sait plus trop.

Géographie

Le Zun est un pays d’Asie de l’est. Voici sa localisation sur la carte :


Sa langue officielle est le zunais.

Le Zun a une superficie d’environ 115 000 km² pour une population de 28,75 millions d’habitants. Sa capitale, et plus grande ville, est Zwun Kyu. Les villes de Nao Yï et Vhing Eng complètent le top 3 des villes zunaises.

Le pays est traversé par le fleuve Zëng Dëi (« serpent d’eau »). Les deux affluents principaux du Zëng Dëi sont le Lwi Vwai Chwüng et le Nyün Vwai Chwüng (la rivière haute du nord et la rivière haute du sud). Le Zun est relativement plat en dehors des vallées creusées par les cours d’eau. Son point culminant, le Mëi Këi (montagne des étoiles), est à 1050m.


Le Zun est divisé en 10 provinces et une ville spéciale. La ville spéciale est la capitale Zwun Kyu (ville de la tête). Les provinces ("zong") sont :
• Mëi Këi Zong (province du mont aux étoiles)
    o Chef-lieu : Zyao Shün (port de pierre)
• Rwë Zong (province du commencement)
    o Chef-lieu : Nao Yï (le poing bleu)
• Pang Pwï Zong (province de la grande colline)
    o Chef-lieu : Se Chwüng (les deux rivières)
• Deng Zong (province de Deng)
    o Chef-lieu : Han Xyïng (porte des Han)
• Da Zong (province dorée)
    o Chef-lieu : Swõ Gweng (ciel pluvieux)
• Lwi Zong (province du nord)
    o Chef-lieu : Ëng Kwun (vue (sur) la mer)
• Feung Zong (province de l’est)
    o Chef-lieu : Fwô Shün (port du matin)
• Li Zong (province des fleurs)
    o Chef-lieu : Rhao Nyeu (terre noire)
• Chong Shun Zong (province de la légende des maitres)
    o Chef-lieu : Tën Gu (la vérité (dans) les livres)
• Fhwe Zong (province de la cuve)
    o Chef-lieu : Vhing Eng (la vallée aux chandelles)


À suivre

Je posterai l'histoire abrégée du Zun la prochaine fois.

(Non, Anoev, je n'ai pas encore fait de réseau ferroviaire)

(Non, je n'ai aucune connaissance en géologie ou que sais-je, donc si le Zun est comme ça c'est parce que c'est magique)

Table des matières des histoires zunaises

Histoire 1 : 1981
Histoire 2 : 1994
Histoire 2,5 : 2000
Histoire 3 : 2013
Histoire 4 : 2015


Dernière édition par Kuruphi le Sam 25 Aoû 2018 - 0:13, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Pomme de Terre

avatar

Messages : 1314
Date d'inscription : 25/06/2013
Localisation : Franche-Comté, France

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Ven 15 Déc 2017 - 17:49

Intéressant, tu as bien fait de le poster Smile

J'ai deux questions. Que représente le drapeau ? Et quel est le rôle des subdivisions administratives ?

Hâte de voir la suite, notamment l'histoire hé hé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Ven 15 Déc 2017 - 18:44

Pomme de Terre a écrit:
Que représente le drapeau ?
Le bleu foncé est pour le fleuve, le rouge est pour le sang qui a coulé pour l'indépendance et le disque bleu clair est pour l'empereur qui rayonne (le bleu est la couleur impériale au Zun).

Pomme de Terre a écrit:
Et quel est le rôle des subdivisions administratives ?
Ben... C'est large, cette question ! À la base, les régions sont là pour simplifier l'administration et la justice. Elles ont d'autres compétences que je n'ai pas détaillées.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Bedal
Modérateur
avatar

Messages : 5435
Date d'inscription : 23/06/2014
Localisation : Lyon, France

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Ven 15 Déc 2017 - 19:34

Les cartes sont tout simplement splendides ! Shocked cheers

_________________
"L'Atelier" alas a bin jerli foromte! : L'Atelier est le meilleur des forums

Like a Star @ heaven Idéolangues : algardien, nardar, helfina, mernien, syrélien, brakin, nurménien, leryen, romanais.
Like a Star @ heaven Idéomondes : Univers d'Heimdalir, Iles Romanes

Non au terrorisme et à la barbarie. Oui à la paix, la fraternité et la solidarité. Quelles que soient notre religion, notre langue ou notre couleur de peau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://languesheimdalir.jimdo.com/
Rémy

avatar

Messages : 311
Date d'inscription : 07/05/2017
Localisation : Avignon

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Ven 15 Déc 2017 - 20:05

Beau travail, je suis impatient de découvrir l'histoire de ce beau pays !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Velonzio Noeudefée

avatar

Messages : 2611
Date d'inscription : 14/02/2015
Localisation : Rhône-Alpes

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Ven 15 Déc 2017 - 21:11

C'est très intéressant.
Malgré ton prétendu manque de connaissance, le tracé du fleuve et ton placement des montagnes me parait très cohérent.

Du coup t'es en face de la Corée et comme elle vous avez la Chine comme voisine.
Des relations qui promettent une histoire passionnante...

En outre avec la Corée, ça forme un peu une mer intérieure, donc certainement aussi un pays assez maritime avec tout ce que cela implique avec d'autres pays avoisinant: Chine, Taïwan, Philippines, Vietnam, Indonésie, Bruneï, Singapour, Thaïlande, Cambodge, Japon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Sam 16 Déc 2017 - 1:30

Merci à tous !
Sans plus attendre, un peu d'histoire :

Chronologie rapide

Grandes périodes

Avant 1450 : Province du Zëng Dëi de l’empire de Chine.
1454-1620 : Empire du Zun
1620-1769 : Empire du Vaon
1769-1920 : Empire du Zun
1920-1945 : Colonie japonaise
1945-1979 : Protectorat britannique
1979- ? : République du Zun
(à suivre…)

Chronologie des empereurs zunais

(naissance°, débutdurègne-findurègne, mort+)
Les noms en gras sont les noms d’usage pour désigner les empereurs aujourd’hui.

     Dynastie des Zun (1454-1620) :
Deng Hãn Kei Dëi Wo Nao Zun (1436°, 1454-1490)
Wo Deng Fhãng Chwüng Pwõ Zun (1461°, 1490-1523)
Tang Pyi Pyen Fhãng Vo Zun (1485°, 1523-1553)
Wëi Mëi Ghwö Pwoi Vo Zun (1502°, 1553-1558)
Wëi Syang Pyen Vhwao Zwun Zun (1522°, 1558-1559)
Dai Tyë Jhang Hãn Zwun Zun (1533°, 1559-1602)
Tang Ji Mwa Ghyô Shing Zun (1576°, 1602-1615)
Pyi Li Nao Yï Pwõ Zun (1601°, 1615-1619)
Ro Li Nao Yï Pwõ Zun (1611°, 1619-1620)
 
     Dynastie des Vaon (1620-1769) :
Sho Wën Dëi Zwun Pwõ Vaon (1588°, 1620-1656)
Sho Rhyõng Dëi Zwun Pwõ Vaon (1623°, 1656-1685)
Vhun Lang Lyun Dëi Jweng Vaon (1668°, 1685-1705)
Lai Tan Jwin Du Yöi Vaon (1687°, 1705-1769)
 
     Dynastie des Rhe (1770-1810) :
Wõn Gin Shin Rhwao Li Rhe (1727°, 1770-1782)
Nu Gï Sao Rhwao Li Rhe (1749°, 1782-1809)
Nu Chü Ryo Rhwao Li Rhe (1772°, 1809-1810, 1816+)
 
     Dynastie des Byun (1810-1920) :
Fhõ Xi Zong Xën Fhyö Byun (1747°, 1810-1852)
Yë Vï Fhõ Sun Zwüng Byun (1834°, 1852-1908)
Yë Zong Fhõ Vï Chöng Byun (1855°, 1908-1920, 1925+)

(à suivre)

Chronologie globale

En bleu, les périodes (dynasties, dominations...)
En rouge, les guerres et coups d'État


