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 Moyens de transport

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Anoev
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Jeu 18 Aoû 2016 - 22:57

II Nælvyn-Nakol

La première gare de Nælvyn avait été construite comme une gare de passage, mais il a fallu tout refaire pour une simple question d'écartement des rails. Alors, la Compagnie de l'Æst recommença tout et en finit avec la gare actuelle, qui date de la fin du siècle dernier*. C'est une gare terminale, avec huit voies à quai, avec, comme satellites, une gare aux messageries, une halle de remisage de convois de voyageurs et d'automotrices, ainsi qu'un dépôt principal. Trois lignes en partent :
celle en direction du sud-ouest (Krabsky, Træz, puis l'Alfazie)
celle en direction du sud-est (Tyna, Erláṅg)
celle en, direction de l'est (Akæl, Alkne, Nakol). C'est celle qui sera évoquée dans ce chapitre. La partie jusqu'à la limite provinciale avec le Roenyls, c'est un peu la Riviera aneuvienne, la côte californienne, le Queensland australien ou le Natal sud-africain. Tout-ça en plus petit, car on ne dépasse pas les 150 km de long. C'est aussi un peu comme la côte d'Ethel (Mnar), mais avec en plus quelque chose d'essentiel, d'indispensable pour les Aneuviens, même riches : le train.

Le convoi est décroché, côté salle des pas perdus, de sa locomotive diésel, alors que s'apprête à le rejoindre, la locomotive électrique, mais elle n'arrive pas seule, puisque elle pousse une voiture marron avec un filet vert juste en dessous des baies, et sur le flanc, on peut lire :

Direktyn glysene ea elektrige kengárene


Autrement dit : direction de la voie et des équipements électriques. Tout un programme. Cette voiture est censée enregistrer les données concernant la consommation électrique (en kWh), afin de détecter, si lieu est, quelques anomalies. Des essais avaient été entrepris il y a deux trois jours, mais là, c'est avec du tout venant, des voyageurs à l'intérieur, et une vitesse commerciale normale. La loco est une BB 442, une des premières séries de ce qu'on va appeler plus tard, la grande famille des "locos plurielles", ayant toutes un air de famille, un peu comme en France, nous avons eu les "Nez cassés", dues au célèbre styliste Paul Arzens (celui qui avait rendu les trains beaux). Le convoi formé (la loco, la voiture ET, un fourgon, 3 B10, 3 A9, une ÆX, 4 B10, un autre fourgon et basta) est donc prêt au départ à 9:50, le soleil rend les rails brillants et les caténaires, frottées par le panto de la loco, bougent un peu : le train se met en mouvement. Il vire à fond à gauche, laissant sur sa droite, les voies de la ligne de Træz, longe la baie de Nælvyn qui s'avère être l'estuaire de la Tyna (fleuve), prend un magnifique pont-cage à deux voies qui enjambe cette même Tyna (on aperçoit la route en contrebas) et après la station suivante, notre train laisse sur sa droite, la ligne de Tyna (la ville, cette fois). On continue à longer la baie, où on voit la capitale provinciale en face, cette fois-ci, mais le passage entre la mer proprement dite et la baie est assez étroit. Deux bateaux ne s'y croisent pas. Ensuite, le train quitte la baie, et, quelque minutes après, trouve la mer à sa gauche. Il y a un bon nombre de petites gares desservant des calanques saisissantes de beauté... mais qui auraient pu rester encore plus belles, si les promoteurs ne s'étaient pas jetés dessus comme des fauves. Quelques criques sont même réservées aux nudistes, le problème, c'est que des rochers voisins, pas toujours si éloignés que ça d'ailleurs, y en a qui se rincent l'œil avec des jumelles et/ou des téléobjectifs puissants. Mais en cette saison, malgré le beau temps, il n'y a pas grand chose à voir. La ligne est sinueuse, et le temps de gagné par rapport à la traction précédente n'est pas très significatif, alors on admire le paysage, entre deux tunnels. Le train continue sa route puis ralentit : Akæl : 3 min d'arrêt en hiver, 12 min en été ! La gare est pimpante, toute blanche, avec ses 4 voies à quai (comme bien d'autres : cf. chapitre précédent). Les omnibus depuis Nælvyn (bondés en été ; naguère, on trouvait même des voyageurs sur les toits, mais main'nant, la police ferroviaire veille et les recommandations se multiplient : les locomotives apprécient fort le 15 kV 50 hz. C'est pas vraiment certain que l'anatomie des voyageurs imprudents le supporte). Peu après, le train repart, laissant sur sa droite une ligne nord-sud, très montagneuse, rejoignant Malze, le Sud du Roenyls et l'Alfazie. Deux gares estmoriennes, puis on rejoint le Nobenkost roenylsien.


Là, le paysage change complètement, comme si les découpages administratifs avaient suivi (pour une fois) les découpages géographiques. Les constructions se font plus rares, il y aussi moins de végétation, même sur le littoral. Nous somme dans la région roenylsienne des Foskarse, arrosée (du moins quand la pluviosité le permet) par la Foska, une rivière souvent à sec en été, mais qui, certains hivers, s'était transformée en vrai torrent, endommageant même la ligne qui la longeait (Alkne-Oneka, au nord de Foskne). Le train s'arrête à Alkne, pour la correspondance avec cette fameuse ligne. On est sur la rive gauche de l'estuaire (ou de la ria, plutôt) de la Foska. Seul témoin du modernisme : les caténaires. Sinon, le temps semble s'être arrêté il y a une vingtaine d'années. La gare a toujours ses anciennes pancartes, de l'herbe pousse sur les quais (deux, avec trois voies), le ballast est rouge, comme la roche alentours. Le train redémarre, on voit un peu Alkne, là aussi, une ville figée dans le passé. Pas miséreuse, certes, mais certainement pas opulente. La bifurcation avec la ligne de la Foska est située juste après la halte suivante : Wygne. le train passe par dessus la Foska, qui coule pas trop mal en ce mois de juillet, abandonne la ria, traverse un paysage presque désertique, végétation rare, maisons (dont gares) tout aussi rares. Mais la ligne est un peu moins sinueuse qu'en Æstmor et l'équipe du train en profite : le 160 km/h, impossible jusqu'alors, est atteint. Et ce, jusqu'aux abords du Sanflod : la banlieue de Nakol, capitale du Roenyls. Le train franchit la gare limite de Xythne en pleine vitesse, mais ça ne dure pas : le trafic de banlieue, même à l'ouest de Nakol oblige notre train à se tenir à un prudent 120. Il y a encore des autorails qui assurent le trafic suburbain de ce côté-ci de Nakol, des autorails qui commencent à être fatigués. Mais ça ne va pas durer : de toutes nouvelles rames sont commandées, qui vont donner l'éclat du neuf à cette partie de la banlieue nakolaise. Mais qu'est-ce que... Le train traverse à quarante kilomètres/heure la gare de Nakol-Æst et continue sur ça lancée ! On est sur un viaduc enjambant la circulation urbaine de Nakol, avec le globe de la Place Gabriel (Gavrilplas). Puis le train attaque un virage serré à gauche et vient se positionner quai 3 à Nakol-SBK.













*L'objet du récit est un trajet qui se déroule au XXe siècle.

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Anoev
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Dim 21 Aoû 2016 - 1:35

I Prologue

Cette histoire est un peu particulière, c'est celle de Georges Lampraud, parti de Tours (France) à la recherche de l'Aneuf, et qui, à la suite d'un premier voyage, n'avait rien trouvé, concluant que l'Aneuf n'était qu'une vue de l'esprit*! Puis, entre temps, on lui parla d'une porte, située au sixième étage de l'aérogare de Francfort sur le Main, donnant accès à un monde à peu près identique au sien (et au nôtre), à l'exception près de l'existence de l'Aneuf et le l'archipel de Lakùr. Il tenta de revenir chez lui, mais ne réussit pas à y parvenir, "son" appartement était occupé par des inconnus. L'aventure commençait mal. Heureusement, sa carte banquaire n'était pas en dysfonctionnement. Il prit donc le premier tégévé depuis Tours sans aucun bagage, Direction l'aéroport Charles-De-Gaule, heureusement, il avait sur lui son passeport qui ne le quittait jamais. Puis, un billet d'avion en économique, direction Papeete, histoire de commencer une nouvelle vie. Et arrivé à l'aéroport de la capitale franco-polynésienne, il eu un choc en voyant le tableau des vols :

15:35 Vol AN, Vers/To : LAKÙR,  Arrivée/Arrival 21:55.

