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 Les paronymes

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Les paronymes et vos idéolangues
Vous les évitez autant que toutes sortes d'homonymes (parfaits, homophones, homographes)
14%
 14% [ 3 ]
Vous les acceptez, bon an mal an, mais vous n'en abusez pas.
67%
 67% [ 14 ]
Vous les choyez, pour des raisons diverses (à évoquer).
19%
 19% [ 4 ]
Total des votes : 21
 

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Anoev
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MessageSujet: Les paronymes   Mar 8 Juil 2014 - 22:02

J'ai trouvé quelques inters sur les paronymes, mais elles étaient bien mal placées, dans un sujet sur les nombres. J'aimerais rouvrir un peu le sujet, en commençant par un sondage. Après quelques réponses, je développerai pourquoi j'ai laissé une place de choix à ces mots voisins, mais différents.
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Silvano



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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mar 8 Juil 2014 - 23:15

od² a écrit:
En idiolinguistan les paronymes sont impossibles, si ça se ressemble à l'oreille, c'est que ça se ressemblera quant au sens...

Des exemples?
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tan



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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mar 8 Juil 2014 - 23:32

J'en ai quelques uns, notamment des adverbes :
- ante /ante/ : devant; añte /ɑ̃nte/ : avant
- inter /inteʁ/ : entre; ŭnter /ynteʁ/ : entre, parmis

La liste va certainement augmenter à l'avenir.
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mar 8 Juil 2014 - 23:35

Ah! ¡Degli parinams! À force de noter mon vocabulaire sur des feuilles éparses, j'ai fini par avoir deux, voir trois fois les même termes… J'essaye tant bien que mal de les placer dans des quasi-synonymes mais j'ai parfois du mal, et me retrouve avec certaines versions de mots que je n'utilise plus et que je retrouve parfois sur une phrase griffonée de ci de là, des hapax idéolinguistiques, en quelque sorte.
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Kotave



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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mar 8 Juil 2014 - 23:38

Citation :
Des exemples?

Toujours pas perdu espoir Wink ?
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Pomme de Terre



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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mar 8 Juil 2014 - 23:59

En moschtein j'évite le plus possible. Il y a suffisamment de combinaisons possibles et imaginables pour éviter ce que je considère comme une possible source de confusion. Malgré tout peut-être que leur nombre ira croissant au fur et à mesure de la création du vocabulaire. J'ai cependant quelques homonymes (dont certains ont été visibles ici comme nunkrankor ou leidun), crées par manque d'inspiration et qui sont fort susceptibles de changer.
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mer 9 Juil 2014 - 0:16

Plutôt qu'égrener toute une liste qui, de toute façon ne sera pas exhaustive (loin s'en faut), je préfère parler des différents types de paronymes aneuviens, avec quelques illustrations çà et là ; on tiendra compte de la prononciation de base (variantes exclues) :


  • Modification du phonème d'une voyelle accentuée*. La voyelle accentuée peut être allongée, raccourcie, antériorisée, centralisée, nasalisée etc ; kàrd vs kard, óv vs ov etc. Souvent, ces paronymies ont pour origine des mots d'origines différentes, ou bien de motivation différente (à-priori/à-postériori).
  • Remplacement de voyelle. Là, la transformation est plus radicale, puisqu'on ne transforme pas un [e] en  [ɛ], par exemple, mais qu'on met une voyelle complètement différente : foldes vs fĕldes. Commes les lettres concernées ont des timbres complètement disjoints, la transformation (rare, quand même) peut se faire sur des voyelles non accentuées. .
  • Changement d'accent tonique : pour des mots aux sens voisins ou présentant une certaine analogie, comme dokúment & dokumènt ou bien lymònad & lmonad.
  • Modification d'un phonème consonnantique : hrobon & hropon, pour deux acceptions du terme "gracieux", ou bien cet autre : lip, à postériori direct, signifiant "gras", de lhip /ɫip/, à-postériori très indirect, transformation de div (dieu), par l'entremise du vadora.



*Par contre, j'évite au maximum de tabler la différence entre deux mots sur une voyelle non accentuée ! J'évite aussi les homographies sur un mot entier (nous portions des portions) et on ne trouvera pas en aneuvien un bilut prononcé /bilut/ et un autre prononcé /bilyt/ malgré l'anomalie du U non accentué.