Avant 1450 : Le Zun est sous domination chinoise en tant que province Zëng Dëi
1450-1454 : Guerre d’indépendance zunaise menée par Deng
1454 : Proclamation du Zun (Zun Ôn) indépendant, Deng est couronné empereur sous le nom de Deng Hãn Kei Dëi Wo Nao Zun. Le pays prend le nom de « Zun » qui est le dernier prénom et nom de dynastie de l’empereur Deng.
1454-1620 : Dynastie des empereurs Zun
1492 : L’empereur Wo impose le zunais unique langue officielle, adoption de l’alphabet zunais (issu du hangeul)
1558-1561 : Guerre civile, révolte de la communauté sinophone dans les provinces de Pang Pwï Zong et Rwë Zong, matée par l’empereur Dai
1620 : mort du dernier Zun, Sho devient empereur et le pays change de nom en Vaon (Vaon Ôn)
1620-1769 : Dynastie des empereurs Vaon
1699-1701 : famine
1705 : L’empereur Vhun meurt, sa dernière épouse, Lai, écarte les derniers Vaon encore en vie pour monter sur le trône
1769-1770 : Guerre de succession. À la mort de l’impératrice Lai, ses enfants sont jugés non légitimes pour le trône. Les enfants de Lai sont battus par un petit noble qui devient empereur sous le nom de Wõn et revient à l’ancien nom du Zun (Zun Ôn).
1770-1810 : Dynastie des empereurs Rhe
1810 : Une riche commerçante oblige l’empereur Nu Chü à abdiquer, elle devient impératrice sous le nom de Fhõ
1810-1920 : Dynastie des empereurs Byun
1811-1849 : Famines de la Sorcière (période de fréquentes famines sous le règne de l’impératrice Fhõ)
1852-1908 : Règne de l’empereur Yë Vï pendant lequel le Zun s’industrialise
1910-1911 : famine
1918-1920 : Le Japon envahit le Zun et en fait sa colonie
1920-1945 : Période de l’occupation japonaise, fréquentes famines
1945 : Suite à la défaite du Japon, le Zun passe sous protectorat anglais
1945-1979 : Période du protectorat anglais
1979 : Les Anglais rendent son indépendance au Zun, No-Vü Gyô est élu président zunais.
1979- ? : République zunaise
(à suivre)

Si je m'arrête en 1979, c'est pour une bonne raison : les événements suivants, je vous les conterai à travers des récits romancés, et je ne veux pas vous spoiler ! Very Happy


Dernière édition par Kuruphi le Jeu 18 Jan 2018 - 23:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Chaest
Modérateur
avatar

Messages : 2095
Date d'inscription : 15/01/2012
Localisation : Reims

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Sam 16 Déc 2017 - 9:15

Kuruphi a écrit:
Si je m'arrête en 1979, c'est pour une bonne raison : les événements suivants, je vous les conterai à travers des récits romancés, et je ne veux pas vous spoiler ! Very Happy

Hahaha, hâte de voir ça ! Belle chronologie en tout cas !

_________________
FC BF CA WM FE
Motahaséjya Sa ho sa nass'kalica' Sa léhi'néwin'sarya
Time is a funny thing. Would it disappear that none would notice. Though even the Gods are affraid of it.

Te nikon ke
Chraestnù
Tonen caesto
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Rémy

avatar

Messages : 311
Date d'inscription : 07/05/2017
Localisation : Avignon

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Sam 16 Déc 2017 - 9:59

Si c'est l'histoire du tchat, je suis impatient de pouvoir la relire !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Sam 16 Déc 2017 - 10:14

Chaest a écrit:
Hahaha, hâte de voir ça ! Belle chronologie en tout cas !

Merci Chaest I love you

Ρέμί a écrit:
Si c'est l'histoire du tchat, je suis impatient de pouvoir la relire !

J'ai prévu quatre histoires, celle que j'ai raconté sur le chat est la deuxième Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Mardikhouran
Admin
avatar

Messages : 3723
Date d'inscription : 26/02/2013
Localisation : Elsàss

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Sam 16 Déc 2017 - 10:17

Je n'aurais jamais pensé que le Zun aie été sous domination chinoise pendant un temps !
Mais ça se tient ; en plus, en 1449, l'armée chinoise s'était fait massacrer par les Mongols Oirats. Rien d'étonnant à ce que des provinces sécèdent par la suite.

Mais il n'y a pas d'Histoire avant la Chine ?

_________________
Fsəm-daɣz fəbrim !
“Rendez-nous notre langue !”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vilikemorgenthal.tumblr.com/
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Sam 16 Déc 2017 - 10:44

Mardikhouran a écrit:
Mais il n'y a pas d'Histoire avant la Chine ?

L'histoire du Zun chinois est intimement liée à celle de la Chine, donc il faut que je bosse à mort l'histoire de la Chine, or je n'ai pas trop le temps pour le moment.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Dim 17 Déc 2017 - 15:33

Avant de poster la première histoire romancée du Zun, je vais vous donner quelques infos en vrac.

Noms

Le prénom est composé d’une ou plus souvent deux syllabes. Le nom de famille est en général composé d’une seule syllabe.
Le nom de famille le plus répandu est « Li ». L’équivalent de « Jean Dupont » est « Mi-Yang Li » (épicène).

Le nom précède le prénom jusqu’à la fin des années 40, lorsque les anglais décident d’imposer le modèle prénom-nom pour faciliter l’administration. Aujourd’hui encore, c’est cet ordre qui est utilisé.

L’empereur ne suit pas l’usage. Il a traditionnellement six prénoms. Pour faire plus court, les sujets le désignent par son premier prénom. Si un autre empereur prend le même premier prénom, ils sont désignés par les deux premiers. Par exemple, l’empereur Yë Vï Fhõ Sun Zwüng Byun était appelé « Empereur Yë », puis, depuis la montée de son fils Yë Zong Fhõ Vï Chöng Byun sur le trône, il se fait appeler « Empereur Yë Vï ».
L’empereur Wo (le deuxième empereur) a pris le même dernier prénom que son père, Zun, et son fils fit de même ; cette tradition perdurera, si bien que le dernier prénom des empereurs peut être assimilé à un nom de famille.

Religions

Voici un camembert :



Littérature

L’œuvre majeure de la littérature zunaise est « La légende des maîtres » (« Chong Shun ») composée au XIVe siècle par Sô-Zï. Les plus attentifs auront remarqué que l’œuvre a marqué la toponymie zunaise, puisque c’est de là que vient le nom de la province Chong Shun Zong.
Son titre complet est « La légende du maitre, de l’élève, des cinq éléments, du jour et de la nuit » (« Chong õ öng õ xo xô õ fhi jyang nô shun »). Cette histoire prend place dans un monde où les Hommes peuvent maitriser quatre des cinq éléments primordiaux : l’air, l’eau, le feu et la terre, reste la foudre (qui est également considérée comme la source de l’esprit : les pensées sont vus comme des éclairs dans le corps).
(J'ai écrit le début du résumé détaillé de cette histoire, en attendant de l'écrire pour de vrai... en français, pour commencer ! Je ne suis pas maso non plus !)

Je posterai très bientôt la première histoire, celle de 1981... Est-ce que vous êtes chauuuuds ?


Dernière édition par Kuruphi le Jeu 21 Déc 2017 - 0:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Pomme de Terre

avatar

Messages : 1314
Date d'inscription : 25/06/2013
Localisation : Franche-Comté, France

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Dim 17 Déc 2017 - 16:02

Kuruphi a écrit:
Est-ce que vous êtes chauuuuds ?
Ouiiiii !

Comment expliques-tu une telle différence religieuse dans un pays pourtant pas si grand ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Dim 17 Déc 2017 - 16:08

Pomme de Terre a écrit:
Comment expliques-tu une telle différence religieuse dans un pays pourtant pas si grand ?

Le bouddhisme est la religion traditionnelle au Zun. Le taoïsme vient de la proximité avec la Chine. Le christianisme est dû à l’évangélisation au XVIIIe siècle (en même temps que la Corée) et à l'influence des Britanniques pendant le protectorat.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Velonzio Noeudefée

avatar

Messages : 2611
Date d'inscription : 14/02/2015
Localisation : Rhône-Alpes

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Dim 17 Déc 2017 - 17:19

Miam très croustillant, mais on reste sur notre faim, avec cet en-cas ou amuse-bouche.
Maintenant que tu nous a mis l'eau à la bouche, bien sûr qu'on est chaud.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Dim 17 Déc 2017 - 17:20

Velonzio Noeudefée a écrit:
Miam très croustillant, mais on reste sur notre faim, avec cet en-cas ou amuse-bouche.
Maintenant que tu nous a mis l'eau à la bouche, bien sûr qu'on est chaud.