AN : il ne connaissait pas cet indicatif de navigateur. Il était 14:20. S'il ne se dépéchait pas, il allait rater le vol et son billet s'arrêtait à Papeete. Il demanda à un membre du personnel de l'aéroport ce que c'était que ce vol inscrit au tableau ; et on lui, répondit, le plus naturellement du monde qu'il s'agissait du vol Anoflog trihebdomadaire vers Lakùr. Il n'en revenait pas lui même. Malgré la distance qu'il avait parcourue depuis Francfort, la porte avait fonctionné ! Il demanda le comptoir d'Anoflog, en espérant que ce ne fût pas trop tard. « Quatrième allée gauche » se vit-il répondre, avec un accent polynésien assez prononcé. À 14:23, il trouva ce fameux guichet et y présenta son passeport. L'hôtesse lui demanda, en français, avec un accent de l'archipel de Lakùr assez prononcé, ce qu'il désirait. « Un Aller pour Lakùr » sans savoir du tout où ça se situait.
— Vous savez qu'à Lakùr, le service de l'Immigration va vous demander un billet de retour.
— Et si je passe par un autre endroit ?
— C'est vous qui voyez. Voici votre billet pour Lakùr. Avez-vous des bagages ?
— Non » dit-il à l'hôtesse, quelque peu estomaquée.

Georges embarqua à bord d'un Yak 40 de l'époque soviétique, pas bien jeune, mais dont un entretien poussé à l'extrême lui avait permis de garder l'état du neuf. Le survol de l'océan Pacifique semblait durer une éternité, mais d'une morne éternité : les réacteur de l'avion antique tournaient comme si l'avion sortait tout droit des ateliers de montage ! L'avion descendit, puis se posa à ce qui ressemblait plus à un aérodrome qu'un aéroport. Et pourtant, l'aérogare était bien là. À peine plus grande que le bâtiment-voyageurs d'une gare de sous-préfecture (en exagérant un peu). Il reposa son passeport à l'examen du policier des frontières, lequel lui demanda

  • s'il avait un ou des points de chutes en Aneuf, du moins, à Lakùr
  • s'il avait un billet de retour
  • combien de temps il comptait rester dans le pays (maximum trois mois, vu qu'il n'avait pas de visa).


— Oh, pas plus de trois semaines ! vous savez, je ne suis ni pensionné ni millionnaire.
— C'est bien dommage que vous n'ayez pas prévu de date précise de retour. Vous savez, c'est pas vouloir être tatillons, mais l'immigration en Aneuf est très stricte et...
Et Georges raconta alors son odyssée de A à Z, sa découverte de l'Aneuf, sa première tentative raté, son passage à Francfort (et là, le visage du policier se décrispa), son retour raté vers ce qui croyait être "chez lui", sa décision de partir n'importe-où (Papeete, par exemple) et sa reprise de contact avec l'Aneuf dans l'aéroport polynésien... « et croyez bien que si je reprends un billet pour chez moi, ce sera via Francfort, pour repasser par le sixième étage, en espérant qu'on n'y aura pas verrouillé la porte. Mais je ne voudrais pas le prendre immédiatement. Main'nant que je suis chez vous, j'aimerais bien y trainer un peu et d'avoir mon billet de retour dès que possible ». Le policier comprit la situation. Georges passa ensuite à la Douane, comme il n'avait aucun bagage (il n'avait même pas réussi à en prendre "chez lui"), il passa sans mal et alla ensuite à l'office de tourisme. Vu son heure d'arrivée et comme il n'avait aucune réservation, ça s'avéra un peu difficile, mais on lui proposa une auberge, loin d'être luxueuse, mais correcte et propre.
— Où ça donc ?
— À Lakib ; descendez à la station Hosbar, l'auberge est face à l'hôpital..
— Loin ?
— Une trentaine de kilomètre. Dépêchez vous, le dernier train part dans dix minutes.
— Où est la gare ?
— Juste derrière vous.

Effectivement, la gare était juste là : un quai, deux voies. La disposition était la plus étonnante c'est que la première voie était encastrée dans le quai, un peu comme une voie de tram, alors que la deuxième était tout ce qu'il y a de plus classique pour une voie de train : Vignole et Ballast. Le train arriva, lançant de grands coups de klaxon, pour faire dégager les voyageurs de la partie de quai où filait la voie (marquée par des zébrures), puis s'arrêta. Georges monta dedans : l'autorail n'était pas vraiment plus jeune que l'avion, mais on pouvait noter, là aussi, un grand soin à l'entretien. Rame non climatisée mais sièges bien rembourrés, grande bande fluorescente au milieu du plafond, formica beige au niveau des parois : ça fleurait bon la fin des années 70. Il vit le plan à côté de la porte : c'était la deuxième station.


Il descendit du train comme il était monté. La voie était unique et en plein milieu de la chaussée ! L'hôpital était de son côté. Quand le train fut parti, il vit l'auberge. C'était pas vraiment folichon ! Il n'y resterait qu'une seule nuit, ensuite, il filerait au centre-ville pour si des fois...

L'accueil, sans être chaleureux, était malgré tout commercial. Il ne restait plus que la 12, au premier : il n'avait pas le choix : une chambre avec juste un lavabo et les latrines dans le couloir, pas de télévision. Le prix : 22V. Heureusement qu'il avait eu la présence d'esprit de tirer du liquide au distributeur de l'aéroport : la machine à carte bancaire avait (par hasard) des problèmes de liaison. Il toucha le lit, ouf ! celui-ci était de bon aloi. Il ferma à fond les rideaux. Impossible de les laisser tels quels : de la chambre, on voyait clignoter l'enseigne de l'établissement : Wa__orf-A_tori_° (sans blague !).










*Bon, il avait un peu raison, mais on va pas l'dire trop fort !
°Waldorf-Astoria, mais l'enseigne avait quelques problèmes.

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Dernière édition par Anoev le Mer 24 Aoû 2016 - 9:03, édité 4 fois
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Vilko
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Dim 21 Aoû 2016 - 12:15

Ça ressemble un peu à l'arrivée de Budaï dans la ville géante, dans le roman Épépé de Ferencz Karinthy, qui m'a servi d'inspiration pour Dibadi.

Moins les problèmes linguistiques (la langue de la ville géante est rigoureusement incompréhensible, même pour un linguiste professionnel), et George Lampraud a la possibilité de repartir, contrairement à Budaï...

Un peu hors sujet : Épépé m'a fait comprendre la différence entre la diégèse et la littérature.

La diégèse, c'est quand on conçoit un monde qui fonctionne, bien qu'il soit différent du nôtre. La littérature, c'est quand ça ne fonctionne pas ! Dans la ville géante, les wagons de métro sont archibondés, il faut attendre des heures pour passer chez le dentiste, les employés d'hôtel, fonctionnaires, etc, sont incompétents et ne comprennent rien, les policiers sont corrompus...

Dibadi, par exemple, a été imaginée par ses fondateurs comme une ville agréable à vivre, bien organisée, avec des infrastructures conçues pour quatre millions d'habitants. Manque de bol, il y en a neuf millions, résultat d'une politique d'immigration digne de celles que nous connaissons dans le monde réel, et rien ne fonctionne comme ça devrait...
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bedal



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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Dim 21 Aoû 2016 - 17:03

oh mais j'adore cette histoire Very Happy

Notamment le passage à Francfort... je pensais que ton voyageur viendrait de "Tours"-bis, pas de celle de ce monde ^^


A son retour, ça lui dirait d'atterrir à Superbia ?
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Anoev
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Dim 21 Aoû 2016 - 23:54

bedal a écrit:
À son retour, ça lui dirait d'atterrir  à Superbia ?
Ça dépend ? Si c'est la même porte...

II Départ vers la grande île

Georges se réveilla assez tôt le lendemain matin, prit un café (buvable, avec de louables efforts) au bar de l'auberge (ou du palace, si on a le sens de l'humour), et sortit. Prochain train vers Lakib-centre : une heure et demi d'attente. Il prit donc le premier bus qui l'amena au centre-ville. Là, il repéra le bureau de tourisme, et y alla pour demander quelques renseignements, tout d'abord sur la ville et ses commerces (il pensait bien quand même acheter le minimum pour voyager : un sac à dos, une trousse de toilette garnie, quelques affaires de rechange et un appareil photo), et ensuite, sur les différents moyens de rejoindre les provinces "continentales". Là, il avait le choix : la mer (depuis le port, situé pas bien loin du centre-ville) ou les airs, depuis l'aéroport qu'il connaissait déjà. Le moins cher serait de prendre un billet de bateau et de voyager en salle. Vraiment économique, mais le confort n'était guère au rendez-vous, surtout pour se taper une traversée d'une nuit et une demi-journée. La location d'un lit en cabine faisait grimper les tarifs, si bien qu'un quadruple en cale rejoignait à peu près un fauteuil économique en avion ! Alors en single ou en double (y avait l'espoir de s'y trouver seul, la période étant creuse) même en pont moyen faisait monter les prix en flèche. Il composa donc son voyage avec le préposé de l'agence afin de ne pas avoir de mauvaise surprise : Il devrait donc être à 16:20 à l'aérogare de Lakùr, prendrait un avion pour Sfaaraies-Sbrone où il arriverait à 17:25, largement le temps de trouver de quoi coucher sur place, et même de commander son billet pour le retour. Il traina un peu en ville, visita les ports et déjeuna. Il était dans les 12:30.