Dernière édition par Anoev le Ven 11 Nov 2016 - 2:13, édité 2 fois
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Mardikhouran



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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mer 9 Juil 2014 - 0:25

Au hasard de la création, le greedien ancien se voit ajouter quelques paronymes et homonymes, ceci en raison bien sûr de sa tendance à la monosyllabe (toutefois moins forte qu'en chinois, qui de plus est limité quand aux finales syllabiques potentielles).
Je me souviens cependant de li "avec, par, et, comment ?", pour lequel j'ai créé un homonyme parfait ("dos"), anticipant le moment où j'aurai épuisé toutes les combinaisons CVC possibles (anticipation confinant à la science-fiction, vu qu'il y en a potentiellement 6060...).
Il y a cependant des suffixes et des mots combinatoires victimes de l'allophonie :
--gu "après, devant" a la forme -ku après une consonne sourde. Ku est le mot pour "partie, individu". Ajoutez à celala propension des noms à servir de verbe et vice-versa, et vous avez des paires comme yosku "découvrir par hasard" et yos ku "profondeur du regard", tous deux basés sur yos "voir/pupille". Seul l'accent secondaire sur la première syllabe du second syntagme permet de les distinguer à l'oral.
-Ri signifie "manger" et le suffixe -ri dénote un outil. On ne peut les distinguer dans les composés que lorsque le premier terme se termine par une voyelle : dans ce cas "manger" devient -yri. Je n'ai pas encore créé de mot pour exemplifier, désolé.

_________________
Etal-mei upʉra ! Aaaaa uʰpsa
PRS-manger=1s Ubyr INTERJ PRS-douloir
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mer 9 Juil 2014 - 0:31

J'ai dû répondre l'option 3...

En rémaï, les signes qui composent le mot construisent la définition du mot.
Donc si deux mots se ressemblent, c'est qu'ils ont des points communs dans leur définition.
Les paronymes ne sont donc pas des accidents ou des erreurs, ce sont des évènements logiques.
Maintenant je ne les choie pas particulièrement.

***edit***

d'un autre côté, j'ai passé beaucoup de temps à ajuster les prononciations possibles des consonnes et voyelles pour que l'oreille puisse les discriminer le plus possible.
Donc j'aurais pu aussi choisir l'option 1, j'essaie de les éviter ?

***fin edit***

***

Si deux mots ont une voyelle en commun, c'est qu'ils sont de la même classe grammaticale.

JEI (individu), WEI (vêtement), KEI (outil)... tous des objets (noms communs).
JOI (nom étranger au rémaï), WOI (nombre d'objets), KOI (prix de vente d'un objet)... tous des adjectifs.

***

S'il s'agit d'un mot de plusieurs syllabes, la voyelle en commun indique qu'ils sont construit à partir des mêmes classes grammaticales.

KAONOUJEIKI, la question d'un enfant (conclusion en AO + liaison en OU + objet en EI + indice utile en I).
KAONOUJEITI, la question d'un adulte.
NAONOUJEIKI, le "non" d'un enfant.
NAONOUJEITI, le "non" d'un adulte.
NAOSOUJEIKI, le "non" causé par un enfant.
KAOSOUJEITI, la question causée par un adulte.

***

S'ils ont des consonnes en commun, il y a bien une idée partagée (la forme primordiale) mais elle est délicate à exprimer en français.
Chaque consonne possible s'oppose en sens aux 11 autres, donc KA ou GA ne peut avoir le même sens que TA ou DA par exemple.

Tout ce qui commence par ou contient un J/Y a rapport avec une ligne (une forme allongée).
Tout ce qui commence par ou contient un W a rapport avec un cercle (un rond,une courbe).
Tout ce qui commence par ou contient un K/G a un rapport avec une pointe (flèche, dent, scie).

***

S'il y a une ou plusieurs syllabes en commun, c'est que les deux mots contiennent les mêmes mots élémentaires.

Voir exemples plus haut.

***

Tous les mots rémaï s'orthographient d'une manière unique (la suite de signes hauts et bas qui les composent).
Si tous les signes sont identiques, c'est le même mot. Si un signe ou plus est différent, c'est un mot différent.
Il peut y avoir plusieurs prononciations pour un même mot, mais il n'y a pas en théorie deux mots différents qui ont exactement la même prononciation.


