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 Kardannais

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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Jeu 2 Fév - 9:22

Leó a dit :
Citation :
J'ai commencé la lecture du pdf.
Content qu´il te soit utile.

Pour le reste de ton commentaire :
Oui, tu mets là le doigt sur un point délicat et très problématique.
Si « j´invite à voir », je me retrouve bien souvent devant de simples notes, qui pourraient bêtement ressembler aux miennes : un truc froid, pas très bien écrit, descriptif et sans envergure. Le seul avantage est que cela devient plus facile pour le lecteur de comprendre le monde que je présente. Gros défaut à mon sens : je ne l´y emmène pas. Pour ce faire un médium est nécessaire, intermédiaire qui va présenter le monde d´un point de vue subjectif. Pour l´immersion, je trouve ça préférable. Mais il est certain que cela demande davantage d´efforts de la part du lecteur car il devra retenir des notions inhabituelles et reconstruire mentalement et personnellement ce qui n´est qu´évoqué ou suggéré dans les propos présentés de ce point de vue.
Il existe dans ce que j´écris, tout une cascade de narrateurs qui s´imbriquent les uns dans les autres de manière à expliquer 1- les sources du savoir, et 2- l´établissement de leur filiation depuis ces sources jusqu´à nous (et un « nous » qui est "plus ou moins".) À cette forme de présentation vient se greffer ma vision de ce que je propose, vision qui est elle-même structurée en plusieurs strates... Mélange de réalité, de fantasy et de semi-réalité. Même si je m´exprimais personnellement, je ne suis pas certain de pouvoir être plus clair sans de longs prolégomènes, si je puis dire.

Cela me rappelle d´ailleurs une phrase de Tolkien qui à l´époque m´avait beaucoup marqué :
« J´ai tout de même peur que la présentation ne demande beaucoup de travail. […] Aucun mécanisme simple, comme un voyage ou une quête, n´est disponible. » cf : Le Livre des Contes Perdus, p12.

Je ne me place évidemment pas à son niveau, mais je ressens tout à fait l´esprit de la phrase – surtout lorsque l´on lit l´histoire d´Eriol ou Ælfwine et que l´on voit les mécanismes mis en œuvre pour y parvenir... malheureusement sans succès. Et je me pose donc souvent la question de savoir si ce lien est si utile que cela ...

En tous les cas, un vif merci pour tes commentaires et tes appréciations, qui sont naturellement toujours les bienvenus.
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Mer 8 Fév - 21:34

Cela n’avait pas été ajouté, car surchargeant un texte déjà bien lourd. Mais il me semble que cela manquait à cette présentation : l’explication de comment j’opérais la traduction du français vers le kardannais.
En plus d’expliquer dans les détails le mécanisme de la langue, cela permettait aussi d’avoir une première approche de la syntaxe.

Mais la traduction n’est pas un de mes domaines de prédilection et la langue kardannaise n’est pas vraiment ce que l’on pourrait définir comme fixée. Il est donc fort probable que vous découvriez des inexactitudes, des erreurs et des contradictions.
N’hésitez pas !
Je serais ravi de pouvoir en discuter histoire d’améliorer la langue.

Je reprends maintenant les traductions dans leur ordre d’apparition, histoire en fait d’aller du plus simple au plus compliqué.

1-
Le Pré-désastre Ænotien :

Il s’agit ici d’un nom de période historique, comme pour nous les Trente Glorieuses.
Pour cette raison, l’article défini figure en tête de cette période historique.
Comme désastre est du féminin, l’article défini sera "eb".

Pré est en kadannais un suffixe, qui se dit "-iŋ". Il vient donc se coller au mot désastre pour donner : le désastre-pré, soit "Eb Xæt’kpaäŕiŋ".