Oh non, ne me mettez pas la pression pale
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Lun 18 Déc 2017 - 13:46

Voici ma première histoire du Zun :
Attention cette histoire contient la plus longue poignée de main de l'histoire de l'humanité

Ru-Bao Zëng

1981

6 mai 1981.

Mort mystérieuse au Zun. Alors que l’enquête sur la disparition du premier ministre n’a encore rien donné, ce matin même, le président No-Vü Gyô a été retrouvé mort chez lui. Aucune précision n’a encore été donnée sur les circonstances du décès. Le pays est désormais sous la régence du ministre de l’intérieur Pang-Kï Min en attendant les nouvelles élections dont il est pour l’instant le seul candidat.

8 mai 1981.

Ya-Xi Zyao, la veuve du président zunais No-Vü Gyô, défend la thèse de l’assassinat. Elle a trouvé refuge à Londres et accuse ouvertement Pang-Kï Min, le ministre de l’intérieur, du meurtre de son mari. Elle décrit Min comme étant « un vrai psychopathe ». Il est encore maintenant le seul candidat à l’élection présidentielle zunaise.

**

Oxford, 8 mai 1981.

À peine fut-il entré dans le bureau de son directeur de thèse que Ru-Bao Zëng reçut un tas de feuilles dans les bras.
— Mes étudiants viennent de me donner ça, vous pouvez me les corriger ?
Zëng ne put même pas placer un mot que monsieur Smith continuait :
— Vous avez vu ce qu’il se passe dans votre pays ? Vous êtes Zunais, je ne me trompe pas ? Votre président retrouvé mort… J’ai entendu qu’on soupçonne ce Min d'en être le responsable, vous y croyez ?
— J’en suis persuadé, c’est pourquoi je ne pourrai pas corriger vos copies : je pars cet après-midi pour le Zun afin de me présenter aux élections présidentielles.

Monsieur Smith resta interdit un instant, avant d’éclater d’un rire très bref puis de demander, catastrophé :
— Vous êtes sérieux ?
— Je suis très sérieux. Je poursuivrai la rédaction de ma thèse à mon retour, au revoir monsieur Smith.

Sans plus de cérémonie, Zëng rendit son tas de papier au professeur et tourna les talons.
— Mais enfin Ru-Bao vous allez vous faire TUER !

**

Arrivé à Zwun Kyu, Ru-Bao déposa ses valises dans l’ancien appartement de ses parents et sans attendre, s’en alla pour s’inscrire au scrutin.
Les rues étaient aussi vides que l’avion qui l’avait emmené jusqu’au Zun. L’avenue devant le palais présidentiel était même sinistre tant elle était silencieuse. Les seules personnes présentes étaient les militaires qui gardaient l’entrée du bâtiment. Ru-Bao se présenta devant eux.
— Circulez, monsieur.
— Excusez-moi mais je souhaite m’inscrire comme candidat à l’élection présidentielle.

Tous levèrent les sourcils.
— Nous ne sommes pas là pour rigoler ! répliqua sèchement l'un des soldats.
— Mais moi non plus.
Les gardes s'échangèrent des regards interloqués, visiblement ils ne s’attendaient pas à voir des candidats.
— Vos papiers, s’il vous plait.

Après avoir passé le contrôle, Ru-Bao fut emmené jusqu’à une grande pièce dans laquelle se trouvait, face à une petite table, un homme qui feuilletait un livre.
— Bonjour ! Dit Ru-Bao avec entrain.
L’homme sursauta.
— Que faites-vous ici ?!
— Je viens m’inscrire comme candidat à l'élection présidentielle.

Le réceptionniste lança un regard interrogatif au militaire qui était resté posté à l’entrée de la pièce.
— Vous l’avez laissé entrer ?
— Ses papiers étaient en règle.

L’homme fit la moue et reporta son attention sur Ru-Bao.
— Remplissez-vous les conditions d’éligibilité à cette charge ?
— Oui, je suis de nationalité zunaise et j’ai plus de 21 ans. J’ai apporté mon certificat de naissance si vous voulez vérifier.


**

S’inscrire aux élections était pour sûr la partie facile. Sans perdre de temps, Ru-Bao se rendit sur la place Deng où grouillait une foule de passants, mais également des militaires et des policiers en grand nombre. Debout sur un muret, il entreprit d’attirer l’attention :
— Peuple zunais, écoutez-moi, s’il vous plait !
Les curieux s'arrêtèrent.
— Mon nom est Ru-Bao Zëng. Je me présente aux élections présidentielles qui auront lieu dans quelques semaines. Je me suis présenté, parce que comme vous, je ne veux pas d’un assassin comme dirigeant. Pang-Kï Min, c’est lui qui a tué notre président Gyô que nous aimions !
Certains spectateurs prirent un air effrayé à ses mots, et certains empoignèrent leur enfant par le bras pour se remettre en route.
— Vous avez le choix, mes amis : le choix de la démocratie face à la tyrannie ! Le choix du soleil face à la lune ! Le choix de l’eau face à la sécheresse ! [Jeu de mots : « Min » signifie « lune » et « Zëng » signifie « eau »]
Les policiers commencèrent à dissiper la foule.
— Regardez, la police est à la botte de Min, et elle veut m’empêcher d’user de ma liberté de parler !
Un des flics saisit le bras de Ru-Bao et le fit descendre.
— Veuillez nous suivre, monsieur Zëng.
— Et de quoi m’accusez-vous ?
— Vous dérangez les passants.
— Le seul que je dérange, c’est Min !
cria Zëng. Osez nier que vous avez reçu l’ordre de m'emmener ! Vous aussi, vous serez privé de vos libertés par l’assassin Pang-Kï Min !

La police garda Zëng en garde à vue pendant 24h. Une fois relâché, il rentra chez lui, en prenant soin de discuter avec chaque personne qu’il croisa sur son chemin.
Le téléphone sonnait quand Ru-Bao arriva à sa porte. Il se dépêcha d’ouvrir et se rua pour décrocher. Mais à sa grande surprise, ce n’était pas sa mère au bout du fil.
— Bonjour, The Daily Telegraph, êtes-vous bien Ru-Bao Zëng ?
— Oui, c’est moi.
— Nous avons appris que vous vous présentez aux élections face à Pang-Kï Min.
— C’est exact, les nouvelles vont vite !
— Pouvez-vous nous accorder une interview ?
— Euh, d’accord.

L’interview dura plus d’une demi-heure avant que Ru-Bao décida d’y mettre un terme pour retourner faire campagne dans les rues. Mais à peine eut-il raccroché que le téléphone sonna de nouveau.
— Allô ?
— Le New York Times à l’appareil, je suis bien chez Ru-Bao Zëng ?

Patient, Ru-Bao se laissa aller à une deuxième interview. Mais le téléphone recommença à sonner à peine reposé sur le support. Cette fois, c’était un journal japonais. Après cinq interviews, Ru-Bao cessa de répondre et retourna faire campagne dehors en se cachant des policiers.

Quelques jours plus tard, entre deux appels de journaux, Ru-Bao reçut un coup de téléphone de sa mère qui hurlait de rage. Elle informa son fils qu’il était dans tous les journaux. Du point de vue de madame Zëng, les jours de Ru-Bao étaient désormais comptés, et se présenter face à Min était un acte déraisonné voire même complétement stupide. Après un quart d’heure de reproches, le fils prétexta un rendez-vous pour raccrocher. Et immédiatement, le téléphone retentit.
— ALLÔ ?!
— Ici la Stoaļā Soarām de Kana, monsieur Zëng, pouvons-nous vous poser quelques questions ?
— J’espère que ce ne sera pas les mêmes questions que pour les autres journaux. Ça fait des jours que je fais les mêmes interviews tout le temps et…
— Monsieur Zëng, pensez-vous que le minist…

La communication se coupa brusquement.
— Allô ?... Madame ?...
Ru-Bao appuya sur l’interrupteur. Il n’eut aucune tonalité. Il tenta d’appeler le numéro de la police mais ce fut inefficace. On lui avait coupé le téléphone.