Il y avait une grande cité commerciale à Chyrino, un bourg situé dans la banlieue. Il y effectua ses achats : il y avait tout ce dont il avait besoin. Il commença naturellement par le sac, et y enfourna donc ses achats suivants. Il était déjà 15:00 quand il entra dans la boutique des appareils photo. Son idée était d'acheter un bon appareil, prêt à l'emploi, pas trop encombrant (ni réflex ni bridge) et avec un capteur de taille correcte et un objectif pas trop truffé d'aberrations. Il opta pour un hybride de marque Haxvag (y connaissait pas la marque, mais on lui garantit que c'en était une vraie, et non une simple étiquette commerciale collée à la va-vite sur des rossignols à la revente laborieuse). Là dessus, il demanda le chemin de l'aéroport. «Àr buse numaren dek-ok; rixtyn floghavren». Y avait un arrêt devant la boutique, mais ce n'était pas la bonne direction. Il chercha un peu et le trouva à temps : le bus arrivait.

Chyrino n'était vraiment pas loin de l'aéroport. Il retrouva, son billet à la main, les bureaux d'enregistrement, avec un petit peu de retard, mais sans gravité. Son vol allait vers Sbrone (aérogare des vols intérieurs* aneuviens au Sarimat) puis continuait vers Sordalkÿ. Il posa son sac tout neuf sur le tapis et alla à la porte 2 (il n'y avait, en tout et pour tout, que deux portes)°. Laquelle s'ouvrit et il put accéder à l'avion. C'était un Airbus A319, là aussi, bien entretenu. L'habitacle était déjà bien rempli, mais il trouva malgré tout une place à sa convenance, près d'un hublot. L'annonce de départ fut formulée en quatre langues : aneuvien, dans une langue indéfinissable (en fait : le thub), en volapük et en anglais.


L'avion démarra, prit de la vitesse, puis décolla.


*Ne dites jamais "domestiques" (domen), cet anglicisme n'est guère prisé en Aneuf. Un vol domestique, c'est le fait de faire voler un petit avion télécommandé dans son jardin.
°Petite description de l'aérogare de Lakùr :
C'est un bâtiment plutôt sommaire, avec une grande porte d'entrée en façade et deux portes d'embarquement côté pistes. La porte 1 est dédiée aux vols internationaux (Honolulu, Papeete, Suva, Tarawa, Lima...), son accès se fait par les contrôles de douane et de police, ainsi qu'une (très) petite boutique d'articles détaxés. La porte 2 est celle des vols intérieurs, son accès est direct, soumis toutefois à un passage à un portique de sécurité. Sur le côté, il y a, pour les voyageurs arrivant à Lakùr, le tapis tournant des bagages, une maison de la presse-boutique (non détaxée, celle-ci) et un dem-klem (cafétéria).

Juste à la sortie de l'aérogare se trouve la halte ferroviaire. On traverse les voies (peu de trains et un voyant d'attention à un train à l'approche ; toutefois un passage souterrain à rampe est prévu) pour se rendre au parking et à l'arrêt du bus, lequel a deux fonctions : suburbain et interurbain.


Côté piste :

Il n'y en a qu'une. Les agents du contrôle aérien ne sont pas surmenés. Ils logent dans une petite tour haute comme un quatrième étage d'immeuble à peu près. Ils parlent tous anglais, mais l'anglais de certains d'entre eux est plutôt approximatif, mais le trafic international et le trafic intérieur sont mêlés. Il y a également deux hangars. Mais le garage d'avions de ligne y est exceptionnel et soumis à des conditions strictes (retenue d'un appareil pour enquête de la police de l'air, notamment). L'autre hangar est réservé à l'aéroclub, qui est en fait plutôt un héliclub (encore qu'on trouve aussi des avions de tourisme, mais ils n'ont guère de place pour atterrir dans les autres places). On peut se rendre à Lakòrn, Lakooz, Hennal ou Sybont (entre autres) en hélicoptère (c'est pas vraiment donné, mais on gagne du temps par rapport à un passage par le port de Lakìb : le temps, c'est d'l'argent, c'est ben connu !)

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Anoev
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 23 Aoû 2016 - 12:27

III Arrivée au Sarimat


L'avion atterrit, puis s'immobilisa. Deux transbordeurs se collèrent à l'appareil au niveau des portes et, une fois remplies de leurs passagers, se dirigèrent vers l'aérogare de Sbrone*. Georges attendit son sac puis se dirigea vers l'office de tourisme de l'aéroport, en espérant que, cette fois-ci on ne l'enverrait pas coucher dans un établissement du genre Waldorf-Astoria (de Lakìb). Cette fois-ci, il tomba plus mal encore, car l'accueil fut glacial.
— Bonsoir, parlez-vous français ?
— Nep.
— Do you speak english?
— Nep
— Ĉu vi parolas esperanton?
— Nep.
Alors, n'y tenant plus, il éclata :
— Alors qu'est-c'vous foutez ici à glander derrièr'vot'planche ! Vous attendez la r'traite ?
— Or rœdhit: eg lokùt nep fraṅsens, do eg intel as°.
— Alors si vous comprenez l'français (Georges fut lui-même étonné d'avoir compris, au mot fraṅsens et à la sale mimique de l'interlocuteur, ce qu'il pouvait bien dire), vous allez m'dire où j'peux trouver un hôtellerie.
— Floxtàtyn Taraket.
— Où ?
— Per dær » dit l'agent d'un doigt sec et impérieux... qui donnait la direction opposée à la véritable.


Après avoir tourné en rond pendant une vingtaine de minutes, il trouva enfin la halte des navettes et en prit une qui le conduisit à l'aérogare internationale de Taraket. Il trouva le bureau de tourisme en espérant ne pas avoir le même genre d'accueil,  et heureusement, ça changea du tout au tout. L'agent parlait français, certes avec un accent aneuvien (voire malyrois) très prononcé et n'était pas avare de sourires. Georges réussit à avoir tous les renseignement qu'il souhaitait, et complimenta la préposée en lui disant qu'il venait de Lakùr, était passé par Sbrone et que là... La préposée prit une moue dégoutée et se demanda pourquoi on avait pu embaucher un tel énergumène dans un emploi de contact avec le public. Le seul boulot qu'il serait capable de faire, c'est technicien de surface, et encore ! dans les hangars, pas aux aérogares !

Vu l'heure (tardive) qu'il était, il choisit un hôtel dans les environs, en se disant qu'il pourrait bien changer de lit pour les nuits suivantes.
— Dans ce cas, je pourrais vous proposer un hôtel de la chaîne AL (adinqboos làmydune = hôtel des voyageurs), où on ne peut pas rester plus d'une nuit. Le confort n'est pas luxueux, mais il y a ce qu'il faut : bon lit, douche et toilette dans la chambre, mais pas de télé. Celui d'ici est complet, mais il y en a un face à la gare de Straqan, tous les trains d'ici vous y mènent : faites vite : il reste quatre chambres. On ne peut pas réserver d'ici : c'est un hôtel automatique.
— Merci beaucoup madame.

Georges trouva facilement la gare, qui était au sous-sol de l'aérogare, acheta un abonnement de 4*24h et attrapa le train de justesse.


Une fois le train arrêté à Straqan, il en descendit et sortit de la gare. Il repéra facilement, sur la place, parmi des immeubles assez anciens, le logo de l'hôtel qu'il cherchait : Un A qui ressemblait plutôt à un triangle rectangle, accolé à un L, le tout en vert clair. Il se dirigea vers l'hôtel en espérant que les 4 chambres restantes n'eurent pas été prises entre temps.


Si la façade de l'hôtel accusait les siècles passés (le XIXe surtout), le hall d'entrée avait plutôt l'aspect du hall d'accueil d'un laboratoire d'analyses médicales, le personnel en moins.


Un tableau de distribution des chambres lui fit face, tout affiché en aneuvien. Heureusement (puisqu'il s'agit d'un hôtel des voyageurs), des drapeaux# étaient affichés en bas de page et celui de la France y figurait. Il appuya dessus et l'affichage changea instantanément. Il lut les indications (libération de la chambre à 10:00), paya avec sa carte et obtint une clé de la taille et de la forme d'une carte de crédit, avec un numéro : 12. Décidément ! encore le 12 ! Le 12 au Waldorf-Astoria de Lakib, le 12 ici. Il monta avec l'ascenseur, mit la "clé" dans la fente de la porte... clic. Celle-ci se déverrouilla. La chambre n'était certes pas celle d'un hôtel de charme, mais elle n'était pas triste comme la précédente, et toutes les commodités étaient à l'intérieur. Il n'y avait pas davantage de télé qu'au Waldorf, mais bon, qu'aurait-il pu faire de programmes en aneuvien ? Regarder les images ? choisir une chaine musicale ? La chambre avait vue sur la gare. Georges prit une bonne douche, mit la batterie de son appareil photo en charge, se coucha et s'endormit assez rapidement.









*Le vol aurait été international, les transbordeurs auraient dirigé les passagers vers Taraket.
°Faites attention : je ne parle pas français mais je le comprends.
#Curiosité : la langue anglaise est représentée par la St-George-Cross et non par l'Union Jack.