Ænotien est l’adjectif pour Ænotis.
Ænotis se dit "Kmalën". Ce substantif est féminin.
On forme généralement un adjectif dérivé d’un substantif en lui accolant un suffixe. Ce suffixe possède un terminaison en "-e" pour un nom féminin et en "-a" pour un nom masculin.
"Kmalën" est féminin, donc terminaison en "-e".
"Kmalën" se termine lui, par une consonne : "-n". La construction impose donc de mettre un "-b", terminé d’un "-e", soit "-be", ce qui donne : "Kmalënbe".

Comme le lien entre désastre et Ænotien est direct, il ne se trouve aucune particule de liaison...
Normalement, un cod est toujours écrit seul... sauf si la syntaxe le déplace dans la phrase.

Nous obtenons donc :

« Eb Xæt’kpaäŕiŋ Kmalënbe »

Si en français l’usage de la majuscule – bien que parfois flottant – est nécessaire pour le titre d’un événement (la Grande Guerre, par exemple), j’avoue que je n’en suis pas du tout certain pour le kardannais.
Je l’ai mise d’office pour que l’on puisse le détacher du corps du texte et que l’on en sente l’importance d’avec, par exemple : (le temps de) la cueillette des cerises.

Si je devais être rigoureux et me pencher sur ce problème, j’aurais tendance à dire que "Eb" ne prend de majuscule qu’en début de phrase ou entre crochets ; que "Xæt’kpaäŕiŋ" en prend une systématiquement ; et que "Kmalënbe", de fait, n’en prend pas car subordonné à "Xæt’kpaäŕiŋ", la majuscule du premier retombe sur, ou englobe, naturellement le second.
Cela devrait donc donner pour un titre, une citation ou un en-tête :« Eb Xæt’kpaäŕiŋ kmalënbe »


Prononciation :

[ɘb χɛt’kpɑɑˑʁɨŋ kmɑlɘːnbɘ]

Le "eb" est sec... Je crois que l’on peut lui attribuer un coup de glotte en début de phrase.
L’accent tonique va se trouver sur la première syllabe et le a long du premier mot, et sur la deuxième syllabe du deuxième mot.

À suivre...
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Leo



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MessageSujet: Re: Kardannais    Sam 11 Fév - 18:38

Akorion a écrit:
Cela me rappelle d´ailleurs une phrase de Tolkien qui à l´époque m´avait beaucoup marqué :
« J´ai tout de même peur que la présentation ne demande beaucoup de travail. […] Aucun mécanisme simple, comme un voyage ou une quête, n´est disponible. » cf : Le Livre des Contes Perdus, p12.
Il faut peut-être créer différents points d'accès pour différents types de lecteurs car l'inventeur, qui est au coeur de l'ouvrage et navigue à volonté (plus ou moins), ne pourra pourtant jamais exprimer tout ce qu'il voit dans son ensemble. Sur d'autres forums de conworlding j'avais essayé de lancer des discussions sur ce sujet et d'inciter à inviter au voyage par différents chemins, mais c'est titanesque.

J'avance lentement dans le document. J'ai une question sur l'aspect verbal cyclique, qu'on utilise dans la phrase "L'eau coule sous le pont" pour indiquer que l'eau se renouvelle. Mais pour traduire "La rivière coule sous le pont", est-ce qu'on utilisera aussi le cyclique ou bien l'intemporel? Ici l'aspect verbal et l'"aspect nominal" du sujet s'entremêlent. Dans le premier, l'eau est une substance, dans le second, une entité géographique.
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Lun 13 Fév - 20:45

Leo a écrit:
d'inciter à inviter au voyage par différents chemins, mais c'est titanesque.
Oui, c´est vraiment problématique... Il y a des fois où je me suis moi-même embrouillé dans mes sous-créations, lié au fait de savoir qui racontait quoi... un comble! Razz

Leo a écrit:
J'avance lentement dans le document.
C’est déjà rudement bien d’avancer... Merci du temps que tu y consacres. sunny

Pour répondre à ta question (en essayant d’être précis) :