Dernière édition par Greenheart le Mer 9 Juil 2014 - 0:34, édité 1 fois
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mer 9 Juil 2014 - 0:34

Mardikhouran a écrit:
-Ri signifie "manger" et le suffixe -ri dénote un outil. On ne peut les distinguer dans les composés que lorsque le premier terme se termine par une voyelle : dans ce cas "manger" devient -yri. Je n'ai pas encore créé de mot pour exemplifier, désolé.
Chez moi aussi, certains mots deviennent des affixes, mais comme ils sont collés à d'autres mots plus ou moins longs, on ne peut plus guère parler de paronymie, encore que :

àr tænde • ol àt qbarmàkiv = les arbres sont autour de la pharmacie.
ar • àt olqbarmàkiv = ils sont à la parapharmacie.
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mer 9 Juil 2014 - 1:02

od² a écrit:

C'est le principal de la critique de Couturat aux langues a priori (les espérantistes sont toujours les premiers critiques sur les autres langues construites...):
Citation :
... Or l'on peut soutenir, sans aucun paradoxe, le principe contraire : plus deux idées sont semblables, plus les mots qui les expriment doivent être différents. En effet, plus le sens de deux mots est voisin, plus on est porté à les confondre...

C'est précisément ce principe qui est inepte : dans l'immense majorité des cas, lorsque vous entendez deux mots A et B qui se prononcent de la même manière, il s'agit bien du même mot dans les deux cas, donc de deux mots strictement de même sens car A=B. C'est même le principe d'une langue : quand vous entendez quelqu'un dire A, vous devez comprendre A et non B, C, D etc. Sinon, vous obtenez un quiproquo - ce qui est drôle dans une comédie, mais dans la réalité beaucoup plus risqué : quand votre interlocuteur ne vous comprend pas, il invente ce qui l'arrange ou alors se met en colère et peut croire que vous êtes malhonnête, fou, vicieux etc.

Et Couturat n'a pas du tout été suivi dans l'histoire des langues, dans son idée d'utiliser des mots de sens voisin le plus différent possible : les mots qui ont des racines / suffixes / préfixes communs ont forcément des idées ou définitions proche : "possible", "impossible", "risible". Donc une immense majorité de mots qui ont un sens voisin ont bien des sons articulés en commun.

La vision de Couturat semble d'ailleurs impliquer que les syllabes ou les lettres composant un mot ont été choisie au hasard ou par une autorité qui ne tiendrait aucun compte de l'histoire ou de la prononciation des mots. En fait les mots se construisent sans l'aide de personne au contact les uns des autres, et s'éliminent quand ils sont trop incompatibles.

En effet, un mot mal construit, mal choisi (typiquement un acronyme, un diminutif, un mot importé), est naturellement chassé des conversations (puis en conséquence des dictionnaires) quand il sabote la phrase dans laquelle il est inséré, soit en causant systématiquement un quiproquo, soit par qu'il est déplaisant (de manière mécanique ou bien aux oreilles), qu'il s'insère mal dans la phrase ordinaire, ou parce qu'il est trop proche au son d'un mot de sens différent utilisé dans le même contexte, ce qui est très ironique mais très logique : en voulant créer un mot différent au son, on se retrouve presque toujours avec un doublet car le nombre de sons différents à l'oreille que peut produire une gorge humaine est limité.
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Ziecken
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mer 9 Juil 2014 - 9:58

(Je replace le message au bon endroit)

En elko, les paronymes font partie intégrante de la morphologie de la langue.

Comme beaucoup le savent sûrement déjà, l'elko utilise des clés pour construire son vocabulaire. L'étymologie de ces clés répond à deux exigences :

 Like a Star @ heaven La thétymologie (néologisme propre à l'elko et au kelep) : Les clés proviennent du nom dse divinités de toutes les mythologies à travers le monde. ex : REN (paix) de Eiréné déesse de la paix dans la mythologie grecque.
Like a Star @ heaven La paronymie (dont il est question dans ce fil) : toutes les clés sont liées les unes aux autres par un rapport de forme et de sens. En elko, deux clés sont paronymes lorsqu'en changeant une lettre on obtient une nouvelle clé au sens proche. Ex : REN (paix) → RES (guerre) de Arès dieu grec  de la guerre

Si la paronymie était concrétisé par une ficelle et que chaque clé l'était par un petit bout de carton. En prenant n'importe quelle clé, toutes les autres lui seraient liées directement ou indirectement par paronymie.