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Vilko
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 23 Aoû 2016 - 14:45

Je pense que Georges Lampraud aurait dû acheter un manuel de conversation aneuvien à l'office du tourisme de Lakùr, ça lui aurait simplifié la vie. Même un manuel aneuvien / anglais. Et si possible, un dictionnaire bilingue.

J'ai un manuel de conversation japonais/anglais sous les yeux, conçu pour les touristes anglophones se rendant au Japon. Le système d'écriture du japonais complique tout, mais pour une langue comme l'aneuvien, qui s'écrit en alphabet latin, un manuel de conversation (pour les phrases les plus usuelles) et un dictionnaire devraient suffire lorsqu'on est "en immersion". Ajouter une grammaire basique si on a l'intention de rester longtemps dans le pays. Et ne pas oublier un carnet et un stylo ! Very Happy

À Dibadi : s'attendre à des problèmes pour repartir. Il est conseillé d'acheter "Eikanem ye Tlatayetgo", format livre de poche, avec traduction juxtalinéaire. Il contient tout le vocabulaire courant et l'essentiel de la grammaire. Si vous le connaissez par cœur, vous savez assez de dibadien pour vivre à Dibadi et y exercer un emploi non qualifié. Les nombreux petits chapitres composant Eikanem ye Tlatayetgo contiennent même de précieuses indications concernant la vie à Dibadi et la culture dibadienne (notamment le Konashustaï, qui tient à Dibadi la même place que l'Islam en Arabie Saoudite). Un dictionnaire bilingue peut aussi être utile, au moins au début.

À Hyltendale, l'arrivée se ferait en hydravion. Une barge à moteur fait office de transbordeur. Aucun problème linguistique, puisque l'intelligence collective des cybersophontes est polyglotte. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu'ils sont ainsi fichés dès leur arrivée, car l'intelligence collective va tout enregistrer, y compris leurs empreintes rétiniennes et digitales (un simple lecteur électronique suffit).

Question hôtels, les visiteurs ont le choix entre :

1 Des hôtels proches de Fotetir Tohu (le quartier du port, où se trouve le port des hydravions). Ces hôtels ne sont pas trop chers, pour une raison simple : ils sont très bruyants, les robots géants qui chargent et déchargent les bateaux ne dormant jamais !

2. Des hôtels à Zodonie et Sitisentr. Entre cher et très cher... Les hôtels de Zodonie ont une clientèle majoritairement constituée d'hommes seuls (mais friqués).

3. Des hôtels plus éloignés, dans le nord et l'est de la ville, mais meilleur marché. Ces hôtels sont accessibles en bus ou en vélotaxi. Clientèle majoritairement constituée de touristes aux moyens modestes, et de gens venus visiter l'un des leurs (hospitalisé au Madeico ou au Lagovat-Kwo, pris en charge par une institution pour invalides, ou incarcéré à Tatanow). On y trouve aussi des gens venus pour affaires mais n'ayant pas les moyens de se loger à Sitisentr.
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 23 Aoû 2016 - 15:34

Vilko a écrit:
Je pense que Georges Lampraud aurait dû acheter un manuel de conversation aneuvien à l'office du tourisme de Lakùr, ça lui aurait simplifié la vie. Même un manuel aneuvien / anglais. Et si possible, un dictionnaire bilingue.
Y va faire ce genre d'emplette au Sarimat, se rendant compte que plus il va s'éloigner de Taraket, moins il rencontrera de francophones. Dans les prochains épisodes, il va trouver deux lexiques assez complets : aneuvien-français et aneuvien-espéranto (G. Lampraud a un niveau assez correct en espéranto), ainsi qu'un manuel de conversation en aneuvien uniquement, mais très illustré, qu'il pourra utiliser en parallèle avec les deux autres ouvrages. Ces ouvrages, il peut par exemple les acheter à la Internàtynen Kneskop (librairie internationale ; contrairement à ce qu'indique l'intitulé (skop), ce n'est pas une simple boutique, mais un véritable grand magasin, plein de livres en français, en anglais, en espéranto, en uropi, en kotava, en mnaruc etc). La partie des rayons accessible au public est la partie émergée ce cet isberg dont l'entrée ne paie pourtant pas de mine. Elle est située près de la Ligenciv (cité de la Justice) et du Stadteatr (théâtre de la ville), pas loin des universités de droit, de lettres (et langues) et de sciences sociale. Bref, le quartier d'une partie de l'intelligentia sarimate.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Lun 5 Sep 2016 - 19:33

Georges retourna à Taraket pour acheter son vol de retour, avec une escale suffisamment conséquente à l'aéroport de Francfort, afin de repasser par la porte des mondes, pour enfin pouvoir se retrouver chez lui. Son avion ne partirait pas de Taraket, mais de Gerne. Georges retourna à l'office de tourisme pour trouver un nouveau lit (le précédent était bien, mais il ne pouvait pas y résider plus d'une nuit de suite). Le problème c'est que ce fut plus compliqué qu'il ne croyait Le Sarimat n'était certes guère une région de villégiatures, mais c'était une région de foires et de congrès. Devrait-il donc y écourter son séjour ? On lui suggéra de trouver une chambre chez l'habitant, une pratique assez prisée dans le coin. Pour le moment, il n'y avait plus de place, mais à 14:00, après les désistements, il aurait peut-être des chances. Il déposa son sac à la consigne de l'aéroport et se dirigea vers la gare suburbaine, afin de prendre le train pour Sfaaraies. Juste comme il attendait le train de la ligne 6 qui le transporterait vers le centre-sud, il fut abordé par une femme, assez jeune, dans les vingt-sept~vingt-huit ans qui lui demanda en français approximatif avec un accent assez prononcé :
« Je crois vous chercher dormir où ? Je peut-être aider vous ? »
Il se retourna vers son interlocutrice, prêt à décliner une offre éventuelle, mais fut statufié par l'apparence de son interlocutrice.
— Je... euh... oui ?
— J'ai remarqué vous à l'aéroport déjà hier, mais vous partiez déjà vers le train. Je suis revenue ici dans l'espoir de vous trouver nouvellement. J'ai fait bien. Si vous voulez, je peux vous héberger pour une ou deux nuits.
— Ça me coûterait combien.
— Pas trop dispendieux pour vous, je vous rassure. Si vous voulez, vous visitez, ça vous plaît, vous reprenez votre sac à la consigne, sinon, dommage-tant pis.
— Vous habitez où ?
— Sebrelet, c'est direct.
—Eh bien je vous suis.
Le trajet en train se passa le plus normalement du monde. Georges, ne connaissant guère les mœurs aneuviennes s'abstient d'essayer de séduire son hôtesse. L'appartement était à dix minutes de la gare. Il le visita, vit la chambre où il devait coucher, tâta le matelas et dit que c'était parfait, qu'il reviendrait avec son sac en début de soirée.
— J'attendre vous. Ne venez pas trop tard, pas après heure vingt.
— Dix-neuf heures, ça vous va ?
— S'il plait vous.
— Merci beaucoup madame, à cet après-midi.
— Comment ? Je ne compris pas.
— Ce soir vers dix-neuf heures.
Ainsi, Georges avait virtuellement de quoi coucher pour une ou deux nuits. Ensuite, il verrait. Il visita un peu, acheta des petits livres pour maitriser tant bien que mal l'aneuvien. Le français de son hôtesse, quoi que très approximatif, était quand même meilleur que son aneuvien à lui. Il trouva des lexiques et des méthodes, mais depuis le français, il n'y avait rien d'extraodinaire ; depuis l'anglais, c'était un peu mieux fourni, mais ça ne l'aidait guère, son anglais était resté scolaire. Par contre, il trouva ce qu'il cherchait dans une langue qu'il avait réussi à maîtriser à peu près bien : l'espéranto. Il fureta dans les rayons des autres langues internationales (qu'il connaissait assez peu, d'ailleurs) et trouva, là aussi l'équivalent de ce qu'il avait acheté, en kotava, sambahsa-mundialect, uropi, interlingua et quelques autres dont il ne soupçonnait pas l'existence. Après avoir visité le musée historique du Sarimat (notamment avec des images de la région avant le bombardement japonais de 1945, dont on sut un an plus tard qu'il avait été suggéré par le dictateur Frank Ruz), il regarda sa montre : 17:40. Il fallait retourner à la consigne de Taraket retrouver son bagage, puis ensuite reprendre le train de banlieue (ligne 6) jusqu'à Sebrelet. Il arriva à 18:50 devant l'immeuble, où son amphitryonne l'attendait sur le pas de la porte.
— Je suis vraiment contente que vous soyez là ! J'ai tellement eu peur que vous veniez pas.
— J'ai failli me perdre à la sortie de la gare de Sebrelet : je n'avais pas pris la bonne rue.
— J'aurais dû attendre vous à la gare.
— Vous ne saviez même pas par quelle train j'arrivais.
— Allez, montez ; Vous allez me raconter vous, et puis nous allons dîner.