Après négociations, les gardes du palais présidentiel acceptèrent de laisser entrer ce Zëng enragé. Un militaire le suivit au trot jusqu’à la pièce où il s’était porté candidat et où se trouvait cette fois-ci un autre homme.
— VOUS M’AVEZ COUPÉ LE TÉLÉPHONE ! hurla Zëng.
— Inutile de crier, monsieur Zëng.
— Vous ne niez même pas !

L’homme de Min répondit par un soupir et un roulement d’yeux.
— C’est incroyable à quel point vous n’êtes pas FAIR-PLAY !
— Je vous répète que ce n’est pas la peine de crier.
— JE VOUS FAIS PEUR, PAS VRAI ? VOUS VOULEZ ME FAIRE TAIRE PARCE QUE JE VOUS FAIS PEUR !

Après ces mots, l’homme eut un étouffement de surprise et manqua de faire basculer sa chaise en arrière et lui avec. Mais ce n’était pas Ru-Bao qui avait déclenché cette réaction. Ce dernier tourna la tête vers la porte qui venait de s’ouvrir.
— Ru-Bao Zëng, dit une voix glaciale.
Ru-Bao fit face au nouveau venu avec un air de défi.
— Pang-Kï Min.
— Nous nous rencontrons enfin.
— Apparemment.

Min avait quarante ans mais paraissait dix de plus : le stress avait marqué son visage de rides soucieuses. Bien qu’il soit entouré d’une dizaine de gardes et de conseillers, seul Min semblait exister, tant son regard de haine attirait d’attention.
Le ministre avança d’un pas lent jusqu’à Zëng et lui tendit la main, paume légèrement vers le bas. Zëng comprit que par sa poignée de main, Min cherchait à montrer sa domination. Ru-Bao lui serra la main, mais la poignée de main se transforma en véritable bras de fer, c’était à qui aura la main sur le dessus.
— Pourquoi m’avez-vous coupé le téléphone ?
— Qui vous dit que c’est moi qui en ai donné l’ordre ?

L’entourage de Min regardait en silence les deux hommes en train d’essayer de tordre la main de l’autre.
— Je sais très bien que c’est vous. Alors ? C’est pour m’empêcher d’avoir la sympathie des puissances étrangères, ou pour m’isoler ?
— Pourquoi pas les deux ?

Sans prévenir, Min serra la main de Zëng si fort qu’il eut l’impression de la passer sous un rouleau compresseur. Ru-Bao fit de même et arracha une grimace de douleur au ministre.
— On m’avait prévenu que vous étiez stupide et imprudent, dit Min. Mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit à ce point.
— On m’avait prévenu que vous étiez un assassin, et vous avez effectivement la tête de l’emploi.
— … Stupide et imprudent, je n’aurais pas trouvé de meilleurs mots pour vous définir.

Zëng sentait ses articulations blanchir tant il essayait de mettre de force dans cette poignée de main.
— Que cherchez-vous en vous présentant à cette élection, Zëng ?
— Sûrement pas la même chose que vous : je veux le bien pour le Zun.
— Vous êtes bien un Anglais, à vous croire être un bienfaiteur
, ricana Min.
— Je ne suis pas Anglais. Je suis Zunais.
— Vous êtes parti d’ici pour aller étudier à Oxford.
— Vous êtes bien informé.
— C’est la moindre des choses…
grommela Min.
Les deux ennemis étaient devenus rouge tomate mais aucun d’eux ne laissait transparaitre la douleur que leur faisait ressentir leur main écrasée.
— Que diriez-vous d’un débat télévisé, monsieur Min ? En direct, à l’américaine ?
— Grr…
— À moins que vous ne détestiez les Américains autant que les Anglais ?
— Grr…
— Allons, vous n’allez pas me dire que vous avez peur de moi ?

Min lâcha la main de Ru-Bao. Ce dernier fit mine de rien mais remua tout de même le bout de ses doigts afin de vérifier qu’il en avait toujours l’usage après cette interminable poignée de main. Le ministre tourna les talons et quitta la pièce. Fort de sa petite victoire, Zëng retourna directement faire campagne dans la rue.

**

Le jour des élections arriva à toute vitesse. Sans téléphone, Zëng avait passé tout son temps dehors à discourir et en cellule lorsque les policiers arrivaient à l’attraper.
Il y avait peu de bureaux de vote ouverts, si bien qu’il fallait faire la file jusque dans la rue. Mais Ru-Bao n’était en rien dérangé par cela. Il en profitait même pour discuter avec ses voisins.
— Mon nom est Ru-Bao Zëng.
— A-Alors c’est vous qui… ?
s’exclama l’homme qui avait accepté sa poignée de main.
— Oui, alors votez pour moi !
L’homme regarda ses pieds en remontant ses lunettes sur son nez.
— Je ne pense pas que ça serve à quelque chose…
— Pensez à ce proverbe : une branche se casse, un fagot ne se casse pas.

Ru-Bao éleva la voix :
— C’est aujourd’hui, c’est maintenant, que vous allez choisir votre destin et celui du Zun, alors faites le bon choix !
À ces mots, un homme en chemise bleue applaudit.
— Bravo ! Bien dit ! Aujourd’hui, je vais voter pour la liberté, je vais voter pour Zëng !
— Merci, monsieur !
— Non, merci à vous, monsieur le président !
affirma-t-il en serrant la main de Ru-Bao. Mon nom est Se-Deng Yë.
— Enchanté !


Zëng put entrer dans le bureau de vote. Il était rempli de militaires et d’autres hommes de Min. La personne chargée de vérifier les cartes d’identités regarda à peine celle de Ru-Bao. Bien qu’il ait été banni des chaines de télévision zunaises, l’adversaire de Min était bien connu du personnel administratif.
Ru-Bao prit une enveloppe et un bulletin comportant les noms des deux candidats. C’est alors qu’il se rendit compte que quelque chose clochait.
— Pas d’isoloir ?
Un homme grand et mince avec un carnet en main ricana.
— Si nos citoyens ne peuvent assumer pour qui ils votent, ils devraient se remettre en question.
Ru-Bao voulut lui sauter à la gorge. Au lieu de cela, il attrapa un stylo et cocha la case devant son nom. Pendant qu’il glissait la feuille dans l’enveloppe, il vit Se-Deng Yë faire de même. Il avait voté Zëng, et alla mettre le papier dans l’urne. Un membre de l’administration se pencha à l’oreille de l’homme au carnet :
— Se. Deng. Yë.
L’homme au carnet nota à toute vitesse avec un sourire mauvais. La scène n’avait pas échappé à l’homme aux lunettes avec qui Ru-Bao avait discuté. Il retourna auprès des gens à l’entrée.
— Est-ce que je peux changer mon vote ?
— Bien sûr.

Ru-Bao le vit cocher « Pang-Kï Min » sur son nouveau bulletin de vote.

**

Le décompte défilait sur l’écran de la télévision. Il ne restait que quelques instants avant que les résultats de l’élection soient annoncés. Ru-Bao regardait les secondes s’écouler. Il s’attendait au résultat. Mais qu’allait-il faire, une fois qu’il sera officiel ? Il n’avait aucun plan.
Cinq… Quatre… Trois… Deux… Un…
98,87%. C’était le score de Pang-Kï Min.

Ru-Bao pensa au Zun, qui venait de cesser d’être une démocratie. Il songea aussi à sa mère, sa sœur, son beau-père, et même monsieur Smith. Il ne les reverra peut-être jamais.
Ru-Bao n’avait que 26 ans. Jamais plus qu’en cet instant il n’eut l’impression d’être trop jeune. Mais il ne comptait pas fléchir. Il allait rester fier jusqu’au bout.

On frappa violemment à sa porte. C’était une bande de militaires armés qui ordonnèrent à Ru-Bao de le suivre, ce qu’il fit sans discuter.

Min était assis derrière le somptueux bureau présidentiel et souriait de toutes ses dents en voyant Ru-Bao entrer, poussé par la pointe de l’arme d’un des gardes.
— Ru-Bao Zëng.
— Pang-Kï Min.

Il interrompit Zëng en levant un doigt.
Président Pang-Kï Min.
— Apparemment.