Tout d’abord, elle m’a fait découvrir une erreur.
J’ai donné le verbe « Skwy » pour couler dans le sens de s’écouler, ce qui est faux. « Skwy » a le sens de sombrer : je coule, je me noie.
S’écouler se dit : Swawang, verbe dont la Racine-Souche est Sw, soit CC.
L’exemple donné doit donc être modifié de la sorte : «Swawangëxx ægw waw ieb tarach ».
On peut noter au passage la présence du mot eau (Waw) dans le verbe et le rappel (intentionnel ou non, mais je pense que non) du mot rivière (une nouvelle entrée qui se dit : Mp’alaŋ°) dans la terminaison du verbe, le son « ng » étant fort proche du son « ŋ ».

Ensuite, en ce qui concerne les aspects :
En fait, l’exemple type que j’aurais dû prendre est celui du jour qui se lève (mais je l’avais plus ou moins déjà donné) : tous les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Ce qui est typique, à mon sens, pour du cyclique.
Tu remarqueras, je pense, la différence d’avec l’holistique : ce dernier va décrire un phénomène qui peut être complexe et le décrire dans son entier, mais en le limitant au phénomène seul. Alors que l’intemporel ne peut ou ne va décrire qu’une partie du phénomène..., mais il sera amené à le faire sur une durée supérieure en proposant un lien d’équivalence entre ces morceaux d’événements, puisqu’il induit naturellement une comparaison ou un ordre de grandeur, ce que par nature l’holistique ne fait pas.
L’exemple de l’eau qui s’écoule est aussi, je pense, parfaitement acceptable. Mais effectivement, la question se pose : et si je souhaite exprimer autre chose ???

Si tu utilises l’intemporel pour dire la rivière coule sous le pont (ce qui se dira «Swawangloo ægw mp’alaŋ ieb tarach »), tu souhaites décrire une permanence, c’est-à-dire que quoi qu’il arrive, la rivière continuera toujours de couler sous le pont.
En fonction des circonstances, cela peut permettre d’exprimer une idée du genre : demain est un autre jour. Ce qui signifie que quoi qu’il puisse se passer : une dispute, une décision importante, un événement grave, pensons à relativiser car l’eau coulera toujours sous le pont. Je dirais que dans un tel cas, l’eau devient métaphore de l’idée.

Mais tu peux aussi vouloir dire qu’ici, l’eau ne gèle jamais, sous-entendu qu’il fait toujours beau. Ici, l’eau est une condition ou un état qui défini un lieu.

Je pense que dans l’exemple que tu proposes, l’aspect convenable est le Descriptif. Tu décris un fait simple, constatable et su de tous : l’eau, la rivière, coule sous le pont - «Swawanglö ægw mp’alaŋ ieb tarach ».

Voilà...
Je ne suis pas certain que mes réponses soient les bonnes, mais j’espère qu’elles t’auront un peu éclairé sur la nature des aspects. drunken
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Leo



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MessageSujet: Re: Kardannais    Jeu 23 Fév - 23:21

D'accord, je crois que je comprends. J'imagine qu'avec tous ces aspects on peut énormément jouer sur l'"aspect interne" que pourraient avoir les verbes (télicité, etc) et produire d'intéressantes résonnances mentales, un peu à la manière dont certains adjectifs espagnols ont deux sens complètement différents selon qu'on utilise ser ou estar. Je n'ai pas trouvé d'exemples dans le doc, ou alors j'ai mal cherché. Une chose que je n'ai pas comprise: pourquoi les "racines construites" s'appellent ainsi? J'ai l'impression qu'elles sont plutôt "reconstruites", non? Sinon, ça donne l'impression des racines des prêtres sahariens d'Edo Nyland qu'il reconnait dans toutes les langues de la planète Razz
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Ven 24 Fév - 23:42

Pour te répondre sur ces racines (mais ce terme est-il adéquat... Je me le demande de plus en plus), il y a déjà un passage évoqué dans les lexiques :

"Les langues wëmanites, les langues de ces premiers humains, et la langue de Had´Orrn (durant les premiers siècles de son existence et que nous ne connaissons pas), auraient donné des groupes syllabiques que, par ignorance, nous appelons : racines construites. Nous n´en n´avons identifiées que très peu (et presque toujours via la toponymie) et elles sont véritablement les premiers témoignages des langues des ancêtres des Kardans."

En fait, je dirais que ce terme est un terme moderne pour indiqué que NOUS ignorons ce que sont ces "racines", des groupes de sons dont l´appartenance est incertaine et que nous nommons construites parce que nous présupposons - faussement - une sorte d´amalgame issu des langues et peuples perdus.

Je pense que dans le corps du texte, l´idée est de dire que la langue de Had´Orrn n´est pas la première langue et qu´elle s´est construite sur de plus anciennes... Comme nous n´en possédons que quelques éléments, ils prirent alors le nom de construit pour indiquer leur probable origine.

Mais il est vrai que l´utilisation de reconstruite, comme tu dis, paraît bien plus pertinente... Cela n´a peut-être pas été utilisé car cela aurait alors peut-être véhiculé l´idée qu´elle existaient avant (construites - détruites - reconstruites), ce qui serait une erreur... Elles ne semblent s´être bâties qu´à partir de...

La "force" du kardannais est une certaine absence de ligne temporels, ce qui permet de "jouer énormément - il le faut - sur l´aspect interne". C´est, on s´en doute, le contexte qui l´emporte sur presque tout.

Mais je vois que tu es allé (presque?) jusqu´au bout : permets moi alors de te proclamer « Aspirant Kardannais », ce que l´on dira : Leo P´erchkiŋ cheers

Merci Leo.
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Lun 27 Fév - 19:45

2-
Les Mahrui Ayutocht’li :

Ils s’agit ici de la dénomination donnée à une espèce comme pour nous, les êtres humains.
Il devrait donc en toute logique, puisque nous pouvons considérer avoir à faire à un titre, y avoir un article défini pluriel en début de titre.
Mais la traduction de Mahrui Ayutocht’li est une sorte de périphrase qui respecte la manière dont se nomme cette espèce : "Nous sommes l’Autorité" ; ce qui suppose un verbe

En kardannais, toute phrase commence toujours par le verbe. Cette syntaxe donnera donc : sommes nous l’Autorité.

Le verbe être à l’infinitif se dit « Mii ».
« Mii » est un des verbes directeurs cités dans la conjugaison. Sa Racine Directionnelle est « mi », ce qui renvoi à la Racine-Souche « Nmi », du type CCV (consonne, consonne, voyelle).
L’aspect utilisé est l’intemporel car, tout comme pour nous qui toujours seront des êtres humains, la façon dont les Kardans apprécient les Mahrui Ayutocht’li s’inscrit dans la permanence de leur état.
La conjugaison en CCV à l’aspect intemporel se fait en rajoutant la terminaison « -l », soit « miil ».

"Nous" englobe tout le peuple des Mahrui Ayutocht’li ; il y a donc des femmes et des hommes.
Comme cela indétermine le genre, c’est le verbe qui va décider du genre du pronom personnel. Le verbe « Mii » est un verbe féminin, "nous" s’accorde donc au fémini, soit « it’oa ».

Le début de la phrase est donc Miil it’oa...

L’Autorité est un attribut d’état (me semble t-il) qui est immédiatement relié au sujet par le verbe : l’article défini la (l’) est considéré dès lors comme inutile et ne s’écrit pas. Autorité se dit « P’erekkt ».

Ce qui donne au final la traduction suivante :
« Miil it’oa P’erekkt ».

Prononciation :

[mɨɨl ɨt’oɑ p’ɘɾɘk͜'kt]

Le double k est normalement prononcé, avec un phénomène très léger de voyelle svarabhaktique, ici un e, venant s’intercaler entre les deux, et une sorte syllabisation du k et du t final.


À suivre...

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