***

Ce ne fut pas deux nuits mais trois nuit que Georges passa à Sebrelet ; non pas dans la chambre qui lui avait été réservée, mais dans la chambre, et même dans le lit de son amphitryonne, et sans que ça ne lui coûtât un liard. Il fit l'amour avec Silva Lakimeri quatre fois : trois nuits et un après-midi entier. Le soir il prenait un train de nuit à la gare de Sfaaraies-Ast en direction d'Hocklenge. Silva l'avertit : vous verrez, Hocklenge, c'est un autre monde. N'allez pas n'importe où, surtout en soirée. Était-ce un conseil sincère ou bien le reflet de la vieille rivalité Sarimat-Pelliant dont il avait vaguement entendu parler ça et là ? Il opta pour la sincérité.

Quand il fut sur le quai, le soir, à la recherche de sa voiture (il avait trouvé une place intéressante, en single, dans une voiture déclassée d'un express nocturne ordinaire*), il entendit un pas de course derrière lui : ce fut Silva. Elle se jeta sur lui et l'embrassa à pleine bouche et lui dit, en aneuvien, la langue de son cœur :
— Eg mir neper olvynd os, Zhorzhes.
— Eg nep; eg mir nep olvynd os, Silvas.
°
Grâce à quelques leçons d'aneuvien à l'horizontale, il avait pris quelque assurance dans la langue de son pays hôte.





*Il avait donc un compartiment à lui tout seul pour le prix d'un double (deux fois moins cher), accompagnant un billet de seconde, au lieu d'une première. Économie substantielle.
°— Je ne t'oublierai jamais, Georges
— Moi non plus, je ne t'oublierai pas, Sylva.
Même s'il était totalement débutant en aneuvien, il connaissait un peu le principe des déclinaisons, tout d'abord pour avoir des notions assez solides en espéranto, et pour en avoir d'autres, nettement plus lointaines en latin. Il avait aussi vaguement (mais alors très vaguement, encore plus vaguement que l'anglais) tâté de l'allemand et avait consulté une fois, par curiosité, un manuel de volapük. Il retrouva, du moins dans une moindre mesure, dans l'aneuvien, les déclinaisons régulières à quatre cas du volapük. Sauf que, dans la langue du pays qu'il visitait, il n'y avait pas de datif (il ne se rappelait plus trop ce que c'était, un truc du genre "à qui ?"), mais un autre cas qui servait pour les compléments de circonstance, d'agent et autres. Ce qui était intéressant, en aneuvien (et qu'on retrouvait en volapük et en espéranto), c'était que le cas de déclinaison était assez vite repérable, certes un peu moins systématiquement que dans les langues construites, mais bien plus facilement que dans ses souvenirs de latin et l'allemand.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mer 7 Sep 2016 - 15:43

Georges mit ses affaires dans le compartiment qu'il avait réservé, il fit signe à Silva qui était restée sur le quai et le train démarra. La voiture dans laquelle il avait son compartiment devait dater de la fin des années '60 et le confort était de bon aloi, sans être pour autant luxueux. La couverture des parois étaient en stratifié, imitation bois, comme c'était la mode à l'époque. Comme pour toute voiture lits, celle-ci était sous la responsabilité d'un employé de l'AKSKX, filiale de l'ANB pour l'hôtellerie ferroviaire. Le système de serrurerie avait été réétudié et la porte se verrouillait dès qu'elle était fermée. Le déverrouillage était opéré en passant au scan le code à barre de la réservation. Le train dépassait les dernières gares du Sarimat : Novyna, Kornaket, Spralaket puis Spranset où il s'arrêta. Quelques voyageurs montèrent, venant de la ville ou bien de la ligne en rocade venant de Lamsix. Au Malyr, le train devait encore s'arrêter à Kublane, Skorted et Krebiz, puis changer de sens. Georges quitta son compartiment pour boire un verre au dem-æstam-xeliys*. Dehors, il faisait complètement nuit et il ne voyait pour tout paysage que le reflet de l'intérieur de la voiture et la vitre d'en face. Il tira une canette de bière sans alcool au distributeur automatique et s'installa sur un des tabourets hauts faisant face aux baies pour essayer de voir dehors tout en dégustant son breuvage bien frais.
Quelqu'un s'installa sur le tabouret voisin du sien et lui dit quelque chose en aneuvien, langue qu'il ne comprenait pas encore bien.
— D'you speak English.
— Euh... not so well.
— Siă, quat spraċ ep or lokùt» lui dit-il d'un ton peu amène.
— Fraṅsen.
— Ah ! je vois ! français », fit l'autre, d'un français assez approximatif et d'un ton dégoûté, « on joue les coqs auprès des étrangères, c'est vrai que c'est une spécialité à vous autres les... gaulois. J'vous ai vu, tout-à-l'heure sur le quai à Sfaaraies...
— Et alors ! Ça vous r'garde ? Allez, dégagez, foutez-moi tranquille !
— Non mais dites donc ! Je suis chez moi, ici, et j'ai le droit de dire ce que je pense de votre conduite...
Georges finit sa bière d'un trait et décida de ne plus rester dans cette voiture auprès de cet importun. Il se leva et se dirigea vers l'extrémité, mais l'autre se leva aussi et se dirigea vers lui : « Non mais attendez ! J'ai pas fini » pour toute réponse, il reçut la porte de la salle en pleine figure.

Georges fila à grand pas vers sa voiture, puis son compartiment, ouvrit la porte avec sa réservation, puis la ferma et la verrouilla. « C'est bien ma veine ! » se dit-il « J'pensais vraiment pas que ce genre d'olibrius puisse exister ici. J'ai bien fait de prendre un single, au moins personne viendra m'emm... ». En tout cas, l'autre énergumène avait perdu plusieurs mètres et n'avait pas pu localiser son compartiment, à moins que...

Tout-à-coup, il entendit « Police ! Ouvrez !  Contrôle des bagages ! » Mais c'était du flan ! Ainsi il avait réussi à le localiser. Vraisemblablement tout-à-l'heure à la gare de Sfaaraies-ast. Mais Georges avait reconnu la voix de l'énergumène et ne s'en laissa pas compter. Contrôle des bagages ! n'importe quoi ! S'il y avait eu un quelconque contrôle extraordinaire (personne recherchée, risque d'attentat, assez faible en Aneuf, mais on n'est quand même à l'abri de rien), la police ferroviaire se serait fait connaître après de l'accompagnateur de la voiture et aurait dit en aneuvien : «Baṅlùfrad» puis, éventuellement « Police ». Mais là, le type continuait à cogner à la porte de manière véhémente. Sans blague ! il n'allait pas empêcher toute la voiture de dormir, quand même ! L'accompagnateur sortit de sa cabine et il y eut un échange aneuvophone assez vif entre les deux personnes. Vint ensuite le chef de train. Re-échange verbal, cette-fois-ci, mais à trois. Georges, derrière la porte ne comprenait pas grand chose à ce qu'il se disait, mais aux intonations, il put comprendre que son harceleur était loin d'avoir le dessus. Georges ne sut jamais pourquoi, mais à la gare de Skorted, depuis sa fenêtre, il vit sur le quai son tourmenteur marcher avec sa valise, encadré de deux fonctionnaires de la baṅlùfrad, la police ferroviaire. Un peu plus tard, il s'enquit de ce qui s'était passé auprès de l'accompagnateur de la voiture, malheureusement l'autre ne parlait qu'aneuvien, anglais et volapük. Il réussit quand même à savoir que le type avait déjà eu maille à partir sur la ligne. Il essaie de s'incruster auprès des personnes ayant un compartiment single, en général de manière plus doucereuse et astucieuse, reste dans leur compartiment et les dérobe pendant le trajet et quitte le compartiment avant que l'occupant ne se réveille. Là, il avait dû péter un câble, vraisemblablement. Georges fut content, en espérant toutefois que ce genre de personnage n'existât pas en plusieurs exemplaires.

Le train s'arrêta à Krebiz. La gare étant en cul-de sac, il allait changer de sens° pour prendre la direction de Kalœr et des Santes. Il devait être une heure passée. Georges dormait et ne se rendit pas compte de la manœuvre. Le train repartit en direction du sud-ouest, vers Srasen et Kalœr. La vitesse était plutôt faible, il ne s'agissait pas de faire arriver les voyageurs à Hocklènge trop tôt dans la matinée. Ainsi, à Skrasen, il laissa devant lui deux trains de fret nocturne rapide et en sens inverse un train postal (la section Skrasen-Kalœr a des passages en voie unique, tout comme celle entre Skrasen et Qualthera).

Le train s'arrêta aussi pendant le temps d'une manœuvre à Kalœr : la moitié avant n'allait pas à Hocklènge, mais en Pande (Grahє, Sordalkÿ, puis Kodarka-Ruӄӄa).

Il redémarra ensuite et atteint les Santes. Il était encore au moins à deux heures de l'ancienne capitale, sans oublier qu'il allait bien sûr s'arrêter à la capitale actuelle (Kesna). Hocklènge, un autre monde, l'avait prévenu Silva. Peut-être en avait-il eu un avant-goût dans le train. L'énergumène était-il santois ? Les connaissances de Georges quant à l'aneuvien étaient trop faibles pour qu'il reconnût l'origine provinciale d'un autochtone.