Min perdit son sourire. Il se leva brusquement et vint se placer face à Ru-Bao, le toisant avec le pire regard d’assassin que le pauvre otage n’eut jamais vu.
— Je te hais, Zëng. J’ai haï beaucoup de gens, mais jamais, JAMAIS, je n’ai haï quelqu’un autant que toi !
Ru-Bao ne dit rien.
— Quand je te vois, je sens venir en moi une grande créativité. Je n’ai pas envie de te tuer, je veux te voir souffrir. Je veux te torturer jusqu’à ce que tu implores ma pitié. Je pourrais commencer par t’arracher les ongles, un à un. Et les dents, avec une grosse pince rouillée. J’ai une grande envie de te dépecer, également. Je pourrais aussi te brûler vivant, ou t’électrocuter. Il existe dans le monde des tas d’instruments et de techniques plus horribles les uns que les autres. Le supplice du rat, celui de la goutte d’eau, le crucifiement, … Je pense que je terminerais par un écartèlement, pour te voir déchirer en plusieurs morceaux, puis je te donnerais à manger aux porcs. Oh oui, te voir mourir ainsi serait pour moi un moment merveilleux.
Ru-Bao resta de marbre.
— Tu n’as pas peur, Zëng ? Pourtant, tout ce que je t’ai dit, je peux le faire. Je peux le faire, car je suis le président. J’ai gagné.
— Vous n’avez pas gagné
, affirma Ru-Bao.
Min fronça les sourcils.
— Vous n’avez pas gagné, Min. Vous vouliez les 100%, mais vous n’avez même pas atteint les 99. Plus d’un pourcent de votants vous ont tenu tête, aujourd’hui, et tant qu’il y aura des gens pour vous tenir tête, vous n’aurez pas gagné. Vous pouvez nous torturer, nous tuer, nous envoyer dans des camps, il y aura toujours quelqu’un qui refusera de se soumettre et qui empêchera ainsi votre victoire.
Bouillonnant de rage, Min interrompit Zëng en le saisissant par le col de sa chemise.
— Tu es un homme intelligent, tu sais ? Tu t’apprêtais à devenir docteur en économie, ce n’est pas rien. Tu es le genre de cerveau qui peut servir. Alors je ne vais pas te tuer. Je vais t’utiliser. Tu travailleras pour mon ministre de l’économie. Tu seras mon chien. Mon esclave.
— Je refuse.
— Cette offre est non négociable. J’ai des millions de Zunais à ma disposition, je peux en enfermer autant que je veux, d’un simple claquement de doigts. Alors tu vas être mon chien. Ou tu n’auras plus de peuple à défendre.

Min le lâcha et fit signe aux gardes de l’emmener.
— Un jour, Min, vous ferez une erreur. Comptez sur moi pour qu’elle vous soit fatale.

Alors, ça vous a plu ?
La prochaine histoire aura lieu en 1994 !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Elara

avatar

Messages : 237
Date d'inscription : 15/12/2017
Localisation : Naemexe, Canae, Telyra, Sou

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Lun 18 Déc 2017 - 14:21

Une histoire merveilleuse, prenante et tragique, qui nous montre très bien le climat qui régnait au Zun à l'époque et nous laisse deviner ce qui lui arrivera :O

Bravo Kuru' pour ton histoire, j'ai hâte de savoir la suite !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anoev
Modérateur
avatar

Messages : 23132
Date d'inscription : 16/10/2008
Localisation : Île-de-France

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Lun 18 Déc 2017 - 15:10

Glaçant... mais superbe !

Y a-t-il eu fraude électorale.

En attendant, Erd... euh... Min semble avoir eu ce qu'il voulait.

On a vu comment il s'est emparé du pouvoir. Y reste pluq qu'à savoir comment il va trébucher.

_________________
Eg dem ere kred Anoew, do eg ere òniren: Eg • Fraṅsev = Je me croyais en Aneuf, mais je rêvais : je suis en France.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bedal
Modérateur
avatar

Messages : 5435
Date d'inscription : 23/06/2014
Localisation : Lyon, France

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Lun 18 Déc 2017 - 15:15

C'est magnifique Very Happy On dirait un scénario de polar en Corée du Nord *bave*


Le Zun entre désormais dans la liste des diégèses sombres et glaçantes certes, mais palpitantes et émoustillantes Very Happy

Les fembotniks n'ont qu'à bien se tenir !

_________________
"L'Atelier" alas a bin jerli foromte! : L'Atelier est le meilleur des forums

Like a Star @ heaven Idéolangues : algardien, nardar, helfina, mernien, syrélien, brakin, nurménien, leryen, romanais.
Like a Star @ heaven Idéomondes : Univers d'Heimdalir, Iles Romanes

Non au terrorisme et à la barbarie. Oui à la paix, la fraternité et la solidarité. Quelles que soient notre religion, notre langue ou notre couleur de peau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://languesheimdalir.jimdo.com/
Anoev
Modérateur
avatar

Messages : 23132
Date d'inscription : 16/10/2008
Localisation : Île-de-France

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Lun 18 Déc 2017 - 15:33

Bedal a écrit:
Les fembotniks n'ont qu'à bien se tenir !
L'Aneuf (épisodes Deskerrem & Hakrel) également.

_________________
Eg dem ere kred Anoew, do eg ere òniren: Eg • Fraṅsev = Je me croyais en Aneuf, mais je rêvais : je suis en France.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mardikhouran
Admin
avatar

Messages : 3723
Date d'inscription : 26/02/2013
Localisation : Elsàss

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Lun 18 Déc 2017 - 18:42

Qu'en on pensé les voisins ?

_________________
Fsəm-daɣz fəbrim !
“Rendez-nous notre langue !”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vilikemorgenthal.tumblr.com/
Velonzio Noeudefée

avatar

Messages : 2611
Date d'inscription : 14/02/2015
Localisation : Rhône-Alpes

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Lun 18 Déc 2017 - 18:49

Excellent! Ca m'a rappelé ce dont je parle ci-dessous.

Une historienne ne me reprochera pas pour l'avoir entendu de le rappeler.
Si vous avez l'occasion d'écouter le commentaire radiophonique de la prise de Saïgon par le Vietcong et le départ des derniers ambassadeurs américains en hélicoptère, c'est vraiment impressionnant et ce ne sont que des témoignages...j'imagine que l'entendre en direct ce devait être encore plus impressionnant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kuruphi

avatar

Messages : 380
Date d'inscription : 19/06/2017
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   Mar 26 Déc 2017 - 10:15

Merci pour vos retours <3
Regardez ce que j’ai trouvé sous mon sapin ! Bonne lecture !

Shin-Sao « Julian » Kwo

1994

L’avion avait à peine décollé que la belle ville de Londres manquait déjà à Julian. Une semaine, juste une petite semaine dans son Zun natal et il pourra retourner dans sa patrie de cœur : le Royaume-Uni. Si ses parents n’y vivaient pas, jamais il ne retournerait dans ce pays perdu à l’est de la Chine.
Julian regardait par le hublot les maisons qui devenaient de plus en plus petites. Parmi elles, il y avait la maison de son meilleur ami Roy. Il devait être en train de boire le thé avec ses parents, et de se gaver de biscuits. La mère de Roy avait justement invité Julian pour le thé ce jour-là, mais il avait dû décliner.
Julian sourit. Oui, il était en route pour un pays où le concept de droits de l’homme fait doucement rire le président, mais peu importe : ça n’entachait pas son bonheur. Julian était fraîchement sorti de ses études de marketing en étant major de sa promo. Il avait déjà reçu des offres d’emplois venant de toutes sortes d’entreprises. Mais un seul poste lui avait fait vraiment envie : celui de directeur marketing au Royal Opera House de Londres. Oui, l’opéra. Cet art faisait vibrer le cœur de Julian malgré toutes les railleries de ses amis. « Le ténor Giuliano », qu’ils l’appelaient. Ils riront moins lorsque Julian sera devenu le meilleur ami de Pavarotti !
Julian n’avait jamais rencontré quelqu’un qui aimait l’opéra. Du moins, jusqu’à Amy. Enfin, disons que c’était ce qu’elle lui avait fait croire. Ce ne fut qu’après un mois ensemble qu'Amy avoua qu’elle avait prétendu aimer l’opéra uniquement pour se rapprocher de Julian. Mais il ne lui en voulut pas. Il l’aimait trop pour ça. Il l’aimait plus encore que l’opéra.
Il n’y avait pas d’opéra au Zun. Et pas d'Amy non plus. Une semaine. Une semaine, et Julian retrouvera Amy et la trainera à l’opéra.