_________________
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Kotave



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MessageSujet: Re: Les paronymes   Mer 9 Juil 2014 - 20:12

Si, beaucoup. En farfouillant une minute ou deux, j'ai trouvé par exemple NUN (néant) et NUB (champignon) qui n'ont pas grand chose à voir.
En revanche, comme l'a expliqué Ziecken, l'elko forme certaines de ses clés par paronymie. Il me semble que NOW (substance) en fait partie, formés à partir de NAW (matière) et/ou NOB (glande).
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Jeu 10 Juil 2014 - 0:20

N'y a-t-il pas une confusion dans ce fil ?
Définissons-nous le paronyme par sa proximité orthographique / phonétique ou par sa divergence de définition ?
Désolé si j'enfonce des portes ouvertes mais j'aimerais en avoir le cœur net.

Parce que l'on peut facilement tourner en rond et qualifier le même phénomène de paronyme ou de non paronyme :

Il y a toujours une divergence de définition plus ou moins grande entre deux mots, donc à partir de quel degré de divergence deux mots peuvent être considérés comme divergents par le signification. Autrement dit "Le chasseur" et "le chassé" sont-ils des paronymes ? Chassé de "le pas chassé" (pas de danse) est-il un paronyme de "pas chassé" (négation + participe passé). Je pense que ce critère est inutilisable car il n'indique aucun moyen de mesurer la distance entre deux définitions et à quel niveau de la définition la divergence d'idées doit être mesurée, ou encore quel est le taux de divergence critique (deux idées de différence ?).

Or la proximité orthographique / phonétique elle n'existe pas toujours. Elle se mesure objectivement, et semble coller à l'étymologie du mot "paronyme", "onyme" correspondant il me semble à l'idée de nom, et "par" à l'idée de déviation. Donc "paronyme" voudrait simplement dire "objet qui est nommé presque de la même manière qu'un autre", par exemple, une voiture et une toiture. Le critère serait alors seulement le nom, et pas la définition ou l'éloignement sémantique : si je peux trouver deux objets différents qui ont un nom proche phonétiquement, alors c'est un paronyme.

***

Dans ce cas, dès lors qu'une langue (construite) se propose de nommer deux objets à l'aide de deux noms divergents d'une lettre (une syllabe), alors elle utilise les paronymes. Pour ne pas utiliser de paronymes, la langue (construite) doit donc nommer ses objets à l'aide de noms divergents tous d'au moins deux syllabes.

Ce qui est un problème de combinaison : la langue peut avoir seulement n1 mot de une syllabe, n1 étant le produit du nombre de consonnes par le nombre de voyelles de l'alphabet, ou alors le nombre de syllabes du syllabaire (toutes les lettres et toutes les syllabes doivent se prononcer différemment quelque soit la combinaison).

Ensuite n2 le nombre de mots de deux syllabes est identique à n1 car sinon il y aurait forcément paronymie (une syllabe commune entre deux mots de deux syllabes). Ensuite n3 le nombre de mots de trois syllabes serait égal à n2xn1, car il n'y a qu'un seul degré de divergence phonétique. Et ainsi de suite.

***

Le problème est que très vite, les mots deviennent trop longs pour désigner l'ensemble du vocabulaire courant (un millier de mots quelque soit la langue, ce qui veut dire qu'il faut arriver à nommer au minimum mille objets d'usage courant avec chacun un nom qui diverge de deux syllabes de n'importe quel autre).

A cela s'ajoute le problème des combinaisons de mots : soit il est possible à l'oreille de distinguer la fin des mots (par exemple par un accent à l'italienne) ou par des terminaisons à la japonaise ou à la latine, ce qui implique des syllabes ou des lettres qui ne servent qu'à signer par exemple une catégorie grammaticale. Le japonais le fait presque avec ses particules ou la syllabe en U à la fin des verbes, de même le latin avec ses déclinaisons. Dans tous les cas, cela épuise encore le nombre de syllabes disponibles pour former des mots divergents d'au moins deux syllabes quand ils font deux syllabes ou davantage.

