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 Erklís (erkelais)

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Kotave



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MessageSujet: Erklís (erkelais)   Sam 23 Aoû 2014 - 22:33

L'Erkel, pays où est parlé l'erkelais, a pour devise depuis l'instauration du sommysme comme religion d'État :

Qui ghyed em Ænester
[kwi gjɛd ɛm ɛj'nɛsɚ]
c'est-à-dire :
"Que nous guide l'Élévation"

En guise d'introduction à ce saint idiome, je vais aujourd'hui décortiquer cette simple phrase.

Qui

Sa proximité orthographique avec le "que" subjonctif français n'est qu'un hasard (enfin, je crois). Le qui erkelais est en fait un auxiliaire, dont l'infinitif est quer et qui vient du latin queo ("pouvoir"). Le subjonctif ayant vite fusionné avec l'indicatif en nouveau-latin (d'où provient l'erkelais), le besoin d'exprimer ses souhaits, ses désirs ou ses volontés s'est rapidement refait ressentir. Ces braves Nouveaux-latins finirent répondre à ce besoin par l'emploi exclusif de ce vieux verbe (perpétué dans leur dialecte), à la manière du "puisse..." français. Sa conjugaison dans la langue contemporaine est, au présent :
quee, ×, qui(t), quims, quic, quint
("puissé-je, ×, puisse-t-il, puissions-nous, puissiez-vous, puissent-ils")
Sa conjugaison diverge grandement de celle des autres verbes. Pour un régulier comme wen (venir), on a plutôt :
wene (wen'íu), (ul) wens, (ellu/o) went, gen wen, vy wen, elli/a wen
(je viens, tu viens, il/elle vient, nous venons, vous venez, ils/elles viennent)*
L'emploi du pronom pour les trois premières personnes relève de la volonté d'une intensification (tempérée par un rejet du pronom après le verbe dans le cas d'íu, afin de dévier toute accusation d'égocentrisme).
Pour la deuxième personne du singulier au volitif, on emploiera simplement la racine verbale nue, accompagnée la plupart du temps d'un point d'exclamation. Wen au volitif donnerait donc :
quee [e:] wen, wen (!), qui wen, quims wen, quic [kwits] wen, quint wen
Que je vienne, viens, qu'il vienne, venons, venez, qu'ils viennent
Le -t final de qui(t) n'est apposé que si le mot suivant commence par une voyelle, il n'est donc pas nécessaire ici.

Ghyed

C'est un verbe en consonne, qui se conjugue donc comme wen. Son infinitif est ghyedér, son passé ghyedæ, ghyedebs, ghyedeft, gen/vy/elli/ella ghyedev, son infinitif passé ghyedevér, son participe actif ghyedent. Sa seule irrégularité est au participe passif : ghyes. Les formes composées - futur, passif, parfait - seront abordées plus tard. Il a bien sûr la même origine que le français "guider", et ne fut pas apporté par les Nouveaux-latins (qui utilisaient rekt) mais par des colons romans et germaniques, après-coup.

Em

Em est le régime de gen (nous), lui-même du latin gens, ayant subi à peu près la même évolution que le portugais brésilien a gente (si je ne m'abuse, mais la seule Brésilienne que j'ai eu le loisir de rencontrer sembla m'approuver lorsque je lui posai la question). Il s'agit en fait (comme c'est le cas pour la plupart des pronoms régimes) de l'ancien terme médéléen pour "nous".
Voici le tableau des pronoms personnels (qui risque toutefois de subir des modifications) (le régime regroupe l'accusatif et le datif) (je remercie Pomme de terre, à qui j'ai volé sans scrupule ses trois génitifs) :

NominatifAccusatifDatifConstitutifPossessifGénitif
1PSíumigmigmudíuemig
2PSultigtigtuduletig
3PSellu/olu/ohighudellu/aelu/o
1PPgenememnosterdanyeny
2PPvyososwesterdavyevy
3PPelli/ali/aarlordelli/aeli/a
Réfléchisigsigsudasigesig
Réciproquesezigsezigsezùdasezigesezig

Le constitutif est l'équivalent du génitif inaliénable : mu mano (ma main)
Le possessif relève de l'appartenance et, naturellement, de la possession : skyav díu (mon esclave).
Le génitif désigne surtout une relation : skol emig, avion emig (mon école, mon avion)

Ul, ha, em, os et ar étaient respectivement les formes médéléennes de la 2PS, 3PS, 1PP, 2PP et 3PP. "Je" s'y disait wot, et les personnes réfléchie et réciproque étaient rassemblées en un aha.

Le pronom personnel complément d'objet n'est positionné après le verbe qu'au volitif. "L'Élévation nous guide" se dit donc Ænester em ghyedt ou Em ghyedt Ænester.

Ænester

Il est composé d'æné (élever), et du suffixe d'action -ster, souvent utilisé avec ces verbes. Son pluriel est ænestra [-'ɛstra].
Æné vient lui-même d'æn (élever), la nuance donnée par le suffixe  étant celle d'un sens "figuré". Æn signifie aussi "haut" (altus a pour sa part donné ald (vieux)).
L'article défini erkelais (el) est rarement utilisé, et est dispensable ici.

* la distinction entre ellu et ello ainsi qu'entre elli et ella et celle d'un animé/inanimé, pas d'un masculin/pluriel
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Erklís (erkelais)
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