À peine sorti de l’avion, Julian sentit cette atmosphère de malaise propre au Zun. Il était pressé de s’enfermer chez ses parents pour ne plus voir ces douaniers zunais aux faces de brutes qui vérifiaient le passeport de chaque voyageur.
Lorsque Julian arriva à la hauteur d’un douanier, ce dernier lui cracha un dédaigneux « Passeport ! » en zunais. Ah oui, l’anglais allait manquer à Julian, également.
Le douanier prit le petit carnet des mains de Julian.
— Vous êtes Shin-Sao Kwo ?
— Oui.

Oui, Shin-Sao était son vrai prénom. Julian, c’était pour l’intégration. Mais le fait est que depuis sa plus tendre enfance au Royaume-Uni, il avait toujours été appelé Julian.
— Vous êtes diplômé en marketing, dit le douanier.
Le sang de Julian se glaça. Ce n’était même pas une question, c’était une affirmation que le douanier au visage brutal venait d’énoncer. Le passeport ne contenait pas cette information. Julian en était presque sûr. Mais alors, comment ?
Des policiers étaient arrivés sur le temps que Julian était resté tétanisé.
— Co… comment vous savez ?
— Venez avec nous, monsieur Kwo
, dit sèchement l’un des policiers.
— Je… Je dois aller voir mes parents…
— Suivez nous et ensuite vous pourrez voir vos parents.

Julian n’avait pas d’autre choix que de suivre les trois hommes en bleu d’un pas raide. Il n’arrivait même plus à penser.
— Et ma valise ?! s’écria-t-il avant de monter dans la voiture que lui indiquaient les policiers.
— Votre valise est déjà en route vers l'appartement de vos parents.
Qu’allait-il se passer ? Qu’avait-il fait ? Des tas de questions tournaient dans la tête de Julian, et ses tentatives de réponses ne l’effrayaient que davantage. Il était en train de débattre intérieurement de ce qui était le pire entre la mort et le camp de travail à vie lorsque la voiture s’immobilisa.

Les policiers emmenèrent Julian jusqu’à un bureau. La vue brouillée par la peur, Julian distinguait à peine le visage de celui qui était en face de lui. Il ne voyait qu’un large sourire déformant les traits de cet homme.
— Bienvenue au Zun monsieur Kwo.
— B-b-bonjour.
— N’ayez pas peur, monsieur Kwo. Tout va bien. Mon nom est Li.

Monsieur Li avait un visage jovial et rassurant. Mais Julian ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était le visage parfait pour faire passer une terrible nouvelle pour une bonne.
— Nous vous avons fait venir ici pour vous proposer un travail.
Julian étouffa un hoquet de surprise. Un travail ? C’était tout ? Soulagé, il déclina poliment :
— Je… j’ai déjà un travail, désolé… je commence dans un mois…
— Le travail que nous vous proposons est bien mieux, je puis vous l'assurer ! Horaires flexibles, salaire plus que confortable…

Jamais. Jamais Julian n’acceptera ce travail.
— Je vis au Royaume-Uni, je n’ai pas…
— Nous vous offrons un appartement spacieux au centre-ville.
— Je… ma petite amie vit au Royaume-Uni, je…
— Nous pouvons la faire venir.

Julian resta interdit. Une tempête avait éclaté dans sa tête, mais tout devint plus clair lorsque monsieur Li formula ce que Julian avait compris :
— C’est un travail qui ne se refuse pas.
Julian se tut. Il se tut lorsque la police le conduisit chez ses parents. Ce ne fut qu’une fois dans sa chambre que Julian éclata en sanglots. Il resta emmitouflé dans sa couette jusqu’à l’heure du repas. Il pensait à Londres, à ses amis, à Amy, au Royal Opera House, à toute sa vie. Sa vie qu’il n’aura plus.

Les parents de Julian lui avaient concocté un repas délicieux, mais il avait perdu l’appétit.
— On m’a proposé un travail, marmonna Julian.
— C’est merveilleux, Juju ! S’écria sa mère. Qu'as-tu répondu ?
Julian se contenta d’avaler une bouchée de riz en guise de réponse.
— Shin-Sao ! Tu dois accepter ! C’est un travail bien payé, confortable…
— C’est un travail qui ne se refuse pas !
compléta le père.
— Je sais. Je sais.
Ils étaient au courant. Ils savaient que ce travail, effectivement, ne se refusait pas.
Julian devenait fou de rester dans cet implicite morbide. Ne pas entendre les menaces qui pesaient sur lui l’effrayait plus encore que s’il savait le sort qui l’attendait.
— Je veux appeler Amy.
— Juju, le téléphone coûte une fortune, le…
— JE VEUX LUI PARLER !

Julian n’avait jamais haussé ainsi le ton face à son père. Il comprit son erreur et alla de lui-même s’exiler dans sa chambre.

Le lendemain matin, une voiture l’attendait pour le conduire à son premier jour de « travail ». En quoi consistait-il ? Julian n’avait même pas songé à poser la question à monsieur Li.
Un siège l’attendait autour d’une table de réunion, au milieu d’autres malheureux qui avaient dû être contraints tout comme lui. Monsieur Li n’était pas là. Celui qui présidait la séance était un homme très grand qui salua chaque employé par son nom et qui se présenta comme étant monsieur Chwüng.
Une fois tout le monde installé autour de la table, monsieur Chwüng s’écria d’un ton grandiloquent :
— Messieurs, à partir d’aujourd’hui, vous aurez la mission de vendre le plus beau des biens…
Il écarta ses grands bras.
— VOTRE PAYS !
De la propagande. C'était pour cela qu’on l’avait engagé.

Au fur et à mesure des jours, Julian eut l’occasion d’échanger avec les autres propagandistes. Pardon, les chargés de communication du gouvernement. Il était le seul Anglais, et même le seul ancien expatrié. La plupart de ses collègues semblaient même heureux et honorés de servir ainsi leur patrie.
Leur première tâche était de créer une campagne d’affiches pour promouvoir le régime à travers le pays. À force de plancher sur sa mission, Julian avait presque oublié le plus important : contacter Amy. Ne pouvant mettre la main sur un téléphone, il se rabattit sur une lettre. Elle prendra du temps à voyager jusqu’à Londres, mais après des semaines au Zun, un jour de plus ou de moins ne faisait pas grande différence.
Julian ne savait pas par où commencer. Des excuses, peut-être ? Ou bien parler de son enlèvement à l’aéroport ? Il décida de faire bref et direct : « J’ai été engagé pour faire la propagande du régime zunais, je ne pense pas pouvoir rentrer à Londres avant un bout de temps. Je t’aime. Julian. » Ne pouvant pas ajouter un mot de plus sans tomber dans le mélodrame, Julian mit la lettre dans son enveloppe et alla la poster.

Le lendemain, Julian arriva sur son lieu de travail en entonnant un medley improvisé de grands airs d’opéra. Ses collègues étaient trop polis pour lui dire de se taire, ce qui était certainement le seul atout qu’il trouvait à cette bande d’incapables. Mais Julian cessa immédiatement de chanter lorsque son chef lui dit sèchement :
— Monsieur Li vous attend au bureau 401.
Son cœur s’arrêta. Quelle autre terrible nouvelle allait annoncer monsieur Li ? Julian monta jusqu’au quatrième étage et entra dans l’inquiétant bureau 401 où le visage souriant de Li l’attendait.
— Bonjour monsieur Kwo.
— Bonjour monsieur Li.
— Savez-vous pourquoi je tenais à vous parler ?
— Non
, mentit Julian.
La lettre à Amy. Ils avaient lu la lettre à Amy.
— Savez-vous ce que vous faites dans notre bureau ?
— Euh… Je…
— Vous servez notre grande république zunaise en servant d’intermédiaire entre le gouvernement et nos bons citoyens.

Julian avait vu juste. Ils avaient lu la lettre. Elle contenait un mot interdit.
— Oui. Je suis chargé de la communication gouvernementale.
— Exactement.