La paronymie devient alors la solution : on change la dureté des consonnes, on change l'ouverture de la voyelle, on crée des suites de consonnes, des suites de voyelles pour avoir davantage de syllabes que la seule combinaison consonne + voyelle. On crée des orthographes différentes pour la même prononciation et on demande à la population d'apprendre à écrire pour mémoriser deux images de chaque mot, graphique et sonore. Et pourquoi pas des petits dessins en plus ? Et voilà la mémoire idéographique (kanji) qui va s'ajouter à la mémoire graphique (alphabet, syllabaire) et sonore.

Et on insiste pour commencer toujours ses phrases en établissant le contexte avant de dire quoi que ce soit, parce qu'on s'est arrangé pour que dans un contexte donné (par exemple en médecine, ou en cuisine, ou lors d'un examen de conduite automobile ou encore pendant un cours de danse ou lors d'un raid militaire), il y ait le moins possible de paronymes et d'homophones.

Enfin, on peut même demander d'utiliser un langage / jargon spécifique au contexte pour contourner les homophones. Par exemple, les pilotes de lignes doivent s'exprimer dans un anglais spécialement limité pour éviter les confusions à la radio (qui dégrade le son des mots), et ceux qui doivent communiquer par radio tendent à remplacer le nom des lettres de l'alphabet par une série de noms qui s'entendent plus clairement, par exemple : Papa Tango Charlie.

Arrive alors de nouvelles limites : le degré d'illettrisme de la population - ou son degré de paresse, de fatigue, de confusion mentale - qui va saboter la mémoire orthographique, idéographique - et les défauts de prononciations (mauvaise prononciation, simplification de la prononciation, disparition des liaisons, disparition ou déplacement de l'accent tonique, accent étranger ou local, fatigue ou défaut dentaire etc.) qui vont saboter la mémoire sonore. Les paronymes deviennent alors des homonymes, et la confusion devient telle qu'il faut trouver un autre langage pour s'expliquer : les points d'exclamations et d'interrogations, ou alors les poings dans la figure (désolé, je n'ai pas pu résisté).

***

Pour référence, les définitions du Robert Brio (qui classe les mots en fonction de leurs racines, suffixes, préfixes et classes grammaticales) est :

Paronyme = presque homonyme ("éminent" "imminent").
Homonyme = qui se prononce pareil et de sens différent ("pain" et "pin")
Homographe = Homonyme ayant la même orthographe.
Homophone = qui se prononce pareil, peu importe le sens ("eau" et "haut").

Donc un homonyme est un homophone, il sonne comme le mot auquel on le compare, il n'a pas toujours la même orthographe que le mot auquel on le compare.
Donc un paronyme = presque prononcé pareil et (presque ?) de sens différent ? (la confusion dans ce fil semble venir de la position du "presque" et de la définition du mot "sens" - je préfère pour ma part raisonner avec les mots "objets" (que l'on nomme) et "noms" que l'on donne aux objets qui nous entourent ou que nous imaginons.

Comme quoi l'on n'est pas toujours aidé par les dictionnaires.
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Jeu 10 Juil 2014 - 0:46

Greenheart a écrit:
N'y a-t-il pas une confusion dans ce fil ?
Définissons-nous le paronyme par sa proximité orthographique / phonétique ou par sa divergence de définition ?
J'ai pas tout lu, mais je fais au plus court : deux paronymes ont une orthographe et/ou phonologie proche, C'EST TOUT. Ils ne sont pas nécessairement parasynonymes. "Courir" et "courrier", deux mots assez proches au niveau de l'orhographe, n'ont pas grand chose à voir au niveau du sens. "Carmel" et "caramel" non plus. Certes, il y a des paronymes qui sont aussi des parasynonymes (sauveur/sauveteur), mais c'est purement fortuit.

Qui plus est, la paronymie n'est pas une relation transitive :

peste > veste > verte > verbe > serbe > serpe > ... On peut toujours dire que la voyelle non amuïe est toujours la même, mais les consonnes ont bien changé depuis, et pourtant, à l'ordre près (mais c'est qd mm important) de "peste" à serpe, y a qu'une lettre qui a changé, mais les deux mots n'on plus grand chose de paronymes !
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Jeu 10 Juil 2014 - 2:01

En officieux, les paronymes surviennent de façon très courantes pour des raisons historiques.

al est un det.ind. désignant "tout", ale est l'article féminin. Le premier vient de l'all. all-, le deuxième des langues romanes franco-espagnoles la/la/al "la".