Le train s'arrêta à Żhenek (Georges se demanda quelle était cette langue qui accompagnait l'aneuvien dans les inscriptions de la gare), puis à Smùhr, puis à Lezhe : il pénétra dans la région du Pelliant : région périphérique d'Hocklènge. Il ne restait plus que Kesna, la capitale toute neuve avant l'arrivée à Hkl-Astskovaan. En fait de modernisme à Kesna, il y avait de quoi être déçu : la gare desservait l'ancienne ville et les nouveaux quartiers (gouvernement, parlement, sénat, cité internationale) étaient nettement plus au nord. La banlieue était là, plutôt morne, en fait, puis le train ralentit pour de bon : il arrivait à son terminus.




*Voiture bar avec des distributeurs automatiques.
°De jour, les trains ne font pas cette manœuvre : ils évitent carrément Kalœr et s'arrêtent à Qualthera pour la correspondance. Les Noxpress (express nocturnes, mais la classe au dessus : que des places couchées, dont certaines de haut standing : compartiment salon, douches et wc individuels, 'tit déj' en cabine...) ne s'arrêtent même pas ni à Kalœr ni à Qualthera.

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Dernière édition par Anoev le Jeu 8 Sep 2016 - 22:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Jeu 8 Sep 2016 - 22:01

La gare d'Hocklènge-Astskovaan était en travaux : il y avait des échafaudages partout, avec des panneaux de bois et des couloirs rétrécis. On attendait la future ligne rapide, qui devait traverser le pays d'est (et de nord-est) vers l'ouest. Cette ligne devait passer en profondeur, dans un terrain plutôt meuble (d'où des coffrages impressionnants et des points d'"appuis" un peu partout), et traverser la capitale des Santes de part en part, et s'en aller d'un côté vers Sorne et Paan, le l'autre vers Donzhke et Sfaaraies, via le littoral oriental. Georges lut tout ça sur les panneaux de bois et partit à la recherche de l'office de tourisme. Avec un peu de chance, il devait bien en avoir un puisque la gare où il venait de débarquer recevait aussi les trains venant de l'aéroport de Karċfetal. Mais il n'en trouva pas. Alors il demanda au bureau d'information de la gare, avec les quelques notions d'aneuvien qu'il avait apprises à Sfaaraies et dans le train :
— Loodav Ekkad, kjas or poten dik ni es quav ep àt lamikoṅtœr?
— Stàtyn Metron Apolsyna : Or hidit strægens dyn Hep morse, kaṅvest ea hidit dùlens pent (cjaṅ) dyn Apolsynas.
— Hropert Ekkad.
— Nep Kervœnt.
Ça, c'était du renseignement précis. Georges sentit qu'il avait affaire à une professionnelle qui aimait son métier. Il consulta le plan, lut que 7 more était desservi par deux lignes de trains (une sorte de RER, puisque les lignes traversaient la ville, puis la ligne de métro, en correspondance, vers la station Apolsyna, qui se trouvait au nord de l'Île du Parc. Il acheta donc, comme à Sfaaraies, un abonnement illimité pour quatre jours et s'engouffra dans les escaliers cernés par les échafaudages, vers la gare souterraine des banlieues. Il y avait pas mal de monde. Il posa son sac à dos à ses pieds pour ne gêner personne. La rame arriva : elle était assez moderne, blanche avec deux bandes à la ceinture : une beige et une marron. La nouvelle société qui avait repris les transports publics d'Hocklènge : la NITP (nev itekœnet traṅsfærene Pelljaṅten) ne voulait pas se lancer dans des frais de peinture et estima qu'il était plus important de remplacer les rames de métro hors d'âge que de s'abimer à des frais d'esthétique. Le train s'arrêta à Hep More (sept provinces*), une station qui avait dû être magnifique lorsqu'elle fut rénovée il y a une quarantaine d'année, mais qui aurait besoin d'une autre cure de rajeunissement. Georges quitta le train pour le métro, et là, ce fut un choc. La station semblait être entretenue très sommairement, les murs étaient poussiéreux, couverts de tags, les sièges, et également les rames de métro. Par rapport à ce qu'il avait vu à Sfaaraies, c'était vraiment un autre monde : la ligne avait le cyan comme couleur, comme la ligne 3 des ST, mais là, et uniquement là s'arrêtait la ressemblance. C'était la station d'après. La rame fit un bruit infernal en passant sous le bras de la Skovaan et arriva assez vite à Apolsyna, la station nord de l'Île du Parc. Heureusement, l'office de tourisme n'en était pas loin et il était ouvert.
Il y fut également  bien accueilli. Jusque là, mis à part le LK de Sbrone, il n'avait vraiment pas eu à se plaindre, et les professionnels n'étaient pas avares de renseignements, et mêmes de conseils, pour éviter certains désagréments, et l'agent du bureau d'Apolsyna n'allait pas faire exception. Il communiqua à Georges les endroits à visiter, mais aussi les endroits à éviter, sauf s'il s'intégrait dans un groupe assez conséquent. Les endroits les plus à craindre n'étaient pas trop la banlieue (sauf quelques communes, pas forcément mal desservies, comme Prorċby, mais plutôt les quartiers périphériques de la commune d'Hocklènge, à l'est, mais surtout à l'ouest (Heskvertine). « Méfiez-vous des personnes qui vous abordent sans raison » (on était loin de l'atmosphère sarimate). Il demanda alors où il pouvait poser son sac et dormir. « Au centre, ce sera hors de prix, en périphérie, comme je vous ai dit, vaut mieux éviter. Sauf peut-être au sud, mais l'hôtellerie y est rare et d'une tenue assez approximative, et au nord, c'est aussi cher qu'au centre-ville. Il vous reste la banlieue et Kesna. Kesna, y a pas souvent de place, mais je vais faire une tentative ». Le préposé tapa assez nerveusement sur son clavier, et trouva une chambre, qu'il pût réserver à distance.
— Combien ?
— 51 virs la nuit, mais ça les vaut, et ils vous font une réduction à partir de la 4me nuitée.
— Vous n'avez pas un peu moins cher ?
— Bien sûr, mais ce sera nettement moins bon.
— Oh, vous savez, je viens surtout pour visiter, alors qu'y ait une salle-club, une piscine ou autre, ce n'est pas trop mon problème : je cherche surtout une bonne literie et des sanitaires propres.
— Je comprends tout-à-fait, mais il n'y a plus de place dans le type d'hôtels que vous cherchez, et encore moins cher, la qualité risque de ne pas vraiment être au rendez-vous.
— Alors je prends celui-ci. C'est loin de la gare ?
— Vous pouvez pas mieux tomber : c'est en face !

Georges reprit son sac, le métro, puis le train de banlieue qui le mena tout droit à Kesna. Il fut content et presque étonné qu'un office de tourisme pût lui réserver une chambre dans une ville qui, depuis qu'elle était devenue capitale fédérale, s'était détachée administrativement du Pelliant. Mais après tout, les trains du réseau NITP (et avant même, le HKTO : Hocklèngen traṅsfær-organesem) desservait bien cette ville enclavée.

Il trouva l'hôtel à son goût, confortable, moderne, quoi qu'un peu cher malgré tout. Il s'y installa et prit une douche qui le détendit.

Il revint vers la gare et fut content d'apprendre que l'abonnement qu'il avait acheté était valable à bord des trains ANB, tant que ceux-ci ne fussent pas à supplément. Ainsi, il pouvait faire le trajet Kesna-Hocklènge ou inversement sans aucun arrêt intermédiaire. Appréciable. Il en était de même s'il voulait se rendre à Strælgarde (visite d'une ancienne forteresse), mais la gare hocklengaise n'était pas la même.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Dim 11 Sep 2016 - 0:36

À proximité de la gare se tenait une maison de la presse relativement grande, dont l'enseigne mentionnait Kneg- ea Revèstoos autrement dit : maison du livre et de la revue. Il allait sans doute pouvoir y trouver un guide pour visiter la ville, sinon en français, du moins en espéranto. Il se dirigea vers le rayon "tourisme" et trouva en effet, dans la langue de Simenon un livre au titre explicite : "Visiter Hocklènge et le Pelliant en toute sérénité". Voilà qui était peu commun mais qui pouvait s'avérer utile pour éviter quelques désagréments. Le livre était divisé en chapitres, le premier concernant les généralités, le second, les transports, puis les autres avaient pour noms les différents quartiers de la capitale des Santes (Æstskovaan, Kastenexhelle, Lixeψestrevelle, Noblenge, Herznleslixhtarel, Astskovaan, Hocklebur, Kneslastvenege, Heskvertine & Hekelle) ainsi que les villes les plus touristiques, ainsi que les secteurs les moins conseillés, et finissait par Kesna, la capitale fédérale. Il n'avait pas le livre depuis plus d'une minute sous les yeux qu'il entendit une voix rogue derrière lui : «A aates ep lektun orrev sin kovun as?» C'était un vigile, qui, en principe était plutôt là pour renseigner les gens et éviter le vol à l'étalage, mais qui s'était toqué de faire du zèle en voyant un visiteur lisant un livre écrit dans une langue étrangère. «Mi petas?» répondit Georges, mais visiblement le cerbère ne parlait pas la langue à l'Étoile verte. Il allait falloir s'expliquer en aneuvien. Heureusement, il avait continué à faire quelques progrès. L'autre répliqua avec hargne : «Od a kovun à knegs, od a ropòd as en àt ràgs». Georges garda le livre à la main et se dirigea vers les caisses, qui étaient proches de la sortie, il posa nonchalamment le livre dans une boîte ouverte où les clients posent les ouvrages ou articles qu'ils renoncent à acheter et prit incontinent la sortie.  «A romíd æt knegs quav a gœnsa!» hurla l'auxiliaire de sécurité. Georges chercha ses mots, se retourna et dit avec un ton léger : «Oriψ podit as, æt mir dor ors util». Ainsi, il avait répondu à l'arrogance de l'agent de sécurité par une impertinence de bon aloi. Mais les choses ne s'arrêtèrent pas là. Comme il ne pouvait pas l’appréhender à l'extérieur du magasin (et sous quel motif, d'ailleurs ?), il sortit tout de même et hurla «Lùfrad! Lùfrad!». Un individu saisit Georges au poignet et lui dit en lui montrant une carte étoilée de sept branches : «La waadun ors æt skopev». Georges se dégagea, mais au lieu de se sauver (ce qui serait une suprême erreur), demanda d'un ton ferme «Qua ep pruxun? Eg nep hrapa ùc! Or verykógest tet or vel!». L'inspecteur le refit passer par le portique du magasin, lequel ne réagit pas. S'ensuivit un conciliabule assez acerbe entre l'auxiliaire de sécurité et le policier où ce dernier tança vertement l'autre vraisemblablement pour avoir (encore) dérangé la police pour rien. Georges, qui n'avait pas tout compris (certaines expressions étaient locales, voire en jargon professionnel, voire en argot), en avait quand même saisi les grandes lignes et buvait du petit lait. Mieux, des clients et des vendeurs, outrés par le comportement de l'auxiliaire de sécurité vinrent témoigner auprès de l'inspecteur. Cet élan de personnes inconnues réconforta Georges. Le gérant du magasin, lui offrit en guise d'excuse, le livre qu'il avait feuilleté et laissé à la boîte des renoncements (il y était encore). Georges le prit et lui dit «Hropert», en espérant (à juste titre, mais il ne le savait pas) que le montant dudit guide ne passerait pas dans les pertes du magasin, mais serait réclamé à l'indélicat vigile, lequel devrait s'en acquitter s'il ne voulait pas faire l'objet d'un rapport qui aurait pour conséquence de l'envoyer surveiller un espace commercial moins coté qu'une maison de la presse et dans des coins du Pelliant où le travail d'agent de sécurité est émaille d'incidents plus importants que celui qu'il avait lui-même créé.

Georges quitta la grande boutique, et alla dans un estaminet pour y boire un jus de citron, afin de se remettre un peu de ses émotions.
Traduction des dialogues :
Tu comptes lire tout le livre sans l'acheter?
Pardon? (eo)
Soit tu achètes le livre, soit tu le reposes sur son rayon.
Tu remets ce livre où tu l'as pris.
Posez-le vous-même, ça vous rendra utile.
Police ! Police !
On vous attend à cette boutique.
Qu'est-ce qu'y s'passe ? J'ai rien volé ! Vérifiez si vous voulez.
Merci beaucoup.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Dim 11 Sep 2016 - 12:09

À Hyltendale, les vigiles sont des androïdes, et s'expriment plus courtoisement :

À Hocklènge : Tu comptes lire tout le livre sans l'acheter?
À Hyltendale : Monsieur, cette librairie n'est pas une bibliothèque.

Éventuellement, la conversation se serait poursuivie en espéranto, le cybercerveau qui contrôle l'androïde ayant accès aux logiciels adéquats.

À Hocklènge : Soit tu achètes le livre, soit tu le reposes sur son rayon.
À Hyltendale : Monsieur, soit vous achetez  le livre, soit vous le reposez sur son rayon. Vous avez eu largement le temps nécessaire pour le feuilleter.

À Hocklènge : Tu remets ce livre où tu l'as pris.
À Hyltendale : Monsieur, vous auriez dû remettre ce livre où vous l'avez pris, puisque vous n'aviez pas l'intention de l'acheter.

Il n'y aurait pas eu d'incident, un androïde étant toujours rationnel, mais après que Georges soit parti en laissant le livre dans la boîte, le cerveau cybernétique de l'androïde aurait envoyé des images de Georges à l'Intelligence Collective des cybersophontes, afin que ces images soient enregistrées par un Logiciel de Reconnaissance Faciale.

Le cybercerveau qui gère la banque de données se serait aperçu que Georges est déjà connu, ayant passé la douane et séjourné dans différents hôtels, sans provoquer d'incident.

Le cybercerveau qui contrôle l'androïde-vigile aurait quand même ajouté un commentaire au dossier électronique de Georges : "Étranger qui ne connaît presque pas la langue et les usages de ce pays, et a tendance à se braquer face à une personne de bas statut social mais habilitée, de par ses fonctions, à lui faire des recommendations."
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Dim 11 Sep 2016 - 13:54

Vilko a écrit:
À Hyltendale, les vigiles sont des androïdes, et s'expriment plus courtoisement
Malheureusement, l'Aneuf n'est pas encore bien rompu à la cybernétique humanoïde, et les auxiliaires de sécurité sont donc des êtres humains avec leurs défauts. Qu'on se rassure quand même, tous ne sont pas comme l'énergumène ci d'ssus décrit. Toutefois, même si on ne peut pas excuser l'indélicat personnage, la boutique aurait dû afficher ça et là dans les rayons : Æt prensos nep ùt lexal. Mais la "réalité" était peut-être encore plus sordide. La lecture pouvait bien être tolérée (à condition qu'on en abusât pas), et le garde-chiourme voulait un peut rouler des mécaniques et impressionner des touristes étrangers ayant une apparence inoffensive. Bref. Là, c'est sûr qu'un robot androïde n'aurait pas un tel comportement : il s'en tient scrupuleusement au règlement de la boutique et aux ordres de la Rûche.

Dans le prochain épisode, Georges va être abordé par une prostituée légale. Là non plus, on ne peut pas faire appel aux gynoïdes opérant à Zodonie, le Kastenexhelle hyltendalien. À la différence, c'est que la femme qui va proposer ses services (et converser un certain temps) à Georges, ne le fera pas à Kastenexhelle, mais dans l'estaminet d'Astskovaan où notre touriste français sirote son jus de citron.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Lun 12 Sep 2016 - 18:44

Ce serait plutôt un striptease mental, à moins que...

Sinon, "striptease" se dit ărdysmíhat en aneuvien.

Si tu trouve pas pourquoi, tu peux ouvrir le spoualère (à poils) :

ărdysmíhat:
 

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Lun 12 Sep 2016 - 23:49

Georges continuait à consulter son livre, son verre à moitié rempli sur la table , lorsqu'une femme lui demanda si elle pouvait prendre la chaise en face, l'estaminet étant pas mal rempli à cet heure, les gens sortaient de travailler et venaient pour se détendre un peu. La femme était assez belle, les cheveux bouclés noir-jais, ce qui contrastait avec une peau dont le teint pourrait faire concurrence avec la couleur de certaines voitures, les ambulances, notamment. Le contraste était même amplifié avec un rouge à lèvre d'un vermillon assez soutenu, de la couleur de son trois-quarts ciré. Elle commanda sa boisson : un sirop d'orange lacté (lakœjvad, en aneuvien du pelljant) : curieux. Georges ne savait même pas que ça pouvait exister. Georges n'avais pas vraiment envie de l'aborder, ne sachant pas trop à qui il pourrait avoir affaire. Il avait eu le temps de lire que des femmes assez distinguées invitaient des messieurs seuls dans des restaurants de Lixeψestrevelle ou de Knechlastvenege, et qu'au moment de payer l'addition (astronomique) les cartes bancaires de ces dames ne marchaient pas et que par hasard, elles n'avaient pas un autre moyen de paiement. Georges craignit qu'il ne tombât sur ce genre d'entraîneuse... mais non : la femme demanda de payer sa curieuse orangeade au serveur. Puis
— Or gœnes ep ùt alj?
— Qib?
— Or don't speak aneuvian?
— Anglais non plus, en aneuvien, je commence un peu à me défendre.
— Vous pâârlez fronçais : moi, un peu, mais pârlez pas trop vite. Vous reprenez un ôôtre boisson ?
— Oh, pourquoi pas. Je finis celui-ci et, je prends le même.
La femme demanda à Georges ce qu'il faisait à Hocklènge. Même s'il ne pût pas faire trop d'étincelles en aneuvien, il pourrait avoir un travail d'exécution pas trop porté sur la communication. Il répondit qu'il était en vacances et qu'il faisait un peu de tourisme en Aneuf, pays qu'il découvrait.
— Et vous, vous travaillez dans quoi ?
— Je suis prostitwée.
Georges eut un léger sursaut.
— Ne vous en fêêites pas ! Je ne vais pas vous monger, ni même vous demonder de me suivre sur mon lieu de trâvâil. Je m'octroie une pause, j'ai bien le drouât, non ?
— Mais certainement, je ne suis pas votre patron. Et d'ailleurs, ça me regarde sans doute pas, mais votre patron...
— Je n'ai pas de patron : on travaille à six femmes et deux hommes dans, comment appelez-vous ? Une co-op... une bouâte ou les ouvriers sont eux-mêmes patrons. Ça se fait bien, dans les entreprises de service à la personne.
— Vous faites aussi du service à la personne ?
— Je vois que vous êtes européen, fronçais peut-être, si çâ se trouve, et que vous n'âvez pas notre, comment disons, optique de vie. Ici, la prostitution, c'est un service. Je trouve ridicule l'expression que vous dites des prostitwés. Nous ne vondons pas notre corps, nous nous en servons pour effectwer une âctivité sexuelle, et comme toute âctivité présontée comme service mérite sâlaire, eh bien...
— Effectivement, je ne l'avais pas vu sous cet angle. Mais, je ne vais pas trop discuter là d'ssus, vu mes habitudes, je vais encore faire des gaffes monumentales, et je ne voudrais pas vous vexer.
— Vous, au moins, vous êtes un geontilhomme. Pârce que j'en ai ontondu des sévères, vous sâvez. Mais ici, tout le monde nous connaît, que ce soit ici, à Astskovaan, ou bien dans notre fief, à Kastenexhelle. Vous n'êtes pas obligé, mais si vous voulez, passez nous voir un soir, voici la carte de notre maison. Kàpdak! E dhep pagen! Med lakœjvaż ea't lymòns àt Eddaken*. Âllez, faut que j'm'en âille ! » et elle posa un léger baiser sur la joue gauche de Georges, juste sur le coin de la bouche.

Lequel se dit que la publicité pour le service était diablement plus distinguée que ce qu'il connaissait en France, que ce soit en Touraine ou à Paris. Malgré les heures voluptueuses qu'il avait connues (gratuitement) à Sebrelet, il se promit d'aller un soir s'encanailler un peu à Kastenexhelle.



*Patron, j'vais payer ! mon orangeade et le citron du monsieur.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 13 Sep 2016 - 20:39

C'est le français avec l'accent Anoeven, té !
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 13 Sep 2016 - 21:24

odd a écrit:
Comment as tu bâti l'accent aneuvien de la dame quand elle parle français...
Un peu au pif, et en me trompant, en plus... mais c'était pas facile à transcrire. L'accent que j'ai décrit était plus malyrois que santois.  Ce qui n'est pas bien grave, les deux provinces sont limitrophe. Si j'avais vraiment voulu retranscrire l'accent du Pelliant, ça n'aurait pas été évident, car les A sont en général prononcés [ʌ], et ce son-là, on l'a pas chez nous.

Du coup, j'ai créé une espèce de "potage xeniforme" (l'art, selon moi d'imiter un accent). Y a un autre accent aneuvien qui est assez difficile à retranscrire en français, c'est celui d'Æstmor, avec les A très antériorisés, quasiment des [æ], surtout dans le nord de cette province. Ça donnerait (approximativement, bien sûûr) : Je dwè m'an èller, jé né peux pas mé permettre de rèté le train).

Je compte sur votre indulgence : la phonologie et l'orthographe française sont très différentes.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 13 Sep 2016 - 21:42

bedal a écrit:
C'est le français avec l'accent Anoeven, té !

L'accent malyrois, plutôt. L'aneuvien standard connaît le son /ã/ et n'a donc pas de raison de dire "fronçais" et "demonder". Mais peut-être /fʁrãnse/ et /dǝmãnde/, puisqu'en aneuvien les voyelles nasalisées sont toujours suivies d'une consonne nasale...

De même, l'aneuvien distinguant nettement les /a/ antérieurs et postérieurs, l'accent aneuvien commun, non-dialectal, ne donnerait pas "pâârler", mais /paʁle/, comme en français standard, mais en accentuant la première syllabe : /paʁle/...
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 13 Sep 2016 - 22:07

Entendus du Québec, tous les Français disent fronçais et parlent du bran d'herbe...


Dernière édition par Silvano le Mar 13 Sep 2016 - 22:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 13 Sep 2016 - 22:14

Silvano a écrit:
Entendus du Québec, tous les Français disent fronçais et parler du bran d'herbe...

Y a pas que outre Atlantique qu'on pense ça... ça m'irrite les oreilles aussi ^^

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mar 13 Sep 2016 - 22:32

Vilko a écrit:
De même, l'aneuvien distinguant nettement les /a/ antérieurs et postérieurs, l'accent aneuvien commun, non-dialectal, ne donnerait pas "pâârler", mais /paʁle/, comme en français standard, mais en accentuant la première syllabe : /paʁle/...
Certes oui, à ceci près. Y a, en aneuvien, le verbe pàrl (avec un accent gauche) qui signifie "discourir" et dont la prononciation est bien comme tu dis, avec un A antérieur (très antérieur, même, au nord de Krabsky, en Æstmor : [æ]). Mais le A standard aneuvien est central, comme le A portugais ou le U anglais de cup : [ɐ] ou bien [ä].

Le A standard (sans diacritique) est postériorisé ([ɑ]) au Malyr, antériorisé en Æstmor. Par contre, à l'exception du À du Nobenkost estmorien, les lettres diacritées retrouvent leur prononciation standard ! C'est étrange, mais, bon, c'est quand même une règle fluctuante.

Un autre problème de l'aneuvien des Santes : c'est la confusion entre le A et le Ă sans accents toniques : ils sont confondus : [ʌ].

Bon, j'vais arrêter là la description des dialectes de l'Aneuf. Vous pouvez toujours m'en parler dans le fil "deux environnements" (je réserve "aneuvien" à l'aneuvien standard, quant à l'histoire de Georges, qui a commencée en avion, elle digresse un peu du transport (encore qu'on a eu droit aux transports charnels Razz ). Mais patience : Georges va bientôt reprendre le train).

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mer 14 Sep 2016 - 1:09

Il n'allait pas se rendre à Kastenexhelle ce soir, mais le lendemain soir, le surlendemain, il allait prendre un train en direction de Nakol, encore un train de nuit, pour économiser une nuit d'hôtel. Le soir, à l'hôtel, il téléphona à Tours.
— Ben alors, ça fait quand même un certain temps qu'on n'a plus de tes nouvelles, on commençait à se faire des ch'veux blancs.
— Tu te rappelles bien que j'avais dit que j'allais à l'aut'bout du monde, au delà de la Polynésie.
— Oui, je m'rappelle bien : dans ton pays qui n'existe pas ; c'est quoi, déjà ?
— L'Aneuf. Eh bien j'y suis.
— Non ?
— Eh si ! Tu ne vas pas me faire croire que...
— Tiens, attends un instant, j'allume la télé, tu entendras bien que... »
Georges posa le combiné et alluma le poste : c'était le journal télévisé de PelljaṅTV, puis il saisit le combiné, qu'il approcha des hauts-parleurs :
— Alors, tu entends bien que...
— Mise à part ta voix, je n'entends qu'une espèce de zonzonnement très aigu.
— Je ne peux pas mettre la télé plus fort, à cause des autres chambres d'hôtel. Est-ce que tu peux allumer la télé, de ton côté ?
— Mais elle est déjà allumé.
— Mets le téléphone en face. »
Chez les parents de Georges, la chaîne suivie était France 3 Centre, mais Georges ne l'entendait pas davantage ; en revance, il entendait une espéce de bourdonnement très grave.
— Tu rentres quand ?
— je sais pas, sans doute une grosse semaine. Il faut que je repasse à Francfort. Après j'essaierai d'avoir un train ou un avion pour Tours.
— Donnes nous quand même un peu des nouvelles de temps à autres.
— J'y manquerai pas. À bientôt, m'man, bise à papa.
— Allez, j't'embrasse. Prends soin d'toi.
Georges raccrocha et trouva bizarre qu'aucun son autre que sa voix et la voix d'un proche (sa mère) ne pussent passer par le téléphone. Le signal était pourtant clair. C'était déjà bien qu'il pût avoir la communication. Il l'avait pas été tellement optimiste à ce sujet, raison pour laquelle il avait un peu tardé pour appeler.

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mer 14 Sep 2016 - 1:43

on peut passer un coup de fil entre deux mondes différents ?? Shocked Razz

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MessageSujet: Re: Moyens de transport   Mer 14 Sep 2016 - 10:31

Pourquoi pas ? Après tout, le douanier avait l'air de connaître la porte de Francfort, l'idéomonde de l'Aneuf a donc peut-être des solutions techniques à ce problème.

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