Quelle sanction allait-il recevoir pour avoir utilisé le mot « propagande » ? Était-ce suffisant pour l’envoyer en camp de travaux forcés ?
— Votre petite amie vous manque, monsieur Kwo ? Nous pouvons la faire venir.
— Ça ira, merci.

Il était hors de question qu'Amy vienne dans cet enfer.
— Je vous raccompagne à votre bureau, sourit Li.
Julian fut soulagé. Ce n’était qu’un petit rappel à l’ordre. Li le reconduisit à monsieur Chwüng dans le plus grand silence. Mais à peine eut-il pénétré dans la salle de réunion des propagandistes que Chwüng hurla :
— KWO !
Julian courut jusqu’à être en face de son chef. Quoi, encore ? Allait-il lui aussi rappeler l’intitulé du métier ?
— Kwo, votre proposition de campagne d’affichage a été jugée très intéressante.
— Ah euh m-merci, monsieur Chwüng.
— Vous avez rendez-vous à 15h avec Ru-Bao Zëng pour en fixer le budget.
— AVEC RU-BAO ZËNG ?

Julian se rendit compte trop tard qu’il n’aurait pas dû hurler le nom du célèbre opposant du président Min. Zëng, chercheur à l'université d’Oxford, avait été le seul à oser se présenter contre Min aux élections de 1981. C’était un démocrate, face à un assassin. Il n’eut que 1% des voix. Et il y avait fort à parier que ce pourcent de votants n’avait plus vu la lumière du jour depuis lors.
— Je vous demande pardon ? cracha Chwüng.
— Je… c’est le chef de cabinet du ministre de l’économie.
— Oui. Quinze heures.
— Oui, monsieur Chwüng.


Julian alla au bureau de Zëng en compagnie de monsieur Chwüng. Il ne pouvait rester en place. Il allait rencontrer le symbole vivant de l’opposition au régime. Un homme si brillant que Min avait tout de même tenu à le garder auprès de lui pour veiller à la bonne tenue de l’économie nationale.
Chwüng tint la porte et invita Julian à entrer. Sitôt eut-il mis un pied dans la pièce qu’une voix s’écria :
— Julian Kwo !
Zëng était un homme mince qui rayonnait de sagesse. Julian serra la main qu’il tendait.
— Bonjour Monsieur Zëng.
— Comment va notre chère ville de Londres ?
demanda Zëng dans un anglais parfait.
— Eh bien… Ça fait plus d’un mois que je n’ai plus eu l’occasion d'y retourner.
— Treize ans, pour ma part.

Juste, Zëng était l’esclave de Min depuis 1981 ! Julian se sentit mal de se plaindre pour son pauvre mois loin du Royaume-Uni.
— Pas de nostalgie, nous sommes là pour travailler, reprit Zëng en zunais cette fois-ci.

Sans tarder, les affiches de propagandes de Julian fleurirent un peu partout dans la capitale et dans le reste du Zun. La routine s’était installée et travailler sous la menace tacite était devenu une habitude. Mais un soir, en rentrant à son spacieux appartement, Julian remarqua une chose inhabituelle : une enveloppe blanche, glissée dans sa boîte aux lettres, à côté du journal national. Il jeta immédiatement le tissu de mensonge que représentait le quotidien – et il en savait quelque chose – pour se jeter sur la lettre. Elle venait de Londres !
Julian monta les marches quatre à quatre en déchirant l’enveloppe en confetti. Les larmes lui montrent immédiatement aux yeux lorsqu’il reconnut l’écriture d'Amy. Mais ce qu’il lut ne le rassura pas :
« Je viens te rejoindre, je ne peux pas rester loin de toi. Je t’aime, pour le meilleur et pour le pire. »
Non. Elle ne pouvait pas faire ça. Si elle venait, elle ne pourrait plus repartir. C’était un piège. Julian attrapa un bout de papier et y griffonna « Ne fais pas ça, reste à Londres ». Mais le gouvernement interceptera la lettre, c’était évident… comment faire dans ce cas ?
La lettre griffonnée resta sur le bureau. Julian avait besoin de trouver une solution pour prévenir Amy en contournant le contrôle du régime zunais qui commençait à peine à le considérer comme un bon petit soldat. Après tout, si Julian se conduisait bien, peut-être pourrait-il retourner quelques jours au Royaume-Uni ?
La journée se passa calmement, sans rappel à l’ordre de monsieur Li : la lettre d’Amy ne devait donc pas poser de problèmes… Il fallait que cela reste ainsi. Julian prévit de passer sa soirée à trouver une solution pour empêcher Amy de le rejoindre. Peut-être en demandant de l’aide à Ru-Bao Zëng ? Mais ce plan qui se dessinait dans son esprit fut interrompu par des frappes à la porte. Qui pouvait donc bien lui rendre visite ?
Julian ouvrit la porte.
— Julian !
Amy lâcha sa valise et lui sauta au cou.
— Non… non… marmonna Julian. C’est un piège…
Amy était sûre de ne pas être prise au piège. En effet, elle n’avait pas la nationalité zunaise. Un tour à l’ambassade britannique, et le régime zunais ne pouvait plus rien contre elle ! Julian restait songeur. Il espérait qu’elle ne se trompait pas, mais comment en être sûr ?

La situation s’embellit au-delà de toute espérance. Amy s'était acclimatée sans problème à sa nouvelle vie au Zun et ses beaux-parents l’adoraient. Même au travail, tout allait pour le mieux : la campagne d’affichage de Julian était un succès, monsieur Chwüng était plus que ravi.
Mais Julian était toujours au Zun, et il ne devait pas l’oublier.

Monsieur Chwüng avait réuni les propagandistes pour communiquer autour d’une conférence de la part du président Min qui allait se donner en fin de semaine. C’était un événement exceptionnel : paranoïaque, Pang-Kï Min vivait dans la campagne loin de la capitale qui grouillait d’occidentaux et apparaissait très peu en public. Pour Julian, se couper du peuple était une très mauvaise chose pour plaire aux Zunais, mais on ne lui demandait pas son avis.
Monsieur Chwüng passait tous les brainstormings à remettre en question les compétences de ses collaborateurs. Sauf celles de Julian. Chwüng était justement en train de discourir sur le fait qu’il faut prendre Kwo en exemple lorsque la porte de la salle de réunion s’ouvrit sans prévenir. Une demi-douzaine de personnes entrèrent, parmi lesquelles essentiellement des militaires armés, Ru-Bao Zëng et un homme dégarni avec un regard mauvais…
Julian se leva si vite qu’il projeta sa chaise à roulettes deux mètres derrière lui. Il s'inclina en direction des gens qui venaient d’entrer, si bas que son nez touchait la table. Tous les autres propagandistes avaient réagi comme lui. Certains avaient la respiration sifflante, et il y avait de quoi.
— Debout, ordonna sèchement le président Min.
Julian se redressa et vit que les yeux noirs et cruels de Min étaient sur lui. Il était incapable de bouger et respirait à peine.
— Ne me dites rien. C’est lui, affirma Min. Je reconnais les Anglais. Ils portent tous bien le costume et se croient supérieurs.
— C’est parce qu’on EST supérieurs
, dit Zëng.
Le président se tourna vers son ancien adversaire. Julian aurait juré que Min était sur le point de le tuer. Mais contre toute attente, il éclata de rire.
— Ha ! Ha ! Ha ! Que tu es drôle, Zëng ! Ha ! Ha ! Un vrai BOUFFON ! Ha ! Ha !
Mais Min s’arrêta de rire aussi sec et regarda Julian dans le blanc des yeux.
— Tu trouves ça drôle ? Tu crois qu’en effet, les Anglais sont supérieurs ?
— N-Non Monsieur le Président
, dit Julian, la gorge sèche.
— Tu critiques ton pays ? insista Min en s'approchant dangereusement. Tu ne veux pas faire honneur à ton pays ?
— Le… Le Zun est mon pays.