En officieux, il y a également nombre d'homonymes (màn veut dire "manière, manie" mais aussi "homme" et sert d'article possessif féminin) et nombre de doublets (souvent, un germanique et un latin en concurrence: vok/mit "avec", ou alors un issu d'un dérivation interne en opposition à un issu de la langue mère: déstruǧaçiòn "destruction" vient de déstruǧenren "détruire", issu de l'italien destrugere, et s'oppose à dékstrukçiòn, issu du français et du latin et de même sens)
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Ven 11 Nov 2016 - 2:22

Quelques paronymes ont été ajoutés depuis que je n'ai plus fréquenté ce fil, y a notamment
veryd & varyde* (vrai & divers/différents)
areen & arren (sable & prétendre)
klim & klỳm (amour/aimer & climat)
lek & lék (loi & droit).

La liste n'est, évidement, pas exhaustive !




*Celui-ci a remplacé l'homophone weryde.

_________________
Tev o ĕrekes ù spraċ, la stĕ nep kànertas quas o dœm, do ep kóm o adráṅtes.
Quand tu inventes une langue, on ne sait pas forcément ce que tu penses, mais on sait comment tu raisonnes.
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Ven 11 Nov 2016 - 14:09

Kotave a écrit:
Si, beaucoup. En farfouillant une minute ou deux, j'ai trouvé par exemple NUN (néant) et NUB (champignon) qui n'ont pas grand chose à voir.

En fait, c'est au sein des fiches techniques de clés (FTC) que sont listés les paronymes. Ce n'est pas en consultant les listes de clés.

En effet, les clés ne sont pas TOUTES en paronymie avec TOUTES les combinaisons approchant. Mais chaque clé contient au moins un paronyme (généralement plusieurs) avec d'autres combinaisons. Ces paronymes sont listés dans les FTC. Ces fiches techniques de clés sont consultable sur Elkodico en tapant n'importe quelle clé dans le moteur de recherche.

Par exemple : La FTC de la clé NUN (néant)

La clé ne compte que deux paronymes :

- NUP (désert) exprime la notion de désert
- SUN (négation) exprime la notion de négation

Alors que chaque clé peut potentiellement avoir jusqu'à 48 paronymes (ce qui n'arrive jamais)

Kotave a écrit:
Si, beaucoup. En farfouillant une minute ou deux, j'ai trouvé par exemple NUN (néant) et NUB (champignon) qui n'ont pas grand chose à voir.
En revanche, comme l'a expliqué Ziecken, l'elko forme certaines de ses clés par paronymie. Il me semble que NOW (substance) en fait partie, formés à partir de NAW (matière) et/ou NOB (glande).

En elko, les clés s'obtiennent de deux manières :

Arrow Par paronymie seule
Arrow Par thétymologie (clés extraites de noms de divinités, d'où elko = langue des dieux) et paronymie

La paronymie elkanne, elle, peut s'obtenir de 4 manières :

1. par inversion : NAW → WAN
2. par substitution finale : NAW → NAB, NAD, NAG, ...
3. par substitution centrale : NAW → NEW, NIW, NOW, ...
4. par substitution initiale : NAW → BAW, DAW, GAW, ...



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Anoev
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MessageSujet: Re: Les paronymes   Sam 12 Nov 2016 - 13:08

Ne pas confondre kàpret (caprice, le mot du jour chez Idéolexique) avec kapred (bouc).

Les deux viennent de kàpr (caprin, chèvre au sens général*). En italien, le nom capriccio (d'où la célèbre pizza) vient de capra (chèvre). Bref, les chèvres et les boucs ont une réputation d'animaux capricieux. Cette fois-ci, l'aneuvien utilise des termes à-postériori et ne leur rend pas justice.

On ne confondra pas non plus kàpren (caprin, l'adjectif : ùt kàpren riyd = un rire caprin) avec kàpron (capricieux).




*Celle qui donne du lait pour le fromage se dit kàprek.

_________________
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