Min recula et afficha un sourire satisfait.
— Il est bon. Il est très bon.
Min alla s’entretenir avec un monsieur Chwüng tremblant de stress. Julian n’en revenait pas de ce qu’il venait d’arriver.
À la fin de l’entrevue, Chwüng vint près de Julian et lui dit d’une voix blanche :
— Le président Min veut que tu fasses une proposition pour une nouvelle campagne de propagande pour dans deux semaines, devant l’assemblée des ministres. Budget illimité.
Pour seule réponse, Julian ouvrit la bouche de surprise.
— Tu ne travailleras plus pour moi d’ici là. Bosse dur.
Julian rentra chez lui et raconta l’histoire à Amy qui fut effrayée.
— Tu as des idées ? Tu penses qu’il t’arrivera quelque chose si ça ne leur plaît pas ?
— Je ne sais pas. Je vais réfléchir. Toi, rentres à Londres. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose.
— Mais, Julian…
— Je veux que tu partes avant la semaine prochaine.

Amy partit le lendemain soir, laissant Julian seul dans son appartement, à noter toutes les idées qui pouvaient lui venir en tête.

Julian ne pouvait oublier le regard mauvais de Min. Un regard d'assassin. Un regard qui ne plaisait pas. Heureusement qu’il se cachait. Il était loin, le temps de l’empereur Yë-Vï, lui avait compris comment charmer le peuple. Yë le superbe, avec ses cheveux teints et ses vêtements traditionnels colorés, on le reconnaissait tout de suite, il était devenu un véritable symbole pour son peuple. Tout le monde l’aimait, lui.
Oui. C’était ça qu’il fallait.

Julian tremblait de peur en voyant Min, les ministres et leurs conseillers s’asseoir autour de la table. Tous le regardait, le scrutait. Le ministre de la propagande, pardon : de la communication gouvernementale et des relations publiques, prit la parole pour présenter le jeune et prometteur Shin-Sao Kwo. Il l’invita alors à prendre la parole, mais de faire court.
— D-D’accord… alors, pour faire bref, mon… mon idée pour favoriser l’opinion publique serait de… euh…
Julian n’était plus si sûr que ce fût une bonne idée.
— De restaurer l’empire…
Après un instant de stupeur, tout le monde se leva et commença à parler dans un brouhaha général qui empêchait de comprendre le moindre mot. Mais les ministres se turent quand le président Min prit la parole :
— Je refuse d’être empereur.
— Oui
, répondit Julian. Je m’étais préparé à cette réponse. En fait, je pensais confier le rôle d’empereur à quelqu’un d’autre. Il n’aurait pas de pouvoir, mais l’empereur a toujours eu une aura particulière qui crée un sentiment national chez les Zunais.
Le ministre de la propagande tapa du poing sur la table.
— C’est complètement stupide ! Monsieur le Président…
— Je pense au contraire que c’est très intelligent. Mais totalement irréaliste. Qui serait empereur ? D’où sortirait-il ? Il n’aurait aucune légitimité. Et s’il décide de monter le peuple contre moi…
— J’avais pensé…
commença Julian.
— C’est très juste, Monsieur le Président ! l’interrompit le ministre.
Min le fit taire d’un simple regard.
— Vous disiez, Kwo ?
— J’avais pensé… prendre un enfant.

Avant que tous ne se remettent à crier, Min leva les mains pour demander le silence.
— Un enfant ?
— Oui, c’est plus facile pour donner une légitimité. On peut dire que c’est un descendant de l’empereur Deng, ou qu’un arc-en-ciel a jailli à sa naissance. Ça marche en Corée du Nord.

Min sourit.
— Un enfant ! Quelle bonne idée ! Un esprit malléable !
— Vous pensez qu’un bébé peut créer une unité nationale ?
demanda le ministre de l’intérieur.
— Mon fils a un an, vous devriez voir comme tout le monde est dingue de lui, un vrai prince… Il va de soi qu’il est hors de question que Pang-Jyang devienne empereur, trouvez-moi un autre bébé. Be, vous vous en chargez. Kwo, vous lui inventez une légitimité. Je veux que tout soit prêt dans un mois.
Julian courut aux toilettes dès qu’il put sortir de la salle d’assemblée des ministres. Il but à même le robinet tant sa gorge était sèche. Lorsqu’il revint dans le couloir, un hurlement terrible l’accueillit :
— KWO !!!
C’était Ru-Bao Zëng, rouge de rage. Il se rua sur Julian et le saisit par le col de sa chemise.
— Je te croyais humain ! Comment as-tu osé ?
— J-Je ne pensais pas que mon idée allait plaire à ce point…
— Un enfant, Kwo ! Un bébé ! Tu vas embarquer un bébé innocent dans cette histoire ! Tu vas lui gâcher la vie !
— J-Je suis désolé…

Les ministres sortirent de la salle et Zëng lâcha Julian avant de partir en trombe. Min s’approcha alors de Julian et lui posa la main sur l’épaule.
— Tu es un bon garçon, Shin-Sao.
— Merci Monsieur le Président.
— Tu aimes l’opéra, on m’a dit ?
— Oui Monsieur le Président.
— Je vais faire construire un opéra. Rien que pour toi.
— Que ? … merci Monsieur le Président.


Amy rentra au Zun. Julian écrit la fausse histoire du nouvel empereur. Tout semblait paisible.
Un mois plus tard, Min convoqua à nouveau Julian au conseil des ministres. Tous approuvèrent ce qu’avait inventé Kwo. Min passa alors au ministre de l’intérieur, Gaon-Se Be, chargé de trouver un bébé.
— J’ai choisi celui-ci, dit-il en montrant une photo d’un adorable nouveau-né. Il est né il y a deux semaines dans un petit village de la province de Chong Shun. Ses antécédents familiaux sont excellents et il est en pleine forme.
— Parfait. Où sont ses parents ?
— Ils sont logés à Vhing Eng avec le petit.
— Très bien, tuez-les et nous proclamerons le nouvel empereur demain.
— QUOI ?!
s’écria Ru-Bao Zëng.
— Un problème, Zëng ?
— Vous n’allez pas faire ça ? Vous n’allez pas les tuer ?
— Pas de témoins gênants, Zëng.
— Renvoyez-les chez eux. Faites leur croire que le petit est mort et laissez les rentrer chez eux, mais ne les tuez pas ! Ils sont innocents !
— Non, Zëng, il n’y a pas à discuter.
— JULIAN ! C’était ton idée, dis quelque chose !

Mais Julian n’arrivait pas à prononcer un mot.
— JULIAN !
— Quelque chose à dire, Shin-Sao ?
— Vous allez gâcher la vie de cet enfant, et en plus vous lui prenez ses parents !?
insista Zëng.
— Puisque tu te soucies tant de ce gosse, je te nomme nounou impériale ! Rien ne me fera plus plaisir que de te voir lui moucher le nez à ce petit… comment l'a-t-on appelé déjà ? Ah oui, Nao Gweng Wõn Li Sën Chö.
Julian fronça les sourcils mais ne dit pas un mot. Zëng restait bouche bée, bouillonnant de rage.
— Bien ! conclut Min. Demain, j’annoncerai la restauration de l’empire. Le conseil est terminé.
Zëng attrapa le bras de Julian avant qu’il n'ait eu le temps de partir.
— Tout est de ta faute. Ils sont morts à cause de toi. J’espère que tu t’en rends compte.
— J-Je n’ai fait que mon travail.
— Je ne pensais pas que tu vendrais ton âme à Min.

Mais le président s'immisça dans la conversation.
— Va t’occuper du gamin, Zëng, et veille à ce qu’il soit propre pour son couronnement.
Zëng partit en proférant des jurons.
— Shin-Sao.
— Monsieur le Président.
— Que penses-tu du ministre de la communication gouvernementale ?
— Euh…
— Il n’est pas très compétent, n’est-ce pas ?
— Si vous le dites.
— D’autres personnes pourraient prendre sa place
, dit Min en lui adressant un clin d’œil.
Julian n’osa pas comprendre ce qu’il voulait dire.
— L’Angleterre te manque ?
— Euh… Oui, monsieur.
— Tu peux y retourner. Mais, reviens.
— Oui, monsieur. Merci, monsieur.

Voilà, fin de l’histoire de 1994 !
La prochaine histoire (la troisième) ne sortira pas avant longtemps, malheureusement… j’ai des examens tout le mois de janvier Sad


Edit : Une nouvelle histoire s'est glissée entre la deuxième et la troisième, celle-ci se situe en page 2.


Dernière édition par Kuruphi le Dim 6 Mai 2018 - 15:20, édité 6 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Zun (Zun Ôn)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Zun (Zun Ôn)
Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Atelier :: Diégèses :: Sur Terre-
Sauter vers: