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 Kardannais

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Akorion



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Date d'inscription : 29/01/2011

MessageSujet: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 0:25

Introduction aux langues d’Ænotis



Avant-propos


Alors que je me trouvais dans l’écriture et le remaniement de la quatrième Publie de l’Ode Llandarienne (qui concerne le Désastre Ænotien et le Grand Exil du peuple kardannais), au fur et à mesure que les races et les peuples étaient décrit, je me suis aperçu qu’il serait bon de présenter les langues appartenant à ces groupes – ce qui me permettrais par là même d’y intégrer des éléments de culture, d’art, de politique, de société, etc... – que volontairement il m’a semblé nécessaire d’occulter lors de la rédaction de l’Ode Llandarienne, car tel n’est pas son propos dans la forme que je lui donne, une forme davantage centrée sur la perspective historique (fort brève, à mon grand regret) mâtinée de linguistique.
Si l’idée m’a paru bonne, elle m’a néanmoins stoppé dans mon élan : je me voyais en train de réfléchir aux langues kardannaises alors que je me trouvais juste au seuil de la conclusion du Désastre Ænotien.
Mais l’intérêt que peut susciter le kardannais m’a semblé suffisant pour ainsi différer un texte qui sera, de la sorte, je l’espère, autrement éclairé.
L’idée est donc la suivante : donner, soit de courts aperçus tous azimuts pour obtenir une vision d’ensemble de la langue, soit, comme dans le cas présent, un point particulier sur lequel se concentrer pour, dans les deux cas, se servir de la forme que prend le langage pour expliquer la société, les mœurs, la religion, les coutumes, un fait historique, un personnage célèbre... en émaillant le tout de quelques notes bibliographiques pouvant offrir des directions de réflexions ou des indices sur la perception avec laquelle la langue peut être approchée et qui me paraissent intéressants.
Vous constaterez, bien sûr, que ces langues ne seront en fait que des ébauches, bien loin de toute idée d’achèvement. Et c’est ainsi qu’il doit en être. Je ne me propose, dans ces Chapitres, que de faire un bref et rapide survol d’une langue donnée pour en offrir l’horizon, les berges lointaines entraperçues derrière un ruban de brume, ces montagnes sauvages aux aiguilles redoutables, bien souvent inaccessibles, et dont nous ne faisons que rêver...
Mon objectif, en procédant ainsi, serait de parvenir à renforcer la vraisemblance et la cohérence d’un monde qui je l’espère saura trouver grâce à vos yeux.

Petite précision :
La taille de cette Publie dépassant mon intention première, ce sera systématiquement à la fin de chaque partie (A, B. C, etc...) que seront regroupés les références bibliographiques et les définitions afférentes à la partie concernée.
De Publie en Publie, je tenterais de conserver le même système de notation.

Bonne lecture.


Légende

* : mot défini en fin de Chapitre
« … » : traduction
[N.d.A.] : note de l’auteur, S. Lameguell
[N.d.I.] : note de l’inventeur, Akorion
00 : numéro de la bibliographie en fin de Chapitre



Introduction


Cette nouvelle Publie va essayer de présenter les évolutions de la langue kardannaise et, au travers de notes bibliographiques et de définitions parfois assez consistantes (Partie F), tenter d’illustrer l’histoire et les légendes de ce peuple.
Le but n’est pas de faire une étude détaillée des différents langages des Kardans, mais simplement d’offrir au lecteur une présentation historique succincte et une approche linguistique légère pour qu’il puisse restituer cette présentation dans son contexte et ainsi mieux parvenir à cerner la culture, le peuple, les femmes et les hommes qui ont contribué à l’Histoire kardannaise et qui sont développés au fil de l’Ode Llandarienne (voir Publie n° 4).
Cette Publie concerne donc le parler kardannais dont seule la conjugaison sera évoquée, ainsi que les formes nécessaires à son utilisation : pronoms personnels, singulier/pluriel, masculin/féminin, certains mots-liens, quelques conjonctions, ainsi qu’une note (en toute fin) regroupant les indiations nécessaires pour suivre et comprendre les traductions.

Une fois encore, je laisse la parole à Mlle Sandrine Lameguell et à son groupe de recherche dont les extraits suivants sont tirés des différents ouvrages et études publiées sur le sujet1.


Références bibliographiques

1- A consulter notamment : Sous la direction de S. Lameguell, Image of the Kardan language in Early Ænotis, Comparative Studies, Cambridge, Cambridge University Press, 1996.



Chapitre 1
Le kardannais septentrional moderne


A- Bref aperçu historique

Le kardannais, pris dans son ensemble, est la première langue humaine dont on a conservé des vestiges écrits. […] Elle est dérivée du hadornien2, langue Pré-désastre Ænotien « Eb Xæt’kpaäŕiŋ Kmalënbe » et dont nous ne possédons que des bribes forts difficiles à assembler (voir la partie F- 1.) : peu de mots sont certains, l’alphabet est inconnu (et certains chercheurs pensent qu’il n’existait tout simplement pas3) et les études diverses ne semblent finalement n’être parvenues qu’à démontrer qu’il n’y a eu aucune relation, ni influence de la part du langage des Mahrui Ayutocht’li « Miil it’oa P’erekkt » (voir la note [16], Publie n°2) avec le langage hadórrnien d’avant le Cataclysme4. [...]
Mais après les événements décrit dans le Désastre Ænotien, et le début de l’Ère des Récits* « Waek elichbe », les Seigneurs prirent les Humains sous leur protection et la langue humaine finie par s’en trouver modifiée. […] C’est ainsi que naquit le kardannais.

[…] Il nous faut néanmoins préciser que, contrairement à une idée reçue, la langue kardannaise (et son peuple) ne fut pas la seule langue humaine Ancienne*. Il a existé d’autres groupes d’Humains sur Ænotis que ceux dont s’occupèrent les Mahrui Ayutocht’li 5.
Aussi, tentons d’y voir un peu plus clair.
Il est admis aujourd’hui que le peuple de Had’Orrn formait un ensemble homogène, mais qu’au sein de cet ensemble, se présentait déjà des particularismes (régionaux ou sociaux [peut-être des castes, ou des hiérarchies basées sur le métier, la fonction sociale ou le sexe], patois ou accentuations particulières – ce qui est, dans ce cas-là, presque certains6). Or, après le Cataclysme, cette entité a éclaté et s’est retrouvée dispersée sur toute la surface de Llantíl Ménévíèl « Ap P’wubt ieb eægre Txigd ». [...] Les Ëthèldwé parvinrent à en recueillir la plupart. Mais des Disparus* demeurèrent que le peuple des Seigneurs ne put (par définition) retrouver. Il semble que ces groupes de Disparus étaient d’une taille plus réduite que le peuple principal de Had’Orrn : de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’individus. Et qu’il n’y ai pas eu plus d’une cinquantaine de ces groupes répartis sur le continent (chiffre avancé dans la théorie haute, dite de Haute Dispersion7).
Une petite majorité de ces ethnies culturelles disparurent, vraisemblablement progressivement, sans laisser de traces8. Néanmoins, certains de ces Disparus épars parvinrent à se maintenir. Ils croisèrent la route d’autres peuples, d’autres races, d’autres tribus et leur langage, qui avait déjà probablement évolué à cette époque, se modifia davantage encore suite aux pressions et/ou influences naturelles exercées par ces sociétés différentes. Et c’est ainsi que leur patrimoine culturel et linguistique se trouva radicalement modifié. [...] Et après plusieurs siècles, ceux qui finalement finirent par être (re)découvert ne voulurent pas rejoindre les « leurs », ne les considérant plus comme tels ; le temps avait fait son œuvre et des peuples nouveaux avaient émergés.
Qu’ils aient alors ou non possédé une écriture, celle-ci ne survécut pas à l’épreuve du temps et il n’existe quasiment aucune trace écrites de ces langues anciennes. Leurs évolutions successives se sont donc malheureusement perdu et lorsque de nouvelles civilisations, bien des années plus tard, apparaîtront9, ce sera sans réelle possibilité de faire le lien entre leur(s) langue(s) actuelle(s) et celle des origines.
Il existe donc un écart de quelques milliers d’années entre les premiers textes écrits en kardannais et ceux, bien plus tardifs, des nouvelles civilisations humaines qui n’auront aucun rapport direct avec la langue maternelle, en ayant bien conscience que les éléments que nous possédons sur l’ensemble de ces cultures ne nous permettent pas d’en faire une comparaison certaine. [...]

Quant au kardannais en propre, c’est l’intrusion du parler Mahrui dans la langue hadórrnienne qui – avec les modifications civilisatrices des Wëmanath « Eebe t’û Mügbo » – conduisit à la disparition de la culture de Had’Orrn et à l’émergence du peuple kardannais et de sa langue.
Après des siècles de cohabitation, les Kardans se lancèrent à la découverte d’Ænotis, tel qu’il est raconté dans le Grand Exil10 « Eb Jedbaor iaxt ». Les avanies successives liées à cet exode se ressentirent sur l’évolution de la langue et des groupes linguistiques bientôt différents finirent par naître. C’est la phase qui est dénommée par les chercheurs comme étant le kardannais transitoire*, en raison des racines qu’elle possède à la fois dans le kardannais d’origine* et dans la langue moderne*. [...]
Nous savons que les Kardans partirent vers l’Ouest, puis remontèrent vers le Nord par bateaux et finirent par s’échouer pour partie au Septentrion d’Ænotis. C’est là qu’ils bâtirent leur deuxième colonie. Bien que sur la durée cette colonie fut relativement courte, elle eut à s’opposer à des peuples Guèmbelins « Pwebwir, ou ici, Epwebwire » : la structure de la langue se renforça, se fixa, tout en intégrant des motifs étrangers, barbarismes qui en quelques générations furent assimiler par les Kardans. C’est cette pseudo-nouvelle langue qui, plus tard, sera désignée sous le nom de kardannais septentrional moderne (ou de type A, le type B étant le kardannais Ö’Kalän Mantî austral* [ou Austral, ou encore Quuéan (voir la Publie n° 2, note [24] ; la différence de traduction s’explique par le fait qu’il s’agit là de deux langues sœurs, le type A – pour la traduction ci-dessous – et le type B dans le cas présent)] et que nous allons survoler dans les pages ci-dessous.

Mais cette langue va par la suite continuer à évoluer et ce sera une langue légèrement différente qui accompagnera la suite de l’Exil des Kardans lorsqu’ils pénétreront en terre cérénédienne. Les linguistes la nomme l’intégrée*, mais on peut en trouver des références sous les noms de kardannais de Cérénédie « Iapa at Iit’kala » ou encore de type C.
Cette langue sera alors confrontée aux autres peuples déjà présents et poursuivra son évolution (il existe plusieurs déclinaisons et variantes du type C) pour finalement, tout comme les Kardans, décliner puis disparaître11.
De nos jours, nous ne retrouvons plus de kardannais que dans quelques étymologies savantes et dans de rares expressions passées de mode ou réservé à une élite cultivée.

[N.d.I. : je renvoie pour des explications plus substantielles, à la Publie n° 4 de l’Ode Llandarienne qui suivra.]


Définitions

L’Ère des Récits
Elle pourrait correspondre à l’habituel distinguo histoire/préhistoire. Mais déjà, chez nous, une telle classification – et sa définition – n’est plus tellement pertinente. Seule pourrait subsister la barrière de la date concernée. Bien que ce terme ait des significations différentes en fonction des peuples qui l’emploient, je proposerais ici l’idée d’une Histoire Post-Désastre Ænotien, Histoire qui commencerait avec la période appelée l’Ère des récits.
En ce sens, toute première année faisant directement suite au Cataclysme serait alors considérée comme l’An 1 ; étant bien entendu qu’en fonction des peuples et des localisations géographiques il puisse exister un décalage de plusieurs années entre calendriers différents et donc qu’il puisse exister des années 1 qui débuteraient à des moments différents.


Langue Ancienne
Une langue Ancienne se définie par rapport au Désastre Ænotien. Elle doit être considérée comme étant la première langue dérivée d’une langue s’utilisant avant le Désastre, ou pour le cas du hadórrnien, toutes les langues qui en sont dérivées, à partir de zones géographiques et de peuplades convenablement identifiées, se différenciant notablement les unes des autres.

Langue Moderne
On considère, peut-être un peu abusivement, que les langues modernes (pour les Humains) sont les langues apparues 2000 ans après le Désastre Ænotien. Cette indication est pratique, mais évidemment fausse. Néanmoins, pour celles et ceux qui n’étudient pas spécifiquement les langues et les peuples d’Ænotis, cette distinction suffit amplement.
Pour le cas qui nous occupe, est considéré comme langage moderne, le kardannais qui suivi Les Adieux « Iapa Ibëot’a », doux euphémisme pour qualifier la catastrophe qu’engendra un Mauve « yl Kak’atax » sur la vaste flotte kardannaise dans les mers du nord (voir la Publie n° 4). Deux langues séparées virent le jour, dont celle qui nous sert ici de référence, le Kardannais septentrional moderne.


Les Disparus
On nomme Disparus, les gens de Had’Orrn qui, après le Désastre Ænotien ne purent ou ne voulurent (cherchant leur salut (?) dans la fuite) se retrouver avec le peuple des Mahrui. D’une certaine manière, mais d’une certaine manière seulement, leurs coutumes et leurs traditions restèrent plus proches de celles de leurs ancêtres que celles des Kardans. Leur histoire est compliquée et ne sera pas abordée ici, mais elle explique en partie la survenue, bien des siècles plus tard, de nouveaux conquérants sur le sol de Cérénédie.

La Haute Dispersion
Il s’agit d’une théorie assez complexe sur les mouvements de population au sein des hadórrniens. Elle invoque une séparation lente mais continue des hadórrniens en cinq phases. Pour qu’une telle proposition fonctionne, elle augmente considérablement la taille du premier continent et suggère que sous l’apparence d’un seul peuple, les hadórrniens en formaient de fait, plusieurs. Puis elle prévoit que ces peuples, 1- avaient commencé d’ériger des "frontières" entre eux (d’où une évolution des langues) et, 2- débuté l’exploration de leur monde au-delà du premier continent. (Ici, la question de la géographie d’Ænotis d’avant le Cataclysme est posée et elle est diablement compliquée.) Ainsi, lorsque le Désastre Ænotien frappa, ces populations furent bien plus dispersée que prévu (dispersion à la fois géographique et culturelle) et que des entités structurées se mirent à exister dès la fin de la Catastrophe, avec leur langue et leur société propre, ce qui aurait pour conséquence une bien plus grande différenciation des peuples humains que celle communément admise.

Le kardannais d’origine
Langue Ancienne, issue du hadórrnien, fortement influencée de Mahrui Ayutocht’li, premier langage des Kardannais.

Le kardannais transitoire
Langue kardannaise parlée lors de la période du Grand Exil.

Le kardannais septentrional moderne
Langue kardannaise parlée après Les Adieux, sur les terres du nord de Llantíl Ménévíèl. Elle est considérée comme étant le forme la plus aboutie de kardannais.

Le kardannais Ö’Calän Mantii Austral « Eb Gok’ala mbati »
Il s’agit de la langue d’Uchéonothdíl « T’parengdatlö ab wakembo » (le refuge enneigée) pour ceux qui après le terrible naufrage de la flotte, finirent par s’échouer misérablement sur ces terres gelées. Leur langue, pour une raison inconnue, évolua considérablement et est de nos jours la dernière trace vivante du kardannais.

L’intégré
Nom donné à la forme dernière du kardannais lorsque celui-ci, en raison du temps et de l’influence des nombreuses autres langues qu’il fut amené à croiser, évolua une dernière fois, vers une simplification de la grammaire, mais une étonnante complexification de l’énoncé.

Références bibliographiques

2- Bauer Horst, Das hadórrnische Vokabular und der Versuch einer syntaktischen Rekonstruktion von den fragmentorischen Texten und den bewiesenen Inschriften, Darmstadt, 1988. [« Vocabulaire hadórrnien et tentative de reconstitution syntaxique à partir de fragments textuels et de l’épigraphie avérée »]

3- Derliot Henri, Une langue sans signe ? Le hadórrnien ou la tentative de recherche d’un alphabet via l’art mobilier, Grenoble, Presse universitaire de Grenoble, 1997.

4- Parmi les quelques études, je citerais : Déflex Pauline, Had’Orrn : un peuple, des cultures... pour une foi essentialiste indépendante, Amiens, publication de l’université de Picardie, 2006.

5- Pour une approche non scientifique, mais présentant une assez bonne compilation des données culturelles et mythologiques connues et aussi pour ses intéressantes orientations bibliographiques : Baldet-Santiel Jean-Baptiste, L’âpre recherche des Disparus : légendes et récits des premiers jours, éd. Ouest-France, 1989.

6- Hullar Michelle, La notion de patois et l’idée de régionalisme ont-elles un sens dans la culture de Had’Orrn ?, Paris, éd. Klincksiek, 1995.

7- Zientirga Louis, La topologie hadórrnienne : essai d’accréditation de la thèse de Haute Dispersion et du cheminement évolutif des langues humaines d’Ænotis à partir d’une langue d’origine, éd. Errance, 1999.

8- Reinhard Ingeborg, Die verlorenen Völker von Verschwundenen : die Hypothese der Verdrängten der Völkerwanderung von den Chk'ar-cirrek'al, verlag Herder 1991.

9- Berguères G. et Delaporte A., Les premières civilisations Postdésastre Ænotien de Llantíl Ménévíèl : des hommes face à l’Étincelle et à l’acier, éd. du Seuil, col. Point, 2002.

10- Caruel Manuella, De la naissance d’un art du voyage et d’une poétique du cheminement chez les Kardans de l’Exode, Paris, CNRS éditions 2010.

11- László Kovacz, A Hàtrai birodalom ! Egy törtenet, egy kizsákmányolt nép meghóditásáról : A Kardàn vége, éd. TÓTH KÖNYVKERESKEDÉS ÉS KIADó, Budapest, 1992 [« L’empire Hâtre : histoire d’une conquête sur les vestiges d’un peuple exsangue : la fin des Kardans »]



B- La notion d’identification racinaire12

La langue kardannaise fonctionne par identification racinaire* et c’est toujours par le verbe que la phrase commence (sauf à la forme passive où un deuxième sujet permet au verbe de s’exprimer de façon active).
Chaque verbe possède une Racine Directionnelle*, c’est-à-dire un groupe de deux lettres ou plus qui va indiquer la direction, le sens de la conjugaison en identifiant la racine.
Mais cette racine n’est pas toujours présente dans le verbe tel qu’il est utilisé, puisque lorsque l’on parle, le verbe déterminant aura déjà été altéré par le sens de la phrase. Ce n’est donc qu’à l’infinitif, la forme verbale kardannaise supposée la plus ancienne, que l’on pourra identifier et connaître la Racine Directionnelle (ce qui n’est pas tout à fait exact, mais je ne m’étendrai pas davantage).
De surcroît, lorsque l’on étudie la langue sur sa continuité historique, l’évolution permanente des verbes va modifier les anciens et de nouveaux mots vont surgir : les racines présentes à l’infinitif vont lentement disparaître. Ce qui fait qu’entre la toute fin du Moderne et le début de l’Intégré, il est préférable, si l’on n’est pas étymologiste, d’associer directement un verbe donné à sa Racine-Souche* (voir ci-dessous), et de sauter l’étape intermédiaire de la racine directionnelle. C’est l’une des évolutions qui se fera particulièrement sentir dans l’étude de l’Intégré et que nous n’aborderons pas ici.

Cette Racine Directionnelle permet d’accéder à la Racine-Souche.
Les Racines-Souches sont présentées comme étant des racines dites d’origine de la langue (parce que vraisemblablement tirées de verbes premiers issus de la langue de départ [mais pour de plus amples développement, consultez la Partie F et le lien qui unit kardannais et hadórrnien]) et qui, le plus souvent ne sont jamais utilisées telles quelles en langue parlée. Bien qu’assez nombreuses (environ 150), ces Racines-Souches restent en nombre limité et en fonction de l’aspect avec lequel le verbe va être utilisé, elles indiqueront le comportement de la Racine Directionnelle.
(D’après les études les plus récentes13, il semble bien que ces Racines-Souches, avec quelques adverbes et nominatifs de cérémonie, soient parmi les sources les plus anciennes de la conservation du passage de la langue de Had’Orrn au kardannais.)


Définitions

Identification racinaire
Cela signifie que chaque verbe est associé à une racine ancienne, même si de prime abord, cette racine ne semble pas avoir de lien direct avec le verbe.

Racine Directionnelle
C’est la racine normale du verbe (comme pour le français). Mais si cette racine peut permettre de donner l’origine du mot, et sur elle, de construire des mots nouveaux, elle sert aussi à identifier la Racine-Souche dont elle est issue. Et une même Racine-Souche peut posséder plusieurs Racines Directionnelles. (Ce qui ne sera pas présenté ici.)

Racine-Souche
Ce sont d’anciennes racines qui non seulement, ne sont plus employées en tant que mot, mais qui de surcroît ne le sont plus, non plus, en tant que racines formatrices de mots. Elles sont figées et dirigent la conjugaison des verbes. L’état actuel de nos connaissance en a identifié cent quarante-six, mais il est très probable que nous ne les connaissons pas toutes (bien que je doute fort, personnellement, que leur nombre excède les deux-cents).

Références bibliographiques

12- Dubois Jean, Les verbes féminins dans les racines maritimes, ou les évolutions marquées d’une société différenciée, éd. PUF, col. Que sais-je, 2002.

13- Wagner Marc, Langage articulé et morphologie du palais : pourquoi les racines souches sont-elles demeurées invariables ? Bulletin de l’Institut français de la socio-morphologie d’Ænotis, n°15, 2000.




C- Consonnes et voyelles

Commençons tout d’abord par un rapide tour d’horizon de la prononciation du kardannais.

Les consonnes, au nombre de 23 :


Mode et point d’articulation Consonnes Pourcentage Occurence
Occlusive bilabiale b [ b]
p [p]
4,11%
1,55%
82
31
Occlusive alvéolaire d [d]
t [t]
2,41%
3,21%
48
64
Occlusive vélaire g [g]
k [k]
5,52%
3,26%
110
55
Nasale bilabiale m [m] 4,56% 91
Nasale alvéolaire n [n] 3,16% 63
Nasale vélaire ŋ [ŋ] 1,2% 24
Fricative labio-dentale f [f] 1,45% 29
Fricative alvéolaire s [s] 2,31% 46
Fricative post-alvéolaire ch [ʃ]
j [ʒ]
2,26%
1,25%
45
25
Fricative palatale ç [ç] 0,5% 10
Fricative uvulvaire ŕ [ʁ]
x [χ]
1,55%
2,26%
31
45
Spirants labio-vélaire w [w] 4,61% 92
Battue labio-dentaire v [ṿ ou ⱱ] 1,55% 31
Battue alvéolaire r [ɾ] 2,16% 43
Spirale latérale alvéolaire l[l] 3,46% 69
Occlusive éjective bilabiale p’ [p’] 1,45% 29
Occlusive éjective alvéolaire t’ [t’] 3,11% 62
Occlusive éjective vélaire k’ [k’] 2,36% 47


Il n’existe pas vraiment de consonnes longues au sens de quantité, mais plutôt un phénomène de gémination des consonnes que l’on retrouvera dans des graphies doublées (citons Chp’ǣkk [voyager/explorer] à titre d’exemple.)
Plus fréquentes sont les consonnes combinées: deux consonnes dont les phonèmes sont raccourcis pour n’en faire presque un seul, mais presque seulement, comme « bw », « ŋg » ou « gw ». (Ce dernier, par exemple, se prononce en remplissant sa bouche d’air sur le g et en l’expulsant au moment où l’on prononce de w, le tout dans un même mouvement phonétique.)
La règle simple : lorsque les consonnes occlusives sont suvies de w, n ou v on obtient un quasi phonème, sauf lorsque ces consonnes sont précédées d’une voyelle. Et lorsque ŋ précède ces même consonnes, là encore, on a un quasi phonème. L’amuïssement se fait toujours sur la consonne occlusive.
Certains débuts de mots se font avec deux consonnes. Sauf dans les cas précités, il y a aphérèse de la première consonne (notée normalement avec une apostrophe, ce que je ne fais pas pour ne pas confondre avec les cliques).
Parfois, lorsque plusieurs consonnes se rencontrent (au moins trois, mais le plus souvent quatre, à la condition que ce ne soitent pas des consonnes redoublées), on remarque l’apparition d’une voyelle svarabhaktique (un cas d’anaptyxe) et c’est en général un e ou un a. Ce son sera noté '.
Néanmoins, de telles considérations phonétiques, pour intéressantes qu’elles soient, dépassent le cadre de notre propos et ne serons pas (ou fort peu) indiquées par la suite14.


Les voyelles, au nombre de 7, ou de 17 :


Aperture et profondeur d’articulation Quantité Voyelle Pourcentage Occurence
Fermée centrale Bref i [ɨ]
u [ʉ]
5,22%
2,11%
104
42
Mi-long ï [ɨˑ]
ü [ʉˑ]
0,5%
1,2%
10
24
Long î [ɨː]
û [ʉː]
0,75%
0,35%
15
7
Mi-fermée centrale Bref e [ɘ]
y [ɵ]
7,17%
2,36%
143
47
Long ë [ɘː]
ÿ [ɵː]
1,35%
0,25%
27
5
Mi-fermée postérieure Bref o [o] 5,72% 114
Long ö [oː] 1% 20
Mi-ouverte antérieure Bref æ [ɛ] 3,46% 69
Long ǣ [ɛː] 0,4% 8
Ouverte postérieure Bref a [ɑ] 6,87% 137
Mi-long ä [ɑˑ] 0,55% 11
Long â [ɑː] 1,3% 26


[N.d.I. : je voulais œ (pour prononcer le « eu » à la française) à la place du y. Mais l’impossibilité d’y apposer un accent correct m’y à fait renoncer...]

Comme on pourra le constater, les lettres i, u et a possèdent trois formes de prononciation (quantité) : normale, mi-longue et longue.
Les lettres e, y, o et æ ne possèdent eux que deux formes de prononciation (quantité) : la normale et la longue. Pourtant, le diacritique utilisé pour la quantité longue est celui normalement employé pour la quantité mi-longue... ?
Il apparaît qu’au court du temps, la différence, parfois légère, entre un allongement mi-long et un allongement long se soit estompée (bien que la valeur des mots soit, elle, parfaitement différente) et que ce soit l’opposition entre un temps de prononciation jugé normal et un autre jugé plus long qui ait été conservé, comme une simplification de la prononciation.
Mais la langue kardannaise possède (ou possédait) plus de mots se prononçant avec une quantité demi-longue et alors que cette forme de prononciation disparaissait, c’est son orthographe qui a été conservé, aussi étrange que cela puisse paraître.
Pour venir confirmer cette évolution, les développements ultérieurs du kardannais vont continuer d’amoindrir la différence entre voyelles mi-longues et voyelles longues et dans les tous derniers états de la langue telle qu’elle nous est parvenue, seule la voyelle « a » conservera les trois niveaux de quantité.

[N.d.A. : il est bien sûr évident que le kardannais ne possède aucune orthographe ressemblant au nôtre et donc encore moins de e, de y ou de o possédant ou non des accents aigus ou circonflexes. Mais la différence existe naturellement au sein de la langue telle que je l’ai rapportée. Aussi, lors du colloque de Rome de 1998, a-t-il été décidé de conserver dans la transcription des textes d’écriture kardannaise en texte d’alphabet latin cette évolution de l’orthographe15.]

Par contre, il faut bien prendre garde, surtout en orthographe, à ne pas confondre voyelles géminées et voyelles mi-longues ou longues, car si une prononciation inexacte est aisément corrigée par un natif, une faute d’orthographe changera le sens : ë n’est pas ee. Exemple : Dwë (voler, planer) et Dwee (faire l’oiseau).
Lorsque deux mêmes voyelles se trouve côte-à-côte, leur quantité subit un amuïssement léger et elles sont prononcées très rapidement l’une à la suite de l’autre, accompagnées, entre les deux, d’une sorte de coup de glotte (extrêmement fugace) donnant une accentuation à cette géminisation, par exemple Chgiir qui se dira Chgi·ir.
Enfin, lorsque deux voyelles longues se retrouvent géminées, la première devient courte et la deuxième reste longue. Il en va de même pour deux voyelles mi-longues, mais pas pour en ensemble voyelles longues et mi-longues qui conservent alors leur quantité.
A titre d’exemple, la conjugaison d’un verbe issu de la Racine-Souche Tsl't’ suppose une flexion en -ëë pour la flexion de l’aspect Cyclique retrograde : Tslt’ -ëë. Mais les Kardans diront -eë, ce qui donnera Tsloeë pour le verbe Tslo, confectionner.
A l’inverse, le verbe Pjy (manipuler) se conjuguant sur le Racine-Souche Öîjy, se flexionne en -ÿî pour la flexion du Mutatif, et cette flexion reste inchangée : Pjyÿî, car les deux voyelles n’ont pas la même longueur ; le coup de glotte se placera alors de la sorte : Pjy·ÿî .

[N.d.I. Je me suis livré à une petite série de statistique histoire de connaître l’occurence des lettres ci-dessus proposées. Avec quelques surprises, bien sûr !
Le compte s’est effectué sur 478 mots (les grands comme les petits, dont 301 verbes), mais pour des raisons d’organisation, tous les mots ne sont pas présentés ici, ensemble qui doit approcher les 500. Ces 478 mots sont écrit avec 1994 lettres et c’est sur cette base qu’a été effectué le calcul de l’occurence et son pourcentage.
Parmi les surprises, il y a la fréquence du l, que j’espérais moindre, le fait que le o, que je souhaitais majoritaire, se soit fait devancé par le a et le e et la faible présence de la lettre p que j’aurais voulu devant le d et le t... Mais bon, cette liste n’est considérée effectuée que sur ce faible échantillon, alors...
Néanmoins, de tels chiffres sont bien sûr à prendre avec précautions : des lettres qui semblent apparaître peu, peuvent être en fait très fréquente si le mot qui les contient est commun. Par exemple, le ŕ, qui avec ŕoŕ – elle, est en fait très fréquent.
Et puis il y a le biais des verbes, car les exemples donnés sous les verbes principaux ont en fait la fâcheuse tendance dans un tel cas de doubler les lettres utilisées : par exemple Gbi > Gbinnö.]



Références bibliographiques

14- Kühner Dieter, Lauter spitze Zungen, die Amalgierung für Phonetik, in Wissenschaftliche Zeitschrift der Karl-Marx-Universität (Leipzig) 215 / 1997.

15- Lameguell Sandrine, La transcription diacritique respecte-t-elle réellement l’hétérogénéité du kardannais ?, Appendices aux actes du colloque de Rome, Rome, 1998.





D- Les aspects


1- Définition

Le Kardannais est une langue d’aspect et non de temps, comme chez nous.
Le kardannais possède deux modes : le réel et l’irréel. La plupart des aspects font partie du mode réel. Ce dernier se subdivise en deux états : le statique et le dynamique qui, pour ce dernier à deux fonctions temporelles : le continuel et le ponctuel.

Il n’y a pas véritablement de verbe qui appartienne à un aspect ou à un type d’aspect spécifique. On peut bien sûr s’amuser à dresser des listes pour savoir dans quelle catégorie ranger tel type de verbe. Mais les Kardans n’ont pas à proprement parler l’esprit de liste... Un verbe comme « souhaiter » peut sembler appartenir à l’irréel, mais ils n’hésiterons pas à l’employer au réel si cela sert leur propos et tout le monde les comprendra.
C’est en fait la conjugaison via la flexion racine qui indiquera pour chaque verbe l’aspect évoqué (ce qui amène parfois à des contractions étonnantes vis-à-vis du français).

Les compléments circonstanciels ne sont pas inclus dans les désinences verbales. Parfois l’aspect seul peut suffire ; et parfois, en fin de phrase, les C.C. sont ajoutés si une ou des précisions s’avèrent utiles.
En langage habituel, il n’est pas normal de faire figurer les C.C. ailleurs qu’en fin de phrase.

Les actions qui ne sont pas encore accomplies sont de l’irréel ou, dans l’irréel, du cyclique rétrograde (qui est une sorte d’inaccompli différent du non accompli, voir ci-dessous.) Néanmoins, la différence perfectif/imperfectif n’existe pas vraiment en kardannais. Ce sont les oppositions d’états et de fonctions temporelles qui l’emportent.

La liste ci-dessous classe chacun des aspects :

RÉEL

STATIQUE

1- Descriptif
2- Intemporel
3- Holistique
4- Quantitatif
5- Intensificatif
(6- Intensificatif atténuatif)

DYNAMIQUE

A- Continuel

1- Inchoatif
2- Évolutif
3- Progressif
4- Délimitatif
5- Perduratif
6- Complétif
7- Global
8- Cyclique
9- Égressif
10- Résultatif

B- Ponctuel

1- Instantané
2- Sémelfactif
3- Ingressif
4- Mutatif


IRRÉEL

1- Désidératif
2- Optatif
3- Conatif
4- Cyclique rétrograde



2- Éclaircissement sur les aspects


  • 1- Descriptif : il décrit un fait, une évidence, un état de façon neutre, un sentiment général ; la chaise est cassée « Ngwao ykbo », cet homme est courageux (de manière habituelle) « Miilae æt chkalg okombomba », les gens ont froid (car c’est un hiver long et pénible) « Prǣt’kao iemgira ».
  • 2- Intemporel : il décrit une permanence, ce qui est toujours ; les arbres sont en bois « Miiöb iekchal gwaböw », l’eau mouille « Bwëreloo waw », les gens sont parfois bons, parfois mauvais « Miiöb iemgira et’s ifaiaok’ kexeche ».
  • 3- Holistique : le fait décrit est un événement dont l’aspect global dépasse ou englobe la succession des phases ayant contribuer à sa réalisation. Il possède généralement une idée de durée liée à la répétition : les soleils se lèvent... (... chaque matin, où l’aube est considérée comme un phénomène général) « Molölö ægwe eimrwese », je pense... (tous les jours il m’arrive de réfléchir et c’est le phénomène de penser pris dans sa globalité, sans s’attacher aux processus mentaux intérieurs ou extérieurs) « Muëmlæ me ».
  • 4- Quantitatif : c’est un événement global, sans idée de durée particulière. Il sert à exprimer un fait général, souvent une critique ou une constatation évidente. On dira : elle mange du pain pour exprimer l’idée qu’elle est toujours (souvent) en train de manger du pain « Skwyonn ŕoŕ rt ’ab »; en français, nous dirions qu’elle n’arrête pas de manger du pain. Il boit est utilisé pour dire qu’il à l’habitude de boire, voire qu’il est alcoolique « Glykpa wa ». Il y a en règle générale une idée de quantité.
  • 5- Intensificatif de type A et B : cet aspect est tel l’aspect Descriptif mais qui reçoit une notion d’intensité. Le type A indique que l’intensité s’accroît et le type B (numéroté 6 dans la table de conjugaison), quelle diminue. L’état en lui-même ne change pas, c’est son intensité qui varie.
    Exemple :
    Descriptif : J’aime (depuis toujours et toujours autant) la couleur bleue. « Væfj·mbich me yçn fenfüss »
    Intensificatif de type A : J’aime (depuis toujours et davantage encore) la couleur bleue. « Væfj·mbech me yçn fenfüss »
    Intensificatif de type B : J’aime (depuis toujours mais moins qu’avant) la couleur bleue. « Væfj·mboch me yçn fenfüss »

    Note sur l’état Dynamique : l’événement est caractérisé par trois phases notées α, λ et ω ou α est le début de l’événement, λ son déroulement et ω sa conclusion.

  • 7- Inchoatif : l’événement débute lentement, par étape et/ou de manière graduelle. On pourrait le noter ainsi : α1+ α2+ α3 ou α0+ α∞. Deux exemples : je me suis mis à aimer... les légumes. Ce n’est pas venu tout seul et ce qui est relaté débute et va se poursuivre, peut-être ici avec
    l’idée de pour toujours « Væfj·xle... me epwaenge ». Ou encore : j’ai commencé à apprendre la peinture « Wabdur t’o xopt’ii ». L’action débute et continue(-ra) de débuter jusqu’à ce que la phase d’apprentissage cesse.
  • 8- Évolutif : l’événement en est à ses débuts et commence à évoluer, au sein même de sa phase initiale. Les plantes bourgeonnent, ici sous-entendu, elle vont prochainement donner des pousses, des feuilles, des fleurs « K’ŋaexlö eewede ». On considère donc le bourgeonnement comme un α. Ce peut-être aussi : Les plantes bourgeonnent trop tôt « K’ŋaexlö eewede wongaŋg » où l’on va indiquer une évolution attendu de la phase qui pourrait ne pas s ’achever, mais pour celui qui s’exprime, de manière certaine car ce n’est pas de l’irréel ( : on entendrait ici parler un vieux paysan qui sait de quoi il parle.).
    Il est tout à fait possible qu’au sein des 3 phases, l’Évolutif soit utilisé pour des schémas λ ou ω, avec pour λ une redondance des phases α, λ et ω On pourrait donc trouver un Évolutif α, un Évolutif λ ( avec des types λα, λλ et λω) et un Évolutif ω.
  • 9- Progressif : c’est le très connu « être en train de ». Je marche, c’est-à-dire, je suis en train de marcher « Gwit’ee me » ; je découpe, c’est-à-dire, je suis en train de découper un quartier de viande « Bdaagex t’o yl dabk’n gwektos »; j’arrive, c’est-à-dire, je suis en route vers quelque part, un rendez- vous, etc... « Bweex t’o ». Il reprend les phases α et λ, mais l’on ignore tout de la conclusion de l’action.
  • 10- Délimitatif : ici l’événement est identique au Progressif, il dure et se réalise, mais il est appelé à se terminer. L’on se trouve avec un α, λ et... un (ω) probable, envisageable. Par exemple, passer toute la nuit à dormir « Bwamwu it’oa meos djaeît » ; ou banqueter, elles font bombance « Telgbakwiüdbe iŕoŕa », et comprendre que le repas touche à sa fin. La phase ω est ici sous-entendue, non-accomplie si on veut, mais en toute vraisemblance, devrait le devenir. On peut raisonnablement imaginer la fin de l’événement.
  • 11- Perduratif : cet aspect est comme le Délimitatif, sauf qu’ici ω n’est pas envisagé, soit qu’il n ’existe pas, soit que l’on ne sait pas lorsqu’il se produira. En règle générale, le Perduratif est décrit comme étant sans limite temporelle. Par exemple, je suis en train de marcher, mais sous-entendu, je ne sais pas quand est-ce que je m’arrêterais (exode) « Gwitsui t’o ». La peinture a été achevée et restera là, pour les générations futures « Xiitsui xopt’ii » : ici ce n ’est pas l’action de peindre qui est envisagée, mais le fait d’avoir réalisé quelque chose qui va ″vivre″ sans fin envisageable. Ou encore, la Terre tourne, sous-entendu que je ne savais pas que la Terre tournait, que je l’ai appris et que je sais maintenant que se sera pour toujours « T’baeûb Kmalën ». [N.d.A. On a ici un exception à la conjugaison ou le double u, devient un u long.]
    Certains spécialistes voudraient faire une différence entre absence de fin et fin non connue, bien que l’on sache qu’il y en aura une. Mais les Kardans n’ont jamais fait de différence aussi subtile et elle ne se retrouve dans aucune des tables de flexions des racines souches.
  • 12- Complétif : ici l’action a évolué jusqu’à son terme. On a à faire aux phases λ et ω, comme dans mettre la dernière main à la confection d’une statuette « Xiit’eetos t’o damptaar et mpeo ». Ici, le début n’est jamais pris en compte. Nous sommes en train de faire une partie de dés (ce qui signifie que l’on n’est pas en train de jouer, mais sur le point de jeter pour les toutes dernières fois les dés) et la partie est presque finie « Noot’oet it’oa yk mnaogos eachae ».
  • 13- Global : l’événement est envisagé sur la durée, dans son ensemble de α à ω : j’ai chassé ou je suis parti chasser, suppose que je m’équipe, que je parte, que je traque, embusque et chasse et que je sois rentré et comme il existe une globalité de l’aspect, l’action est supposée réussie, donc rentré avec des prises et non bredouille... « Kt’aëxl me ». Point de vue positif de l’aspect, qui ne suppose pas d’ailleurs une réussite dans l’action si le verbe en lui-même est dépréciatif.
  • 14- Cyclique : l’événement se succède à lui-même, mais il n’est pas la répétition du même événement. Ils sont tombés malades : les uns après les autres, de façon individualisée « Bfyudur ewae od·ngakba ». L’eau coule sous le pont « Skwyudur waw ieb tarach » : notion plus ou moins philosophique qui peut indiquer que si l’action de couler se répète, ce n’est jamais la même action ou la même eau...
  • 15- Égressif : indique que l’événement s’achève. Seule la phase ω est prise en compte. Il meurt : sa vie touche à sa fin « Ncht’aëxelö wa » ; l’histoire s’achève, c’est sa conclusion « Xiit’uise Pjal » ; elle jette les dés, c’est son dernier coup « Naaëxelö ŕoŕ eachae ».
  • 16- Résultatif : il indique que l’action est entièrement achevée et que l’ensemble de celle-ci ( α, λ et ω) appartient au passé : il a joué aux dés «Jaŋŋke wa eachaeos ».
  • 17- Instantané : l’événement complet se réalise en un instant. Il y a un α et un ω, ma egis pas de λ. Par exemple, tomber amoureux : le coup de foudre « K’ŋaalböom ŕoŕ », ou encore, l’orage éclate « Nooeti k’at », le coup tue « Müvk’el bchag », l’objet se brise « Ngwäodobo ægwe esemp’ ». Tout dépend bien sûr de ce que l’on veut dire. Ces phrases pouvant être prononcées dans d’autres aspects.
  • 18- Sémelfactif : l’action est unique et se réalise en une seule fois. Contrairement l’instantané, l ’événement possède un λ... Une phase transitoire est nécessaire pour passer de α à ω : tomber amoureux pour la première fois, mais ici, sans coup de foudre « K’ŋaalböonn ŕoŕ ».
    Néanmoins, les deux aspects sont très proches et le tableau du Sémelfactif tend à disparaître pour se confondre avec l’instantané. Il apparaît encore en Moderne, mais seulement dans des textes ou des études sur les anciens. Il n’existe plus à l’oral et aura complètement disparu en Intégré.
  • 19- Ingressif : l’événement débute. Ici, il n’est question que de α. Je me mets en marche « Gwetee ægt’ t’o », je m’endors ou je commence à dormir « bwaïf ægm me ». Ce peut être un aspect au passé (pour moi, tout soudain, le jour s’est levé « Moöm ægw agdeb »), mais aussi au futur, à la condition que ce futur soit certain, comme pour une prédiction, une prophétie ou plus simplement une certitude : s’il va là-bas (irréel), il va se faire piquer (il est certain de se faire piquer, pas d’alternative, et cela va aller très vite) « Ngit’wǣteeög ægw wa nugwijutt wa akak ».
  • 20- Mutatif : C’est un aspect un peu particulier, qui ne rentre en fait dans aucune catégorie. Il décrit une phase de transition ponctuelle faisant passer d’un mode à un autre, d’une fonction à une autre ou d’un mode à une fonction (ou l’inverse). En règle générale, le passage d’un état à un autre est considéré comme soudain, voire brutal, bien souvent inattendu, et il interrompt un événement pour en commencer un autre (très variable...)
    Beaucoup de spécialistes ont voulu découper cet état en tranche en considérant la fin normale ou brutale de l’action, le début normale ou brutale de l’action, l’aspect statique à dynamique, dynamique à statique et j’en passe... La réalité est qu’au travers l’analyse de centaine de schémas linguistiques et de variantes temporelles et régionales, malgré la présence évidente de fluctuations au sein des flexions verbales et comme il a été pertinemment analysé17, il semble ne se dessiner au fil des siècles qu’une seule flexion, variable, je l’accorde, pour cet aspect. Je ne présenterai donc qu’un seul tableau, celui du Mutatif.
    Citons comme exemple, elle a une douleur soudaine « Julk’e t’o kapak’ », ils se sont endormis d’un coup « Bwaff ægŕa ewae », tu as eu une bonne idée « Chaoom k’o yk delk iwarüss ».

    Alors que bien souvent nous avons pu constater un affaiblissement des caractères spécifiques du kardannais, le mode irréel prouve au contraire de son étonnante vivacité et de sa faculté de rebond. En perte de vitesse à l’époque Transitoire, il a su trouver sa place et gagnera en force, avec l’apparition d’aspects se concentrant sur la projection d’actions et d’événements non encore réalisés, preuve certaine que le regard des Kardans était tourné vers l’avenir et non le passé18.
    Les trois premiers aspects peuvent également user de ces notions dans le passé alors que le souhait envisagé n’a pas été réalisé : dans ce cas, l’action était envisagée ou a débuté, mais ne s’est pas poursuivi ou n’a même pas commencée. On parlera ici de non-accompli
    Le Cyclique rétrograde sera lui utilisé pour le cas où c’est rétrospectivement que l’on se dit que cela aurait été bien si... A l’époque, on n’y a pas pensé ou cela ne s’est pas fait, mais par la suite, on se dit que... Il peut s’y trouver une notion de regrets. C’est ce que l’on nomme l’inaccompli.

  • 21- Désidératif : cet aspect est la marque du souhait, de l’espoir. Il a presque toujours une valeur positive et pourrait se traduire par j’aimerais. Par exemple : j’aimerais être à la mer (souhait) « Miijut me iŕŕ ab amgeb », j’aimerais qu’elle me dise bonjour (espoir) « Væfj·gaaog me nunbeexlo ŕoŕ ægm ».
  • 22- Optatif : Ici nous avons la marque du désir, de l’envie. Il peut prendre des connotations positives ou négatives, mais ce sont en générales ces dernières qui l’emportent. On dira : je veux, je voudrais. Par exemple : je veux prendre le bateau (c’est celui-là que je veux prendre, mais je sens qu’il y a des chances que je n’y parvienne pas) « Jewavee t’o iŕŕ ap nk ’eox », voudrais prendre du poids (grosse envie qui reste une vœux pieux) « Nk’oljâæŋ me ».
  • 23- Conatif : aspect très proche de l’Optatif mais qui, lui, a su conserver son indépendance (par comparaison avec le Sémelfactif) et qui au fil des ans regagne ses lettres de noblesse. Il désigne la tentation, l’envie de, la volonté, l’effort, la difficulté. On le traduira par essayer de, tenter de, surmonter, parvenir, aboutir. Par exemple : j’essaierais bien de lui chipper une pomme (tenté par l’idée) « Chruxæŋŋ t’o yl wunta weis », je vais prendre du poids (avec de la volonté, tout est possible, non ? même ça) « Nk’oljâæŋŋ me », je pense parvenir à escalader cette paroi (je sens bien que ce n’est pas gagné, mais j’ai la ferme intention d’y parvenir) « Bweæŋŋes me jew et kamler ».
  • 24- Cyclique rétrograde : un aspect qui indique la possibilité, la probabilité, l’éventualité. Par exemple : demain, il pleuvra (c’est ce que je pense, mais c’est possible que je me trompe) « Bwëreæj p’o tbos », il m’a dit qu’il allait prendre la parole (dit à un tiers, comme chose probable, mais on ne sait jamais) « Bdiammuëg wa ægt’öm chkidiÿlda wa », je veux bien vous accompagner (éventuellement, si cela s’accorde avec mes projets) Bbeÿ t’o smmæ embe », cela se peut qu’il soit malade (explication non certaine de son retard) « Dngaæj wa ».
    Enfin, et c’est ce qui lui vaut son nom, il sert à mélanger l’accompli et le non-accompli (ou inaccompli) : il y a l’accompli dans le non-accompli et le non-accompli dans l’accompli. Cette référence à l’événement envisagé se fait toujours dans le passé. Dans la première espèce, l’acte ne s’est pas réalisé, mais soit qu’une partie l’a été, soit que dans un passé plus antérieur, elle avait déjà été couronnée de succès : alors qu’il avait déjà atteint le sommet, une tempête l’en a empêché cette fois-ci « Rubeweëxolx wa ikt’yr dchæejiög we yk tchafga iŕŕæm et vǣpa ».
    La deuxième espèce est l’inverse de la première. Dans cette espèce, l’acte s’est réalisé, mais soit qu’il l’a été différemment que prévu, soit qu’il ait bien abouti à un achèvement, mais que dans toutes ses étapes, une ou plusieurs ne se soient pas accomplies, soit enfin que par le passé, l’acte n’avait pu être réalisé. Par exemple : Alors que le Mont du Noirvent l’avait déjà contraint à l’abandon et qu’elle ait prévu de passer par sa face nord, elle a finalement atteint le sommet en empruntant la route de la face ouest « Nu vt’axæch it’kal mbafwakar toŕ ærtyloch uŕ ruen fmiŋjite ŕoŕ k’epnë oll ægoŕ mto æk jeweveög ŕoŕ itk’yr aŋk iŕŕ lanlunæm wamp’o ukt’a ».
    Il faut néanmoins noter qu’il existe une notion très complexe de Cycle au sein de l’histoire, de la religion des Kardans, à laquelle cet aspect est rattaché […] ce qui explique pourquoi l ’Intégré connaîtra une sorte d’explosion de cet aspect, avec des emprunts étrangers pour sa conjugaison.


Références bibliographiques

16- Lameguell Sandrine, La Cérénédie et la disparition progressive des aspects, éd. Flammarion, Paris 2005.

17- Bellens J., La mutation du Mutatif, une erreur d’analyse, d’après la reprise de l’étude d’Unéldyín, sage d’Anarèl, thèse inédite, Université Paris X, 2009.

18- Müller Kristin, Eŋgaan, l’homme qui ne parlait jamais à l’Irréel – la légende d’un marin, éd. Presses universitaire du Septentrion, Lille, 2000.



Dernière édition par Akorion le Dim 22 Jan 2012 - 20:09, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 0:28

La suite directe... n° 1.

E- Les verbes

Le tableau ci-dessous à pour objectif d’être facilement accessible, synoptique et synthétique... J’espère y être parvenue.
Voici expliqué son mode de lecture et les symboles employés (volontairement peu nombreux et bien distincts) pour ses classifications.
Chaque entrée correspond à un verbe nouveau. Pour chaque verbe est donné une liste de traductions envisageables (ni exhaustive, ni précise, mais tentant néanmoins d’approcher la définition la plus juste du verbe). Le symbole « / » indique un changement sémantique de sens.
Cette première ligne peut se voir adjoindre un ligne supérieure supplémentaire, peu fréquente, qui est là pour indiquer un sens du verbe, parfois révolu, mais précisant par là même que le verbe en question fait partie des verbes fondamentaux, les verbes de base ayant fixé la langue et au travers desquels, il est possible de retrouver une origine hadórrnienne. Le symbole « ~ » indique « sens originel probable ».
La deuxième ligne est là pour indiquer premièrement, la Racine Directionnelle ; et deuxièmement la Racine-Souche. Le symbole « < » indique « issue de la racine ». Ainsi « < ëv » signifie que Bëv est issu de la Racine Directionnelle « ëv » et « < Wë » que « Wë » est la Racine-Souche dont est issue « ëv ». Les Racines-Souches sont systématiquement indiquées en gras.
La troisième ligne (et occasionnellement les suivantes) indique un développement jugé intéressant du verbe originel : ou bien que le sens se soit précisé ou modifié, ou bien que le verbe se soit considérablement éloigné de son verbe d’origine et n’est plus reconnaissable que grâce à sa Racine Directionnelle (malheureusement, ce n’est pas toujours vrai). Le symbole « # » indique « provenant du verbe référence », tous les verbes dérivés étant écrit en italique.
Un « f » ou un « m » entre parenthèses indique un féminin ou un masculin (voir chapitre 2, A).

1. Les verbes et leurs Racines-Souches

Baa : fuir, s’échapper / délivrer
< ba < Pf
# Baŕmnwâ : sauver sa peau égoïstement

Bdæ : ~ faire un trou, inciser
couper, trancher, sectionner / séparer, différer / abaisser, baisser, diminuer
< dæ < Dg
# Dsæ : découper (dans un tissu)

Bdi : parler, dire, discourir, discuter (f) / insulter, agonir, médire
< di < Di
# Rdi : être grossier (non seulement, mais avec l’idée d’être bête)
# Chkiwdi : prendre la parole

Bëv : mettre, installer, poser / s’habiller, se vêtir, se couvrir
< ëv <
# Bëvo : s’habiller

Bfy : changer, modifier, transformer / devenir
< fy < Frw
# Fywrëne : passer de l’enfance à l’âge adulte

Bgë : ~ faire du colombin
former, agglomérer, agglutiner, modeler
< bg < Bg
# Bgeï : faire de la poterie

Boë : sauter, bondir, enjamber d’un vaste pas / embrasser
< bo < Bn
# Boü : donner un coup de pied

Bsu : approcher, avancer à tâtons, pas à pas / circonvenir, charmer
< bs < Bs
# Bsuŋe : être la proie de l’envoûtement des morts

Bwa : dormir, s’endormir / fermer les yeux / s’évanouir, être assommé
< wa < Wa
# Pwaa : cligner des paupières

Bwe : venir, arriver, atteindre (f) / aborder, amarrer, accoster
< bw < Bw
# Bwö : apponter

Bwëre : pleuvoir, mouiller, tremper (f)
< wr < Wr
# Wârë : inonder

Châ : ~ fouir
trouver, découvrir, tomber sur (m) / déterrer, exhumer
< châ < Chp’
# Châlgbaa : retourner la terre

Chæe : montrer, présenter, exhiber
< æe < Æe
# Chæek’oo : lever le poing

Chgiir : appeler, héler, apostropher / avertir, alerter, prévenir
< gii < Ŋgî
# Chgïŋp’o : donner l’alarme

Chloj : épargner, surseoir / pardonner, excuser, absoudre
< chl < Chll
# Chlöŋdy : avoir pitié, prendre en pitié

Chp’ǣkk : voyager / explorer
< chp’< Chp’
# Chp’ ǣlkt’iî : partir sans pouvoir s’arrêter ou sans pouvoir revenir

Chrux : ~ travail du cuir / tanner / écorcher
prendre, ôter, enlever / voler, dérober, ravir, éventuellement chiper
< chr < Chch
# Chrut’ü : arracher violemment

Dâe : ~ percuter (pour la taille du silex), débiter, dégrossir
frapper / attaquer, guerroyer, combattre / s’opposer, contrarier, contrecarrer
< âe < Ta
# Mmâe : désobéir

Dbe : vouloir, désirer, souhaiter, espérer (m) / dominer, contrôler, exercer la puissance ou l’autorité
< be < Be
# Dbäe : jalouser, convoiter

Dchæ : ~ piéger
interdire, empêcher (m) / fermer, barrer
< chæ < Chæch
# Dchæo : mettre des bâtons dans les roues, entraver
# Dchâç : menacer

Dgǣ : obéir, accepter / capituler, se rendre / s’accommoder, renoncer
< gǣ < T’gǣ
# Dgǣdgö : se soumettre bassement (faire de la "lèche")

Dgo : abriter, protéger / cacher, dissimuler
< dg < Gu
# T’guo : mettre sous abris

Dnga : être malade, infecter, contaminer (m) / souffrir de maladie ou d’un mal inconnu
< ng < Ŋk
# Dnigwâ : avoir de la fièvre

Dnî : ~ lier
accrocher, suspendre, fixer
< dn < Tn
# Dnü : accrocher à la tunique, à la ceinture

Dnu : ramasser, cueillir, saisir / arracher, déchirer
< un < Lul
# Ŋunuî : faire la cueillette (de baies) / masser (dérivé de toucher, palper, tâter)
# Lanlun : emprunter, s’engager (verbe formé sur un préfixe ou un mot étranger, lan-)

Doo : ~ faire un feu par briquet à silex (marcassite)
faire un feu, allumer, briller / brûler, incendier, enflammer
< oo < Olo
# Gp’oo : fumer

Duev : comprendre, être d’accord, acquiescer / réfléchir, s’interroger, se questionner
< ue < Dgu
# Muë : philosopher, penser

Dwë : voler, planer, glisser dans les airs / être ou se prendre pour un oiseau
< dw < Dw
# Dwee : faire l’oiseau (c’est-à-dire, faire l’andouille)

Fga : venter, souffler, tempêter
< fg < Fg
# Fgate : faire qu’un vent de changement souffle, révolutionner

Fge : ~ "grotter", occuper, "habiter" une grotte
rester, demeurer, camper / habiter, occuper les lieux
< ge < Kee
# Fgeŋë : être possédé (pas forcément par un esprit)

Fïe : procréer, se reproduire, s’accoupler
< fï < Tfë
# Fjï : épouser

Fii : administrer, régler, compter / contrôler par consensus
< ii < Ii
# Xwii : être en affaire

Fnë : traverser, franchir, passer
< në < Fs
# Fnöjë : naviguer
# K’epnë : passer par (idée de franchissement)

Foâ : interroger, demander, questionner
< fo < Ffo
# Fojü : mentir
# Fkoŕ : s’illusionner

Fuu : admirer, vénérer, adorer
< uu < Uy
# Flueÿ : aimer sans raison

Gâo : se lever, se réveiller
< âo < Âol
# Çâo : être réaliste

Gbi : faire du pain / pétrir, malaxer
< gb < Ngg
# Gbinndö : soigner par les mains

Gly : boire, avaler de l’eau, se désaltérer / trinquer
< ly < Yly
# Glyy : saoûler

Gne : amuser, divertir / rire, rigoler, se gausser
< gn < Gnn
# Gnee : moquer gentiment, taquiner

Gp’ä : errer, égarer, perdre / échouer, être battu, être vaincu, faillir
< p’ä < P’ä
# Chp’aa : défaillir

Gte : ~ semer en poquet
s’assoir, se coucher, se mettre à terre, s’allonger / tirer, tendre
< gt < Gŋt
# Gtïŕ : hâler, tracter

Gt’û : souffrir, avoir mal, être blessé / pleurer
< t’û < T’û
# Kt’ûrr : se sentir trahi

Gwi : ~ poursuivre une proie
marcher, aller, avancer (f)
< gw < Gwê
# Gwikë : faire la course
# Gwikwe : faire un "marathon"

Jaŋ : essayer, tenter, risquer (m) / jouer / être chanceux
< ja < Æja
# Jaxoo : porter bonheur

Jew : monter, grimper, escalader (m)
< je < Eje
# Jewa : embarquer
# Lochjeb : regarder d’en haut

Jul : avoir, posséder, appartenir (m)
< ul < Ull
# Julbe : posséder la Faveur

Juv : employer, utiliser, faire avec le système D / s’aider, aider, assister
< uv < Uv
# Juvÿ : donner un coup de main

Kæo : vaincre, gagner, réussir, accomplir
< kæ < K’æ
# Kætâ : emporter la décision

Kbi : haïr, détester, exécrer
< kb < K’b
# Kbimm : venger, se venger

K’ŋä : imaginer, créer, concevoir / fleurir, bourgeonner
< k’ŋ < K’ŋ
# K’ŋaalbö : tomber amoureux

Kt’â : ~ rabattre
chasser, traquer, tendre un piège
< kt’< Kt’
# Kmok’taa : effectuer une chasse à l’ours

Kt’o : embarquer, monter à bord / charger, ranger, empaqueter / partir, quitter, laisser
< t’o < T’o
# Kt’îo : faire ses bagages pour toujours

Kuû : ~ faire un trou dans la terre
enfoncer / tomber, choir, chuter, dégringoler
< uû < Ûk
# Kuskû : se recevoir sur ses jambes

Kvi : ~ gratter, racler
écorcher, blesser, être blessé / se casser un os
< kv < Kw
# Kviŕchu : se fracturer la tête

Kvy : ~"osser" (travailler un os)
bouger, agiter / trembler / effrayer, craindre, avoir peur
< vy < Wv
# Kçyw : terroriser

Kxë : ~ domestiquer
cultiver, faire pousser
< xë < Rxë
# Kxüe : élever des animaux, dresser

Kyk’ : être épuisé, fatigué, éreinté / voir la mort et en être revenu
< ky < Ŕk
# Kyök’ : être entre la vie et la mort, marcher sur le fil du rasoir

Lbü : ~ désosser
être sans vie, faire le mort
< lb < Lbb
# Lbägt’ü : stériliser

Lii : ~ sélectionner
choisir, décider / considérer, envisager / commander, autoriser
< li < Ll
# Liswîk : reconsidérer sous un autre angle

Loo : ~ aller chercher à manger, récolter
soigner, guérir / donner, offrir
< lo < Oll
# Loffxe : soigner « magiquement »

Lk’o : respirer, souffler / sentir, renifler, flairer
< lk’< Lk’
# Lk’woü : inspirer à plein poumons

Lmæ : arrêter, stopper, bloquer
< lm < Lmn
# Lmmæn : renforcer un barrage

Lwe : ~ transhumer
transporter, porter, emmener
< lw < Lw
# Lwëŕ : faire un convoi

Lxâ : calmer, apaiser / réconforter, consoler
< lx < Lx
# Lxäjî : réconcilier

Lxö : accueillir, recevoir / être conciliant, faire la paix
< xö < Xoo
# Löŕeŋt’o : présenter une force/une faiblesse

Lyp : échanger, troquer, évaluer
< yp < Ypp
# Lymdwî : concurrencer

Mbwe : ~ travailler le métal
finir, aboutir, achever / clore, fermer, cadenasser
< mbw < Mbw
# Mbwëylv : éclairer (dans le sens de produire de la lumière : un feu, une torche, un dessin comportanr une source lumineuse.)

Mga : délivrer, libérer, désenchaîner / ouvrir, écarter
< mg < Gma
# Mgip’ : retrouver ses esprits

Mii : être, exister, s’accomplir (f)
< mi < Nmi
# Miijü : devenir

Mo : ~ éclairer (dans le sens de briller, rayonner)
le lever des soleils
< mo < Mt’
# Moÿrch : ouvrir une paupière

Mtæ : faire ses besoins, uriner, déféquer
< mt < Mdj
# Mtæbwe : être occupé (on ne peut m’interrompre)

Müv : tuer, assassiner
< üv < Üwn
# Müvnïŋ : maquiller un meurtre
# Tammüv : trépasser

Mwy : admettre, convaincre / débattre
< wy < Wyy
# Mwyvæ : opiner

Naa : ~ laisser
tirer, jeter, lancer / viser
< na < Nl
# Naak’ : ajuster

Nbe : saluer, dire bonjour / honorer, rendre hommage
< nb < Nb
# Nbek’lë : respecter

Ncht’a : mourir, trépasser
< nch < Nch
# Ncht’äk’a : être enterré, mis en terre

Nfy : voir, regarder, observer / contempler, méditer
< nf < Ŋfö
# Nfÿs : détailler

Ngwä : ~ broyer
détruire, ruiner, dévaster / casser, briser, abîmer
< ngw < Ngw
# Xwǣ : ravager (en parlant d’insectes) (m)

Ŋgi : être triste, mélancolique / être désespéré
< ŋg < Ŋg
# Ŋgïŕd : être damné / damner

Ŋk’o : développer, étendre, grossir
< ŋk’ < Ŋk’
# Ŋk’oljâ : prendre du poids

Noo : faire, accomplir, réaliser, agir
< no < Nlo
# Mnoo : parachever

Nvû : ajouter, adjoindre, additionner / remplacer, changer, succéder
< nv < Xnv
# Nvûs : hériter

Pço : ~ monter, préparer, fabriquer un abri, une hutte, une tente
construire, bâtir, ériger / dresser, élever, surélever, soulever
< pço < Ŋpu
# Pçeot : briqueter

P’chü : charmer, se réjouir, être heureux, être radieux
< chü < Chuü
# P’chüchd : faire le beau temps (c’est-à-dire, se servir de son autorité, de son pouvoir ou de son influence, pour imposer ses volontés... ce qui est plutôt mal considéré.)

Pfrâ : ~ pocher (faire du pochoir)
écrire, dessiner, tracer / sculpter, marquer, signaler
< frâ < Xrâ
# Pframnnaö : écrire les paroles anciennes (c’est-à-dire, à la fois l’action et le fait d’être sage)

Pjy : manipuler
< jy < Öîjy
# Pjyt’ewewe : manipuler l’Étincelle

Plwe : connaître, savoir
< plw < Plw
# Plwend : maîtriser

Pmæ : nager, glisser sur l’eau
< mæ < Ŋmæ
# Pjylmæ : voguer, naviguer

Pöe : pouvoir, être capable de, en état de / autoriser, permettre, accorder
< öe < Öe
# Rlöe : être de force à embarquer sur un navire

Pti : ~ peindre (rupestre)
animaliser, totémiser
< pt < Pt
# Ptep’ri : être une bête, s’animaliser, devenir sauvage

P’tkæ : récompenser, congratuler, féliciter / "couronner", "élire", attribuer (détermination des chefs)
< p’tk < P’tk
# P’tkæŕǣ : faire un cadeau

P’xi : ~ faire une aiguille
coudre, tisser, filer
< p’x < P’x
# P’xii : assembler un vêtement

Ræu : conduire, mener, diriger
< æu < Sæu
# Rŋgæu : rassembler (les bêtes)

Reemn : ~ corroyer
glisser, flotter, déraper / se faufiler, s’insinuer
< re < Rle
# Reëlmeln : serpenter

Rk’a : se souvenir, se rappeler
< rk’< Rk’
# Rk’angyrg’a : oublier ce que l’on devait se rappeler

Ŕgi : ~ exploiter
organiser, inventorier / planifier
< ŕg < Ŕg
# Ŕgifr : armer

Ŕoo : naître, venir au monde, accoucher, enfanter, mettre bas
< ŕo < Ŕt’e
# Ŕocht’aa : renaître au sein de ses vies antérieures

Rt’·mbo : adopter (un enfant, un animal, un clan) / se changer en, modifier en
< t’mb < T’m
# Rt’·mbokk’aa : vieillir

Rt’y : abandonner, délaisser
< rt’< Rt’
# Rt’yyl : écarter, mettre de côté

Ŕue : apparaître, survenir, surgir
< ŕu < Ŕlu
# Ŕuekmî : avoir une idée
# Ŕuekmîŋ : prévoir

Rüt’vo : ~ percer, perforer
la nuit qui tombe
< rü < Lrü
# Rüt’ut’vo : passer d’un sentiment à l’autre

Ŕyuv : ~ chauffer
cuir, cuisiner / préparer
< ŕy < Xŕy
# Ŕywp’ : accommoder (pour la cuisine)

Sæi : entendre, écouter
< sæ < Ssæ
# Chyi : être attentif, faire attention

Sbu : traiter, qualifier
< sb < Sb
# Sb·xup’ü : faire de l’esclavage

Sga : ~ tailler finement un silex, mettre les finitions
fabriquer, marteler, fondre
< sg < Æsg
# Sgat’tŋa : travailler les métaux

Sgwe : ~ tracer un sillon
démarrer, commencer, débuter / initier
< gw < Ygw
# Syngwë : être en apprentissage

Skwy : ~ dépecer
manger, goûter / avaler, engloutir / sombrer, couler
< skw < Skw
# Skwyym : suer

Smmæ : accompagner, escorter, convoyer (m) / chaperonner, biberonner
< smm < Smm
# Smmürboo : adopter un enfant (au sein de sa propre famille)

St’chö : étoiler, illuminer, scintiller / pointer, désigner, indiquer
< t’ch < Yt’ch
# Syt’chy : être sous l’augure d’un scintillement

St’ï : augmenter, accroître, hausser / amplifier, intensifier / agrandir, étendre, alourdir
< t’ï < T’ï
# St’oïe : grandir, devenir grand

Svaa : pêcher, hameçonner, prendre au filer
< sv < Sv
# Svâgmö : se calmer, penser à autre chose

Swe : déplacer, transférer / traîner, remorquer
< sw < Sw
# Swajang : déplacer dans un cadre circonscrit

Swüŋk’: juger, condamner, rendre une sentence / punir, châtier
< swü < Jüŋj
# Swüŋâtii : expier pour être pardonné

T’bæ : ~ moudre
danser / faire de l’exercice / virevolter, tourner
< t’b < Chb
# T’bæinggbâ : faire la cour

Tchaŕ : attendre, patienter / s’ennuyer, s’embêter
< cha < Chxâ
# Tchagdü : être mort depuis longtemps (souvent figuré pour : oublié)

Tçï : lâcher, laisser / desserrer, relâcher
< çï < Çwî
# Tchçïöch : battre de l’air ou faire du vent (prout!)

Tgbu : défendre, protéger, garder / guetter, surveiller
< tgb < Tgb
# Tbuu : être à l’affût, embusquer

Tke : recevoir, obtenir
< tk < Lk
# Tkkateâ : être passif

T’k’mbo : chercher, rechercher, fouiller / enquêter, informer
< t’k’ < T’k’
# Tylk’mboto : faire la "police"

Tla : ~ rabattre
suivre, pister, filer
< tl < Tll
# Tlyll : traquer

T’me : oublier, omettre / négliger
< t’m < T’m
# Xt’mee : être sans soucis

Tmi : rentrer, revenir, retourner
< tm < Cht
# Tmîfw : se retourner

Too : se comporter, se conduire
< to < Mt’t
# Tomt’oto : devenir un paria

T’pa : neiger, geler, glacer
< t’p < T’p
# T’përengwi : avancer sur la neige

Tslo : ~ confectionner
poser, placer, installer / mettre à plat, étaler
< tsl < Tslt’
# Tslolâo : déballer

Twwa : vivre, survivre / éprouver, ressentir
< tww < Wtw
# Twaäŋgbö : éprouver des sentiments, être vivant

Væfj : aimer, désirer, apprécier (m) / avoir du goût, être sensible
< væ < Æwt
# Væxlla : être artiste

Vee : avoir et être, se posséder / se réaliser, s’accomplir
< ee < Ee
# Veek’ö : atteindre un état

Vejx : légiférer, régler, réglementer / voter, choisir entre deux chemins
< ej < Ex
# Vëjjǣ : lever la main

Vgö : envoyer, expédier, adresser
< vg < Vgŋ
# Vgöçt’îall : dire avec du sucre, enrober le bonbon

Vt’a : devoir, falloir, s’imposer / être obligé, être contraint
< vt’ < Vwt’
# Vt’eäk’m : destiner

Vt’u : ~ travailler le bois
re- (c’est-à-dire : re-faire, re-commencer, re-prendre etc...), les cycles qui reviennent
< t’u < T’u
# Vmecht’ü : psychopomper

Vychk’ : réparer, rafistoler / remédier, résoudre
< vy < Ŋyŋ
# Vyxd : bricoler

Wabd : enseigner, apprendre, inculquer / transmettre, communiquer, véhiculer
< wab < Wrr
# Wabdaî : léguer pour l’avenir, la postérité

Wamk’b : énerver, être en colère, s’emporter / agacer, exaspérer, excéder / enflammer, échauffer, galvaniser, enfiévrer
< amk’< Ak’m
# Wâk’eemt’a : relever le défi

Wogb : rencontrer, tomber sur / contacter / croiser, intersecter, tracer, tirer une droite
< og < Ok’n
# Wogæddn : faire une route
# Wogbak’nn : faire de l’astronomie (un lettre finale redoublée est le plus souvent très longue)

Wk’ee : durer, s’éterniser, traîner / temporiser, gagner du temps
< wk’ < Wkk’
# Çewk’eel : passer à, s’occuper
# Wk’eseesë : lutter contre le temps

Wk’un : sortir, quitter, partir / esquiver, éviter
< k’un < Knn
# Wk’undü : éclipser

Wrân : traire / allaiter / puiser
< wr < Wch
# Chwærk’d : donner le sein (note : ici, le d s’accompagne d’une demi voyelle finale. En fonction des peuples et des dialectes, la sonorité de cette demi voyelle ainsi que sa durée peuvent être différente.)

Wt’e : se relever, se redresser, se mettre debout / détordre, mettre droit
< wt’< Wrt’
# Wt’yç : mettre à l’équerre
# Wt’yyk’n : faire des mathématiques

Xba : rendre, restituer
< xb < Xb
# Xbaxp’ : rançonner

Xii : terminer, achever, finir (f) / aboutir, mener à, conduire vers
< xi < Wxi
# Xmî : achever un cycle

Xlë : amener, apporter / acheminer, transporter
< xl < Xll
# Xlëŋii : convoyer

Xodt : deviner, subodorer / prophétiser, voir l’avenir
< xo < Xw
# Xowwÿ : chiromancier

Xsy : ~ graver
lire les signes, les symboles / décoder, décrypter, déchiffrer
< xs < Xs
# Xsysk’ni : lire le ciel
# Xsÿsk’ni : faire de l’astrologie

Xt’aa : descendre, dévaler / s’effondrer, s’affaisser
< xt’ < Xt’
# Xt’almbö : chuter - avec le sens de perte (comme l’estime)



2. Le système de classification verbale

Dans la section suivante, nous nous attacherons à comprendre, avec vingt-quatre exemples, le fonctionnement de la conjugaison kardannaise qui comporte, comme nous venons de le voir, cent quarante-six formes différentes. [...]
Mais si apprendre les cent quarante-six formes est indispensable pour qui désire parler convenablement (nuances, petites et grosses exceptions, capacité de traduction, jeux de mots/humour, connaissance des formes disparues, etc...), il suffit bien souvent de connaître les quatorze formes de base [...] pour être capable, par similitude, de se faire comprendre et d’être compris.
Cette section va donc s’attacher à vous présenter les deux manières possibles que l’on connaît pour identifier, apprendre et décliner un verbe de la façon la plus simple possible.

L’ensemble des Racines-Souches19 fait ainsi l’objet de deux types de distinction lors de leurs études.
La première est une classification dite de type Horizontale qui va autoriser le locuteur non natif et vraisemblablement toute une partie peu cultivée de la population (bien qu’il soit admis qu’elle en usait sans le savoir), a utiliser une forme simplifiée du langage en réduisant considérablement le nombre de groupes de conjugaison qui passe alors de cent quarante-six à quatorze, dans sa forme la plus minimaliste. [...] Nous l’appelons conjugaison de type H ou l’Horizontale*. Il est fort probable que les gens du commun parlaient une langue à mi-chemin entre ces deux extrêmes – où d’un côté, ils ne maîtrisaient pas (par manque d’utilité) toutes les formes de conjugaison* possibles, mais où d’un autre, ils connaissaient la plupart des exceptions et les formes diverses – parfois nombreuses – pour les verbes d’un même groupe*. (Par exemple, le premier groupe : CC, comporte cinquante verbes dont une douzaine de formes sont systématiquement utilisées.) Dans les fait, cela devait représenter jusqu’à quatre-vingt-dix formes de conjugaisons connues.
A l’inverse, ceux que l’on pourrait définir comme faisant partie d’une certaine « aristocratie », les penseurs/philosophes, les savants et autres hommes politiques, ainsi que bon nombre d’entrepreneurs et/ou de négociants, maîtrisaient dans l’ensemble relativement bien leur langue20.

Comment les reconnaître ?
Nous ne savons pas si de telles formes existaient chez les Kardans – les avaient-ils déterminées, étaient-elles étudiées, avaient-elles seulement une importance au sein de la langue ? Cela reste et restera probablement un mystère. Mais, lors d’un premier travail sur ces racines, des groupes basés sur la variation consonne-voyelle ont été mis au jour – groupe qui, après une longue étude, nous ont bien semblé être un cadre dans lequel évoluait les conjugaisons des différents verbes aux racines agencées de manière similaire ce qui permettait d’avoir une idée de la flexion d’un verbe entrant dans l’un de ces groupes. […] Mais pour ce faire, il est bien sûr indispensable de savoir identifier la racine. (Je vous renvois pour cela à l’excellent travail de mon confrère21.)
On pourra remarquer qu’en ne maîtrisant que trois forme verbale (CC, CCC et CCV), l’on peut avoir une idée des deux tiers de la conjugaison (100 Racines-Souches sur les 146).

Les groupes sont les suivants :

Groupe Forme Racine-Souche Traduction Importance
1 CC Kw gratter 51
2 CV Be vouloir 12
3 VC Ûk faire un trou dans la terre 3
4 VV Öe pouvoir 5
5 CCC Vwt’ devoir 26
6 CCV Nmi être 23
7 CVC Chæch piéger 3
8 VCC Ull avoir 10
9 CVV Kee "grotter" 5
10 VVC Âol se lever 1
11 VCV Olo faire du feu 4
12 CCCC Tslt’ confectionner 1
13 CVCC Jüŋj juger 1
14 VVCV Öîjy manipuler 1

Ou « V » signifie voyelle et « C » consonne.
Les trois derniers verbes sont des cas un peu particuliers qui ne seront que brièvement abordés dans ce résumé du parler kardannais.

La deuxième forme de classification est appelée Verticale ou de type V*. Elle assemble les verbes et les racines selon une Valeur* prédéfinie. Cette classification a été mise au point par les chercheurs dans le but de fournir un outil à même d’étudier les verbes, leur origine, leur évolution et les liens qu’ils entretiennent les uns avec les autres. […] Il va de soit qu’elle est parfaitement artificielle et qu’à aucun moment, même chez les linguistes, kardannais ou étrangers, une telle idée de classification des verbes via l’évolution de la racine n’a été envisagée (supposition gratuite de ma part, je le reconnais).
Ce sujet est un fait entièrement technique et je ne donne ci-dessous que les grandes lignes directrices pour que le lecteur éclairé ne se sente pas perdu lors de ses lectures futures s’il se retrouve face à la nomenclature si spécifique de la Verticale.
Chaque verbe est inscrit sur une ligne où il va être décomposé en cinq représentations de lui-même : Souche*, Direction* (A), Référence* (B), Évolution* (C), Valeur et Importance*. C’est cette Valeur qui va nous permettre d’identifier, de classer et de comparer les verbes. Elle correspond à une sorte de plaque d’immatriculation verbale, alignant chiffres, lettres et exposants.
Le premier chiffre correspond au nombre de changements/variations que le verbe subit par colonne. Le chiffre 1 est attribué lorsqu’aucune variation n’est constatée, le chiffre 2 pour une seule variation, le chiffre 3 pour deux et le chiffre 4 pour trois variation, ce qui est le maximum, puisque la variation est considérée par rapport à la Racine-Souche d’origine.
A ce chiffre vient s’adjoindre une série de lettres – A, B et C, – qui viennent indiquer dans quelle colonne le changement s’est effectué (voir ci-dessus). Ainsi, 3BC indique deux changements : un colonne trois et un autre colonne quatre.
Puis, par colonne, vient se greffer un code modificateur.
  1. - Lorsqu’une lettre est Modifiée : un « x » indiquera alors la modification, (par exemple « g » devient « æ »), 2x veut dire que deux lettres ont été modifiées, et 3x que trois lettres ont été modifiées.
  2. - Lorsqu’une lettre nouvelle apparaît, elle sera notée n1 et si elle disparaît, n-1. (Le « n » est utilisé pour « nouvelle », sous-entendu « nouvelle lettre ».) Si plusieurs nouvelles lettres font leur apparition ou disparaissent, elle seront notées n2, n-3, etc... dans l’ordre de leur apparition et leur place dans le verbe. Parfois, il faut bien se méfier : un groupe de lettre peut sembler disparaître pour être remplacé par une nouvelle, alors qu’en réalité, une seule lettre s’efface et qu’une autre sera modifiée. Ex : lorsque « Frw » devient « Fy », le R disparaît (n-1) et le W devient Y (x) ce qui sera noté n-1 x.
    Dans le même ordre d’idées et pour simplifier la notation, lorsqu’un groupe apparaît et/ou disparaît successivement, son écriture sera modifiée de n1 + n-1 en nø, et n-1+ n1 en n-ø.
  3. . Pour indiquer autour de quelle lettre(s) essentielle(s), lorsqu’il y en a, s’opère la ou les modifications, le symbole suivant est utilisé « ‖ » (Double barre), qui indique, grosso modo, le centre de la racine. Une modification complète de la Racine-Souche supprime sa nécessité. Si la racine est elle-même séparée, la Double barre sera utilisée deux fois, pour encadrer la modification.


Voici maintenant un groupe de dix-neuf Racines-Souches qui vous sont présentées dans leur évolution et leur notation (la Valeur).

Souche Direction (A) Référence (B) Évolution (C) Valeur
Öe Öe Öe Öe 1
Kw Kv Kv Kv 2‖x
Pf Ba Ba Ba 2A2x
Kee Ge Ge Ge 2Ax‖n-1
Ëv Ëv Ëv 2An‖-ø‖
Frw Fy Fy Fy 2A‖n-1x
Jüŋj Swü Swü Swü 2An-1+n2‖n-2
Ngw Ngw Ngw Xw 2Cx‖
T’k T’k T’k Tylk’ 2C‖2x‖
Be Be Be Bäe 2C‖n1‖
Lul Un Nu Nu 3An-1‖xBn‖ø‖
Dg Dsæ 3A‖xC‖n1
Ŋk Ng Ng Nig 3A2xCn1
Chæch Chæ Chæ Châ 3A‖n-1C‖x
Ssæ Chy 3An-1C2x
Tfë Fjï 3An-1‖xC‖x
Wv Vy Vy Yw 3An-1xCn-1x
Ûk 3ACx‖
Wr Wr Wër Wâr 3B‖n1‖C‖x‖

Voici les quelques règles qui ont gouverné la détermination de la Valeur.
La Double barre n’apparaît que si au moins un élément (il est dit Permanent) de la racine est conservé de la Souche à l’Évolution et elle encadre le ø et le -ø lorsque ceux-ci tournent autour du Permanent*.
Les éléments de la Valeur apparaissent toujours dans l’ordre « de gauche à droite » avec le Permanent pour centre. Ce qui fait qu’une modification de la colonne deux peut être placée avant celle de la colonne une, si cette dernière voit l’une de ses lettres changée ou modifiée après le Permanent.
Une simplification a été apportée qui n’indique pas l’ordre des modifications par rapport aux éléments non permanents.
Enfin, le classement suit la présentation : chiffre, lettre, exposant (modification, nouvelle lettre).


Définitions

Conjugaison de type H ou l’Horizontale
Elle suit l’organisation du tableau d’Évolution des Formes verbales. En lisant ce tableau, on pourra remarquer que les Groupes racinaires sont réunis horizontalement, d’où le nom de cette conjugaison. Elle classifie les Racines-Souches en fonction de l’ordre d’apparition des consonnes et des voyelles au sein de la racine.

Conjugaison de type V ou la Verticale
Elle suit l’organisation du tableau d’Évolution des formes verbales. En lisant ce tableau, on pourra remarquer que les Valeurs verbales sont réunis verticalement, d’où le nom de cette conjugaison. Elle classifie les Racines-Souches en fonction de leur Valeur, tirée de l’évolution du verbe à partir de sa Racine-Souche et classe ces Valeurs pour l’étude selon un ordre arbitraire.

Groupe de conjugaison
Le Groupe de conjugaison (ou racinaire) est un nombre associé à la classification des Racines-Souches en fonction de leur forme. Ainsi le Groupe 1 correspond à la Forme CC, le Groupe 2 à la Forme CV, etc... On peut appeler un Groupe aussi bien Groupe 1 que Groupe CC, au choix de chacun.

Forme de conjugaison
Indique l’ordre d’apparition des consonnes et des voyelles au sein de la Racine-Souche. La Forme CC indique ainsi deux consonnes qui se suivent et deux consonnes uniquement. Attention, le phonème « ch » ne compte que pour une seule consonne. Il en va de même pour les consonnes éjectives.

Valeur
Code complexe attribué à un verbe donné en fonction de son évolution depuis une Racine-Souche jusqu’à une forme particulière ultérieure. Il permet en un regard d’analyser finement l’évolution d’un verbe au sein de la langue et ainsi d’autoriser des études comparatives.
Il existe de fait des Valeurs différentes pour un même verbe, en fonction du degré de précision que l’on souhaite obtenir, de la partie qui est étudiée et – malheureusement pour l’étudiant, des différentes méthodes d’attribution de la Valeur.


Souche
Indique la Racine-Souche originelle.

Direction
Indique la Racine Directionnelle issue de la Racine-Souche.

Référence
Indique le verbe concerné par l’étude.

Évolution
Indique la manière dont le verbe évolue au sein du Kardannais moderne septentrional. Une autre Évolution (appelée prime et notée Évolution’) peut s’y ajouter qui inclut l’Intégré... Mais son étude n’est pas abordé au sein de ce bref aperçu.

Importance
Indique le nombre de Racines-Souches par Groupes de conjugaison.

Permanent
Un Permanent est une lettre ou un groupe de lettres qui n’évolue pas depuis la Racine-Souche jusqu’au verbe évolué. Par exemple « u » pour « Lul ».

Références bibliographiques

19 : Sut Julia, Quelle place les Racines-Souches occupent-elles réellement dans l’apprentissage de la langue : une langue du peuple pour le peuple ?, in-12, éd. Belin, Paris 1986

20 : Hiine Gabrielle, Du parler Kardan du Ponant : des Oublayeurs, Goujards et autres Fourriers au Maître des comptes ; de l’Acolyte à l’Étincéliste ; des Seigneurs en général... : une même langue toujours différente, éd. PUF, Paris 2000.

21 : Rous Richard, Cour de Doctorat sur l’interpénétration des langages humains de Cérénédie via une étymologie diachronique, éd Université Jean Moulin, Lyon 3, 1997.


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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 0:30

La suite directe... n° 2.

F- La déclinaison verbale

Cette partie est à la fois la plus importante, puisqu’elle permet de conjuguer un verbe, et en même temps, la plus intriquée, en raison des liens étroits existant entre le kardannais et le hadórrnien. Mais elle est peut-être aussi la plus déroutante car la manière dont ses formes flexionnelles sont déterminées, puis utilisées, ne nous est pas habituelle. Pour cette raison, bien que de nombreux sujets soient évoqués dans les lignes suivantes, aucun ne fera l’objet de réflexions approfondies et je vous renvoie pour cela aux définitions (volontairement très développées) et à la bibliographie en fin de chapitre.

Le plus simple serait, bien sûr, de proposer un choix représentatif parmi les 146 verbes et Racines-Souches du kardannais. Simple, mais aussi malheureusement simplificateur de ce que la richesse verbale de ce peuple a à nous offrir et en regard des dernières études fort intéressantes publiées sur le sujet22, 23, 24.
Il n’est pas d’ordre évident pour présenter l’ensemble : classification des recherches, confrontation des théories nouvelles aux théories anciennes, s’aventurer du général au particulier... J’ai choisi, en ce qui me concerne, une présentation au travers d’un exemple, en considérant, tel un fil rouge, un cas particulier, du plus loin que remonte nos sources, pour tenter de comprendre d’où vient ce langage et pourquoi il possède à son époque cette forme si particulière. Cette explication par l’exemple devrait permettre de mettre un peu de lumière sur les vingt-quatre conjugaisons qui suivent et qui donne, à mon sens, une bonne vue d’ensemble de ce que peut être et de ce que peut représenter un verbe chez les Kardans.

1. Du Had’Orrn et de ses racines

Nous savons que pour conjuguer un verbe, il nous faut connaître sa Racine dite Directionnelle qui va nous conduire à une Racine dite Souche. C’est le B.A.-ba.
Pour illustrer ce propos, nous allons donc prendre l’exemple du verbe Chloj (épargner) et le suivre tout au long de l’analyse.
La Racine Directionnelle de Chloj est chl (ce qui signifie que tous les verbes dont la Racine Directionnelle est chl mèneront à la même Racine-Souche) ce qui nous conduit à la Racine-Souche Chll (le Groupe CCC ou Groupe 5, voir 2. ci-dessous).
Or, si la Racine-Souche sert à définir la manière dont on conjugue en kardannais (ce que l’on peut faire en apprenant les listes de conjugaison par cœur), comprendre pourquoi c’est ainsi qu’elles fonctionnent nécessite de connaître les Teneurs* dont elles dépendent, ainsi que l’origine de celles-ci.
La Racine-Souche Chll est l’un des rares cas connu plongeant jusqu’au cœur de la langue de Had’Orrn, car nous savons que sa Figure* est la Tresse d’I’aox’A*, tirée du cycle des légendes de l’Empereur N’Uu*, et qu’il est représenté par le mot Id’Ohiré* (qui est le Terme* de cette Forme* et de cette Figure, associés).
Bien évidemment, posséder le modèle de conjugaison Racine-Souche permet de le transposer à la Racine Directionnelle du verbe de base et ainsi de le conjuguer, sans avoir à s’embêter avec de telle considération.
Prenons donc ici un autre exemple pour illustrer le problème que nous pose la relation flexion / Teneur, avec le verbe Chp’ǣkk (voyager). Racine Directionnelle et Racine-Souche sont identiques : Chp’ (soit le Groupe CC ou Groupe 1). La référence pour ce Groupe est le verbe Kvi (Racine-Souche en Kw). Regardons alors sa flexion (voir ci-dessous) : nous observons que si nous voulons conjuguer le verbe au Progressif, elle se fera en -ex, ce qui donnera Chp’ǣkkex. Et si nous avions voulu de l’Égressif, cette table nous aurait montré la flexion suivante : -ëxelö ; soit pour notre verbe une conjugaison en : Chp’ǣkkëxelö.
Mais ce faisant, nous ne pouvons nous empêcher de nous poser cette question : d’où viennent les flexions concernées (ici -ex et -ëxelö) ? Dans le cas présent, nous l’ignorons car nous ne connaissons pas les Teneurs dont elles dérivent et nous ne pouvons relier ce verbe et ses flexions à aucune origine connue.
Revenons-en alors à notre premier exemple : sa flexion du Progressif se fera en -id, et celle de l’Égressif en -ido ; et nous savons que ces différentes flexions proviennent en partie de Teneurs elles-mêmes issues du Terme qu’est Id’Ohiré (qui n’est que l’une des sources possibles de la flexion). Ce qu’il nous faut alors étudier, c’est 1- : comment la forme Id’Ohiré a pu évoluer pour finir par donner les 6 flexions connues (issues de ce Terme) au verbe Chloj, et 2- : pourquoi cette forme en Id’Ohiré ?

Comme nous l’avons vu au début de ce chapitre, la langue hadórrnienne est presque complètement perdue. Presque, mais pas entièrement. A partir des bribes de textes qui en parlent et de l’étude des langues connexes25, un semblant de reconstruction a pu être avancé26. Nous ne nous attacherons pas aux débats (parfois houleux) qui émaillèrent ces recherches (et qui l’émaillent encore) et, d’une façon très générale, nous ne présenterons ici que la théorie actuelle27[...], considérée par une majorité d’entre nous comme étant la moins sujette à controverse et comme présentant – pour le moment – les meilleures réponses à la question qui nous intéresse tous : comment la langue de Had’Orrn était-elle parlée ? [...]

Très peu de verbes hadórrniens nous sont connus. La liste de ceux que les chercheurs considèrent comme certains présente 47 entréesvoir 26. De ces verbes et des Racines-Souches kardannaises, une tentative d’évolution des langues a été avancée : celle de la Linguiphonie*28.

Le Hadórrnien, en raison de ses croyances, attache une grande importance à la Symbolique*, terme qui désigne le rapport qui existe entre les Manifestations* et les Essences*. Pour éclairer un peu le sujet, prenons quelques exemples :
En regardant le ciel, en levant la tête ou plus simplement les yeux, tout habitant d’Ænotis peut apercevoir deux soleils. Ils sont de l’ordre de la Manifestation, des objets réels, palpables et dont l’existence est vérifiable. Chacun de ces soleils est donc un Signe* dans le ciel. La réunion, au demeurant naturelle, de ces deux soleils, en une seule « individualité », forme ce que l’on appelle un Couple*, Couple qui a dû posséder un nom pour le définir (un peu au même titre que Dalglynríoné chez les Néhíël) et qui serait sa Forme.
Ainsi, le Couple « Dalglynríoné » est une Forme et possède cinq Domaines* connus (mais peut-être y en avait-il d’autres) : le rapport homme / femme, la famille, la vie, l’éternité et l’abondance. Chacune des trois lunes d’Ænotis possède en moyenne six Domaines. Jahrôm est connue pour l’orange (la couleur), la mélancolie, les vaisseaux (navires), l’éloignement, le retour et l’oubli. Pour résumer, sur chaque effet, sur chaque corps présent dans le Ciel* (sur chaque Manifestation) est donc venu se greffer, se superposer une notion plus ou moins abstraite, une idée, un objet qui, afin d’éviter tout confusion s’appelle un Domaine.
C’est ainsi que dans le ciel, certains phénomènes sont puissamment rattachés à de tels concepts : les comètes, les pluies de météorites, les éclipses, mais aussi les étoiles, les constellations et les Chemins d’étoiles*.

Reprenons notre exemple. La Tresse d’I’aox’A est la Figure pour la Forme T’yæŕk*, un Chemin d’étoiles et dont le Domaine est la Mansuétude. Qu’est-ce que cela signifie ?
Cela signifie que pour les Gens de Had’Orrn, l’idée ou les notions de Mansuétude étaient représentées par un Chemin d’étoiles, visible dans le ciel (une Manifestation, donc), appelé T’yæŕk et que l’on va définir comme étant une Forme qui va s’énoncer dans le discours via la mot Id’Ohiré (qui lui est un Terme). Cette Forme est la manière de représenter matériellement dans notre univers une idée abstraite, et cette représentation va vivre tel un individu dans l’esprit des hadórrniens au travers la Figure de la Tresse d’I’aox’A.

Il nous faut ici analyser précisément ce qu’est un verbe pour les Gens de Had’Orrn, car ne perdons pas de vu que le Terme Id’Ohiré est une forme verbale que l’on pourrait traduire par « mansuétiser », c’est-à-dire faire preuve, faire acte, de mansuétude.
Le verbe, c’est la source de l’acte de parole, ils sont ce qui matérialise la pensée et la fait entrer dans le monde réel. On les appelle pour cette raison des Véhicules*. Il semble que chaque verbe était porteur d’une idée, le Véhicule d’une idée, idée que l’on va appeler Noème*. (L’on admet aujourd’hui qu’à un Noème déterminé pouvait correspondre plusieurs Véhicules. Cela demeure néanmoins du domaine de l’hypothèse et il existe quelques contres-exemples.)
Mais un verbe, c’est aussi la description de la réalité, l’événement qui se produit. Il est une base solide sur lequel on peut bâtir un énoncé, une vérité, un état. Or, Noumène*, Influences* et Symbolique (via le Terme) demeurent en étroite relation (et c’est là un sujet d’étude assez complexe). On suppose que pour un Véhicule ne va correspondre qu’un Terme, c’est-à-dire que nous tenons là une antériorité avec le Véhicule qui devient Terme. Comme nous l’avons dit (dans les définitions), ce Terme est régit par toute une cascade d’effets (les Influences) qui vont permettre d’orienter la flexion du verbe pour aboutir au dernier maillon de cette chaîne de symbolisme : la Teneur. Elle dépend des circonstances et va donc être peu à peu dérivée du groupe verbe/Terme, pour lentement devenir la source des déclinaisons.
C’est là ce que nous pensons être à l’origine de la formations des aspects – ce moment précis où la Teneur rencontrera la Racine-Souche. Cette Teneur va ainsi être l’héritage des différents moyens de conjugaison du verbe porteur de l’idée évoquée.

Reprenons : l’évocation de l’idée de Mansuétude (Domaine), son sens, sa signification profonde, essentielle, est représenté pour le Peuple de Had’Orrn par un ensemble d’étoiles dans le ciel formant ce qu’ils appellent un Chemin d’étoiles et qui porte le nom de T’yæŕk. T’yæŕk est ce que l’on nomme de manière générale une Forme. Sur cette Forme est venue se greffer, comme pour beaucoup, une histoire, une légende qui nous est connue ou rapportée à travers le conte de la Tresse d’I’aox’A. Cette dernière est la Figure de la Forme T’yæŕk. Or, le Terme que va prendre cette Figure dans le discours, sera Id’Ohiré – où l’on peut dire qu’Id’Ohiré est une traduction pour le Noème de la Mansuétude.
Ensuite, en fonction des événements qui vont affecter le Chemin d’étoiles (par exemple, des étoiles filantes le parcourant, une ou plusieurs étoiles qui disparaissent/apparaissent sur l’horizon, la traversé, complète ou partielle, de constellations, etc...), ainsi que d’autres paramètres encore mal définis (comme la nature de qui s’exprime [mais pas le sexe, voir le Chapitre 2]: sa condition sociale (voyageur ou non voyageur), son état (adolescente ou vieil homme), le moment de la journée où l’on parle (aube, jour, nuit, crépuscule), de la saison, etc...), le Terme va subir des modifications : il est conjugué. Et ce sont les résultantes de ces conjugaisons qui – pour des raisons mal connues font se fixer en Teneurs qui à leur tour se fixeront au discours.

Cette évolution nous est donc obscure. Comment de ces Teneurs / flexions en est-on venu aux Racines-Souches, à leur conjugaison et aux différents aspects possédés par les Kardannais ? Les études manquent cruellement et les suppositions vont bon train.
Sans avoir la prétention de donner ici une réponse, même partielle, sur la question, les réflexions suivantes pourraient éventuellement orienter les sujets d’études à venir :
Il semble qu’à une racine d’origine hadórrnienne (elles nous sont toutes inconnues, si elles existent et il ne faut pas les confondre avec les racines construites*, issues des verbes dont nous ignorons la racine) qui reste stable et qui doit, peut-être, régir l’idée même du verbe (voir la définition de Véhicule) vient s’adjoindre des affixes variables, les fameuses Influences pour donner au verbe un sens précis. Et qu’à ce sens, se dérivera la Teneur. C’est ainsi qu’une forme verbale apparaît (racine construite pour former un Véhicule, Véhicule devenant un Terme et Terme qui va se conjuguer aux moyen d’Influences) et qu’elle va se fixer au fil du temps... pour ensuite délivrer une forme proche de la Racine-Souche telle que nous la connaissons, au travers des modifications des Teneurs comme les générations se succèdent. Mais comment ces Racines-Souches en sont-elle venues à flexionner les aspects ? Certains chercheurs pensent qu’en fait la forme verbale fixée ne l’est devenue que pour un seul aspect et non pour une Racine-Souche. Mais comment alors expliquer que de ce seul aspect puisse dériver une Racine-Souche qui en commande, par la suite, vingt-quatre ? Et ce n’est pas là le moindre problème à résoudre.

Et puis il y a ceux qui contestent cette théorie. Certains phénomènes astronomiques, comme les conjonctions lunaires, ne sont pas pris en compte. Ainsi, quelques verbes dont la Symbolique se rattache bien à un Terme, se voient adjoindre une Forme différente et ce cas, pour une même Figure, peut se répéter jusqu’à quatre fois. (Pourrait-il y avoir plusieurs Formes pour une même Figure?) Plus gênant, des verbes dont la racine construite semble bien établit, se voient attribuer des affixes différents lors de leur fusion avec des Teneurs (Ces derniers ont-ils quelque chose de particulier?) Tout ceci ne ressemble en rien avec ce qui est constaté : ces constructions demeurent inexplicables.

Des études récentes commencent à émerger pour tenter de combiner de manière réfléchie les Aspects et les flexions des racines. Les opérations constatées tendent à associer des fonctions cycliques et duales au sein des flexions et au sein des Teneurs. Ainsi, il y aurait par exemple, une dualité lors du cycle et une autre dans le cycle, la première étant une simple Teneur que l’on voudrait rattacher à la marque de l’Irréel. Une telle idée est difficile à confirmer en raison du manque des sources, mais un tel projet ne peut qu’apporter des éclaircissements sur l’évolution des deux langues29.


Définitions

Teneur
La Teneur est un son assez court constitué de une syllabe à trois syllabes maximum et qui provient de la manière dont la conjugaison hadórrnienne se construisait. Au fil du temps, alors que la langue avait disparu (du moins, ses locuteurs), des espèces de « formes-sons » de cette conjugaison se sont conservées : les Teneurs, et elles en sont venues après bien des aléas évolutifs à flexionner les Racines-Souches des verbes kardannais.
Dans l’exemple choisi pour illustrer notre propos, le Terme Id’Ohiré nous a donné comme Teneurs connues : -ir, -irr, -id, -idé, d’o (= -odo-) et d’ohi (= -odi).
Il faut néanmoins mentionner l’existence d’une théorie qui suppose que les Teneurs ne sont pas associés aux Racines-Souches mais aux Aspects et que ce sont ces groupes sonores qui ont par la suite influencés les Racines-Souches. Mais un tel point de vue n’est en règle générale pas admis.


Figure
Une Figure est la représentation fixée dans le ciel d’un des éléments constitutifs des Contes et des Récits (Voir la définition du mot Symbolique). C’est un signifié qui renvoi à la Symbolique de Had’Ornn.
Ainsi, sur la manifestation physique d’étoiles dans le ciel, pris selon un ensemble socialement et théologiquement acceptable, en l’occurrence un Chemin d’étoiles dont le nom est T’Yæŕk, est venu se greffer une valeur symbolique connue sous la dénomination de Tresse d’I’aox’A, tirée de la Légende de l’Empereur N’Uu.
Attention néanmoins : les Figures ne renvoient pas qu’à un simple symbole (encore que tout symbole soit rarement simple), mais bien à une légende qui est porteuse de sens et dont la Figure en est l’instantané, l’image immédiate.


La Tresse d’I’aox’A
Elle est la Figure d’un des aspects de la Légende de l’Empereur N’Uu et s’applique au Domaine de la Mansuétude. Elle est une sorte d’image comme pour nous le Lion l’est d’un regroupement d’étoiles que l’on a dénommé comme constellation.

Le Cycle des Légendes de l’Empereur N’Uu
Tout comme sur Terre, il existe sur Ænotis des récits historiques, des récits mythologiques et une sorte de mélange, de confusion des deux genres, à la manière d’un Arthur de Bretagne. Le Cycle de l’Empereur N’Uu est un récit d’avant le Cataclysme narrant les faits et gestes d’un homme connu sous le nom de Yal’Un’nUn. Cette légende ne nous raconte pas seulement ses actes et ses aventures, mais nous plonge aussi dans son intimité, nous révèle ses pensées les plus secrètes, son intériorité, ses doutes et questionnements.
Car cette figure tragique a été prise sous le coup d’une décision supérieure l’obligeant à revêtir les habits de l’Empereur. Un brin couard, hésitant et fort mal informé, ses erreurs furent parfois dramatiques et son fardeau écrasant. Pourtant, « au terme d’un chemin long d’errance et de doutes, jonché de cadavres silencieux hurlant lors de rêves désespérés leur impuissance, cette injustice, Yal’Un’nUn acquis une sagesse unique »°, sagesse qu’il put et qu’il sut transmettre à ses successeurs, leurs évitant par son histoire de refaire les erreurs du passé, celles qu’il commit lui-même.
Or, lors des dix premières années de son règne, il fut surtout connu pour son absence totale de pitié. Non que N’Uu fut un homme mauvais, un despote ou un être incapable du moindre sentiment humain, mais qu’enfermé, pris au piège de la régence et privé de la capacité de considérer une situation selon tous ces aspects, de faire preuve d’une sorte d’analyse synthétique, il se retrouvait dans l’impossibilité de prendre la moindre décision et s’en reportait systématiquement aux strictes délimitations imposées par la loi.
Jusqu’à ce que par le plus grand des hasards (ou bien poussé par les Sages, diront certains), il en vint à connaître I’aox’A, jeune femme spontanée, vivante et attachante qui se vit condamnée à la vieillesse éternelle. Et pour la première fois, le cœur de N’Uu s’en émut, comprenant avec une acuité encore jamais atteinte, la parfaite injustice de la sentence et l’inadéquation de la règle aux individus. N’Uu pleura puis, mû par un sentiment soudain qui gonfla son cœur, il saisit son pleur et en fit une lame fine et coupante. Alors il attrapa la longue et noire chevelure d’I’aox’A, la trancha nette d’un coup et dit : « Que la sentence pesant sur I’aox’A, qu’entre mes mains je tiens, s’accomplisse. » Et l’épaisse chevelure se grisa,vira au blanc et s’effilocha, rachitique. Et bien que jamais plus les cheveux soyeux I’aox’A ne repoussèrent, sa vie venait d’être épargnée et la mansuétude nouvelle de N’Uu entra dans la légende pris le nom de T’yæŕk, le Chemin d’étoiles.
° Tiré de « l’Ère sanglante de l’Empereur décrété. »


Id’Ohiré
Terme permettant à la Tresse d’I’aox’A d’entrer dans le discours réel. Ou pour dire les choses plus simplement, un mot.

Terme
Le Terme est un élément du discours. C’est le plus souvent un mot qui traduit la Figure dans une forme acceptable pour pouvoir être transcris de manière effective et ainsi enrichir la langue parlée de Had’Orrn. Dans le langage, ce Terme va naturellement subir des modifications (et à ce niveau là, on ne peut plus parler de simple flexion) qui sont dû aux Influences que subissent les Termes via le comportement de la Figure dans le ciel.
Nous ne savons pas comment ces mots se sont formés. Nous savons seulement qu’ils sont considérés comme étant l’accomplissement, l’achèvement de la parole humaine pré-cataclysmique. Id’Ohiré est le Terme de la Figure de la Tresse d’I’aox’A.
C’est en partie de ce Terme que la flexion du verbe Chloj est dérivée. En partie seulement car il y a certainement eu amalgames, fusions et dérivations à partir de plusieurs Termes. Il faut se garder de considérer la seule flexion de Chloj pour en faire l’analyse, mais prendre aussi en considération le Verbe référence, ceux dérivés et ceux du même Groupe comportant des exceptions, comme Chloj.


Forme
C’est le nom donné soit à un Couple particulier, soit à la réunion de plusieurs Couples. Le Ciel est naturellement considéré comme une Forme. Ænotis peut être soit un Signe (elle s’associe alors à un autre Signe), soit une Forme (car elle devient un groupe unitaire auquel le Ciel est rattaché.) Comme exemples de Formes complexes, nous pouvons donner : une constellation (formée de plusieurs étoiles plus ou moins réunies en Couples), une étoile Signe associée au Couple des soleils, ou encore un Couple d’étoiles associé à la Terre Signe.
T’Yæŕk est le nom d’une Forme, réunissant 18 Couples ou 52 Signes qui composent ce Chemin d’étoiles.


La Linguiphonie
C’est le nom que l’on donne à l’évolution des langues humaines depuis les origines connues (le peuple de Had’Orrn) jusqu’à nos jours […]
Si le sens des mots et leur signification symbolique se sont effacés au fil du temps pour finir par disparaître, les particules sonores qui les composaient (phonèmes) ont en partie réussi à perdurer et à se transmettre de générations et générations.
Puisqu’il existe une continuité socioculturelle entre Hadórrniens et Kardans, il semble logique que ce soit ce dernier peuple qui ait hérité de la plus grande part de ce legs linguistique. Souvent d’ailleurs, lorsque l’on parle de Linguiphonie c’est pour faire référence à ce domaine d’étude qui relie la langue de Had’Orrn aux langues kardannaises.
Mais d’autres langages, provenant pour majeure partie des débris du peuple de Had’Ornn après le Cataclysme ou encore des errances puis des convergences futures des Kardans avec d’autres peuplades (humaines et non humaines), révèlent parfois (souvent) via la Linguiphonie, de liens profonds avec ce peuple des origines.


Symbolique
La Symbolique est un rapport, celui du lien entre deux éléments que la pensée hadórrnienne réunie en un même ensemble [...], les Manifestations et les Essences.
Le Ciel, emplis de Manifestations, est la place de la Symbolique où vont figurer : les Contes, d’avant la venue des hommes ; les Mythes issus des Sages ; et les (Cycles des) Légendes, des hommes ayant côtoyé les Sages. Mythes et Légendes forment ce que l’on appelle les Récits.
Elle est au cœur des croyances, de l’histoire, de la société et surtout du langage, ce langage dont les formes premières dérivent directement de la représentation symbolique qu’on les Hadórrniens de leur univers.


Manifestations
C’est le nom donné à l’ensemble formé par les Signes, les Couples et les Formes. Ils viennent compléter les Essences. Ces notions peuvent alors être entendues soit dans leur globalité, soit dans leur unicité si une distinction est inapproprié ou sans importance. Les Manifestations sont grosso modo la représentation matérielle de la Symbolique dans le Ciel – ils sont le signifiant – et constituent l’une des deux vastes parties de cette Symbolique.

Essences
C’est le nom donné à l’ensemble formé par les Figures, les Termes et les Domaines. Ils viennent compléter les Manifestations. Les Essences sont la marque du symbolisme de ce peuple, symbolisme qui s’est fixé sur les Manifestations.
Elles ne sont en aucune façon de l’astrologie. Il n’y a pas de recherches divinatoires, de lecture de l’avenir ou d’un quelconque contrôle sur les faits et les gestes des individus [...]. Il ne faut pas non plus se conformer aux Essences, comme s’il s’agissait d’archétypes auxquels ils seraient nécessaire de ressembler. Au contraire, les Essences intègrent les fonctions religieuses et sociales de la vie du peuple de Had’Ornn en ce sens qu’ils en sont à la fois la représentation, mais aussi les réalisations. [...] Ils recouvrent évidemment une dimension mythologique, car ce n’est pas sur Terre mais dans le Ciel que prend place les Contes et les Récits. Et cette histoire va servir de guide, de grille d’interprétation – via des symboles – pour pouvoir éclairer, comprendre et/ou interpréter la vie ici bas : elles développent l’aspect social et individuel de ce peuple au travers de son langage basé sur la Symbolique. C’est ce que G. Durand a appelé des structures isomorphes30 (et pour une étude de l’évolution de ce langage en une structure de conformation schizomorphique, consulter sa bibliographie, en fin de volume de la nouvelle édition, 1989).


Signe
Tout corps ou phénomène particulier présent dans le ciel ou étant considéré comme appartenant au Ciel. Chaque élément envisagé comme remarquable et observable dans le ciel et le ciel lui-même peuvent et doivent former un Signe.
Des exemples de Signes évidents sont Ænotis, Niris, Jahrôm ou Talina... Mais sont aussi des Signes, un étoile (en tant que telle, absolue), le coucher d’un soleil, le bleu céruléen du ciel, certaines formations nuageuses, le tonnerre ou encore l’alternance du jour et de la nuit.
Chaque étoile visible est toujours considérée comme un Signe.
Dans l’exemple qui nous occupe, le Chemin d’étoiles T’Yæŕk est composé de 52 étoiles.


Couple
C’est la réunion de deux Signes ou plus. Notion très importante car seul un Couple peut constituer une Forme. Lorsqu’un tel Couple donne le sentiment d’être isolé, c’est qu’on lui associe de manière sous-entendu soit la planète, soit le Ciel. Tous les éléments vont au moins par paire, toujours. Deux étoiles peuvent former un Couple ou bien une étoile simple, mais considérée par rapport à la Terre ou à sa place dans le Ciel. Tous ces Couples peuvent être envisagé, en tant que tels, comme des Formes. Et il se trouve systématiquement un minimum de deux étoiles / deux Signes par Couple (début et fin d’une durée de Temps). Tous ces Couples peuvent former un Chemin d’étoiles et dans celui de notre exemple, il se trouve 18 Couples à la base de T’Yæŕk.
Il ne semble pas que ces chiffres aient quant à eux la moindre signification ou incidence symbolique.


Domaine
C’est ce qui va caractériser la vie (famille, société), ce qui fait que la vie prenne corps ou puisse exister, c’est-à-dire advenir dans la réalité (les sensations [comme une couleur ou une odeur], un élément matériel réel d’importance [le feu, un navire, un arbre, un vêtement, voire – fait unique - une recette de cuisine, un peu comme pour chez nous, la poule au pot qui est, de suite, évocatrice de... quelque chose], ou un état pris dans son intemporalité [l’éternité, la mélancolie, l’espoir]). Bien que ces Domaines puissent sembler irrationnels, la nature de leur choix (comment ils sont venus à prendre de l’importance) est un fait historique et religieux assez bien compris, et qui recouvre non pas tous les possibles, mais un ensemble de Domaines finis, en une liste exhaustive (que nous ne possédons pas, malheureusement). Tout nouveau concept, toute nouvelle idée prenant de l’importance viendra normalement et naturellement s’intégrer dans un Domaine préexistant. Mais ce n’est pas un tabou et bien que rarissime, l’apparition d’un nouveau Domaine reste toujours envisageable. Cf, l’étude complète des Domaines connus.
Le Chemin d’étoiles T’Yæŕk correspond ainsi au Domaine de la Mansuétude. Contrairement à d’autres Manifestations, T’Yæŕk ne comporte qu’un seul Domaine (et par voix de conséquence, qu’une seule Figure et qu’un seul Terme; c’est peut-être ce qui lui a permis de traverser les siècles).


Ciel
Il est double par nature. C’est le lieu où tous les Signes, quels qu’ils soient, prennent place (le ciel), mais il est aussi la réunion de tous les Signes en un seul, comme s’il figurait un grand Signe ou un Signe supérieur (le Ciel [N.d.A. : je vous renvoie pour cela à l’étude des religions d’Ænotis et je précise que pour les kardans, le Ciel est féminin]). Aussi, le Ciel en tant que grand Signe est toujours considéré comme une Forme. Le Ciel représente le savoir de l’homme, savoir qu’il tient de la parole des Sages, parole qui s’est inscrite dans le ciel et que les hommes vont traduire dans leur propre langage. C’est donc aux hommes d’aujourd’hui de savoir lire, interpréter et retranscrire correctement ces paroles/symboles pour structurer leur discours : le Ciel est la première brique du langage hadórrnnien.

Chemin d’étoiles
Il s’agit d’une route imaginaire et que : 1- l’on peut soit se figurer, soit suivre du regard en levant les yeux, qui : 2- part de l’un des points cardinaux pour aboutir à un autre, et qui : 3- est au minimum composé de 28 étoiles (en rapport avec les calendriers). Une telle route n’est jamais visible dans le ciel dans son entier. Un Chemin d’étoiles est une Forme, c’est-à-dire un Couple ou bien la réunion de plusieurs Couples, eux-même formés d’au moins deux Signes.

T’Yæŕk
Nom donné à un Chemin d’étoiles et constituant une Forme.

Véhicule
C’est un phonème, un son, un bruit qui, via la parole, va traduire ou plutôt transporter une idée au sein du monde réel. Ce Véhicule est toujours une forme verbale car le Peuple de Had’Orrn considérait les idées, les Noèmes comme des principes d’action, agissant directement sur le réel. Verbe est donc un synonyme de Véhicule.
Les phonèmes de ces Véhicules sont bâtis, d’après ce que nous en savons, sur les racines construites (voir ce mot) et ils nous permettent ainsi, bien maigrement, de lever le voile qui dissimule les toutes premières langues de l’humanité lorsque celle-ci côtoyait les Wëmanath.
Sans pousser très loin l’analyse, on peut avancer que l’action, c’est-à-dire l’action de faire, ce qui agit, est le moteur de tout événement. [...] Et que donc, il est ou il représente, la vie. Or cette action est naturellement représentée par le verbe, verbe qui est la première expression de la parole. C’est ainsi que par le verbe, se trouve joint deux éléments de la philosophie (ou de la religion) constitutrice des Hadórrniens : le passage des abstractions vers le monde réel où, en quelque sorte, ils prennent vie, et la révélation de l’événement par l’intermédiaire de la parole, où l’action devient vraie, vivante. La parole est donc doublement constitutrice de la vie : elle l’engendre par le Noumène véhiculé et la révèle via le verbe.


Noème
Le Noème, c’est le nom donné à une pensée précise [...], pensée qui ne peut être qu’une action et qui a besoin d’un Véhicule pour se transporter du monde des pensées, des abstractions (le Noumène) au monde réel : le verbe.
Un Noème est un état absolu qui existe uniquement au travers du Noumène. Il est antérieur à l’humanité et aux Wëmanath même, est c’est à eux, à l’aide de leur intelligence, de la perception qu’ils ont de ce qui les entoure, de découvrir, de rechercher et de mettre au jour les concepts fondamentaux préexistant dont ils pourront se servir pour communiquer.
C’est de là, en tous les cas d’après leur mythologie, que provient l’acte de parole qui, en se sens, possède quelque chose de divin, de relationnel, de fusionnel avec la création.


Noumène
C’est la pensée immatérielle s’exprimant par des mots son pour s’incarner dans la réalité et prendre ainsi vie via le discours. On peut schématiquement considérer qu’il s’agit de la réunion de la Noème, du Véhicule et de la Teneur. La Noème est ainsi une infime partie du Noumène qui s’incarne en un Véhicule pour passer dans le discours courant... Puis, les phonèmes de ces Véhicules vont évoluer au fil du temps pour ne plus exister qu’au sein de Teneurs (en l’espèce, des sons syllabiques) qui ne feront que conserver la trace de ce que les Véhicules représentaient, ces Teneurs étant les derniers éléments du Noumène Hadórrnien présent dans le langage kardannais.

Influence
Une Influence est le courant majeur qui traverse un locuteur au moment où il s’exprime et la caractérisation d’un événement venant perturber le cours normal d’une Figure dans le Ciel. Par courant majeur, on entend par là ce qui définie le locuteur ou ce qui va dans sa situation ou son émotion, motiver son discours. Si l’on suppose (probablement à tort, selon mon opinion) que ces Influences étaient fort nombreuses, variées, et très spécifiques à l’aube du langage, on pense qu’elles se sont par la suite regroupées et synthétisées pour se fixer selon des schémas devenus invariant. Il est difficile de reconstituer une évolution réelle par manque de source.
Un Domaine est par nature pérenne. Une Influence est par nature ponctuelle, même si cet instant peut durer longtemps.
L’Influence majoritaire et qui écrase les autres par sa constante est la période d’existence du locuteur au moment où il parle : jeune enfant, adolescent, adulte, ancien. Les trois Influences suivantes peuvent éventuellement la remplacer ou la compléter : le moment de la journée où il s’exprime, sa condition sociale, sa place au sein de sa famille. On pourra trouver plus rarement son état de santé, son état émotionnel, son degré de proximité par rapport à un événement marquant ou à une personnalité, son appartenance à un groupe spécifique, etc...
Très souvent, l’Influence va être notée au sein du discours par une sorte d’accentuation des mots (majuscule et minuscule) et de la phrase, mais avec le temps, cette accentuation, par groupe de mot, va se retrouver en partie figée. On aura ainsi une Influence via suffixe (jamais préfixe), mots de liaison très courts, et accentuation.
A l’inverse, les Influences des Figures en elle-même, modifie profondément le Terme dans sa structure. En général, si l’Influence du locuteur possède le caractère instantané de la parole qui s’exprime, celle de la Figure s’inscrit davantage dans la durée (mais ce n’est pas systématique), période de temps particulière qui influencera l’Influence du locuteur. On parlera donc d’Influence céleste et d’Influence terrestre, la première étant toujours la base, le socle sur lequel vient s’appuyer la deuxième.
L’Influence est la deuxième brique du discours Had’Ornien.


Racines construites
La racine construite nous emmène fort loin, au-delà du temps des hommes, aussi resterons-nous volontairement très succincts.
Les racines construites sont les toutes premières traces que nous possédons des langues humaines. Si le peuple de Had’Orrn (et sa culture) sont la première civilisation humaine connue, il est presque certain que les premiers hommes n’étaient pas de Had’Orrn. Il existait donc des pré-cultures, des groupes ethniques inconnus, suggérés par de vagues références (qui sont décelables grâce à l’onomastique et la toponymie, cf la bibliographie ci-dessous), et à ce qu’il semble, sous la directions des Wëmanath. Les langues wëmanites, les langues de ces premiers humains, et la langue de Had’Orrn (durant les premiers siècles de son existence et que nous ne connaissons pas), auraient donné des groupes syllabiques que, par ignorance, nous appelons : racines construites. Nous n’en n’avons identifiées que très peu (et presque toujours via la toponymie) et elles sont véritablement les premier témoignages des langues des ancêtres des Kardans.
’T’Ur’rh est une de ces racines construites... Ne me demandez pas de vous la prononcer, mais seulement de vous dire que c’est de cette racine qu’est issu le Terme Id’Ohiré.
Ainsi, sous vos yeux, de ’T’Ur’rh à Chlöŋdyirr, 5000 années d’histoire se résument.



Références bibliographiques

22 : Bellens J., La question de l’emploi du passif en langues kardannaises : imaginaire, l’actif indirect?, éd. Ellipses, coll. Langues, Paris 2010. (N.d.A. : je donne ici, en fait, les trois derniers ouvrages parus sur des questions d ’ordre grammatical et syntaxique, à titre d’exemple. S’ils ne sont peut-être pas les plus pertinents, ils restent à mon avis, représentatifs de l’état des études kardannaises et de leurs avancées aujourd'hui.)

23 : Lampos Danielle, Le genre en kardannais : problème posé par les mots d’origine étrangère, éd. Les Presses universitaires de Perpignan, Perpignan 2010.

24 : Démélesse Renée, La déclinaison des noms propres en kardannais, éd. Arman Collin, coll. U, Paris 2011.

25 : Dérliot Henri, Manuel de hadórrnien vol III : L’épigraphie guerrière et magique, rituels, sens et symboles, éd. Geuthner, coll. Manuels, Paris 2007.

26 : Hullar Michelle, La langue de Had’Orrn : un essai de reconstitution impossible. Une langue pour toujours perdue ?, éd. Errance, 2002.

27 : Bassani Olivier et Chaèld Jacques, Des racines construites au tenures... Le symbole a-t-il devancé le langage humain ?, éd. Pontifico Instituto Boblico, Roma 2005.

28 : Lameguell Sandrine, Linguiphonie générale : Kardans, Vélèks, Adymouris, Djaghadaïs, Quèds, Hâtres et Uh-Ahti, une origine commune mais plurielle du langage, éd. Ophrys, coll. Bibliothèque de Faits des Langues, Paris 2008.

29 : Hin-Kinneth Jenny, Hadórrniens et Kardans, un monde dual : reflexivité de la société sur le langage, éd. des Archives contemporaines, Paris 2010.

30 : Durand Gilbert, Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod (1re édition Paris, P.U.F., 1960).



3. La Conjugaison


Le Groupe CC ou Groupe 1

Racine-Souche Verbe référence Verbe dérivé Verbe du même Groupe
1- Kw -lö Kvilö Kviŕchulö Xt’aalö
2- Kw -loo Kviloo Kviŕchuloo Xt’aaloo
3- Kw -lölö Kvilölö Kviŕchulölö Xt’aalölö
4- Kw -llæ Kvillæ Kviŕchullæ Xt’aalæ
5- Kw -llǣl Kvillǣl Kviŕchullǣl Xt’aalǣl
6- Kw -llæö Kvillæö Kviŕchullæö Xt’aalæö
7- Kw -exle Kviexle Kviŕchuexle Xt’aale
8- Kw -exlö Kviexlö Kviŕchuexlö Xt’aalö
9- Kw -ex Kviex Kviŕchuex Xt’aax
10- Kw -exexlë Kviexexlë Kviŕchuexexlë Xt’aaxexlë
11- Kw -elx Kvielx Kvielx Xt’aalx
12- Kw -ellxl Kviellxl Kviŕchuellxl Xt’aallxl
13- Kw -ëxl Kviëxl Kviŕchuëxl Xt’aaëlx
14- Kw -ëxx Kviëxx Kviŕchuëxx Xt’aëx
15- Kw -ëxelö Kviëxelö Kviŕchuëxelö Xt’aaxelö
16- Kw -ëxölx Kviëxölx Kviŕchuëxölx Xt’aaxölx
17- Kw -ö Kviö Kviŕchuö Xt’aam
18- Kw -öo Kviöo Kviŕchuöo Xt’aann
19- Kw -öm Kviöm Kviŕchuöm Xt’aaŋ
20- Kw -oom Kvioom Kviŕchuoom Xt’aaom
21- Kw -æ Kviæ Kviŕchuæ Xt’aaä
22- Kw -æŋ Kviæŋ Kviŕchuæŋ Xt’aaäŋ
23- Kw -æŋŋ Kviæŋŋ Kviŕchuæŋŋ Xt’aaäj
24- Kw -ǣj Kviǣj Kviŕchuǣj Xt’aaj


Le Groupe CV ou Groupe 2
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Be -nïDbenïDbäenïBëvnï
2Be -niiDbeniiDbäeniiBëvnii
3Be -niŋDbeniŋDbäeniŋBëvniŋ
4Be -nnyDbennyDbäennyBëvnny
5Be -nynDbenynDbäenynBëvnyn
6Be -nyaDbenyaDbäenyaBëvnya
7Be -mwaDbemwaDbäemwaBëwa
8Be -mwuDbemwuDbäemwuBëwu
9Be DbeDbäeBëvv
10Be -mamwäDbemamwäDbäemamwäBëvimwä
11Be -waDbewaDbäewaBëviwa
12Be -wamwDbewamwDbäewamwBëvimwa
13Be -ämwaDbeämwaDbäeämwaBëvämwa
14Be -amawaDbeamawaDbäeamawaBëvamawa
15Be -ämawuDbeämawuDbäeämawuBëvämawu
16Be -ammuDbeammuDbäeammuBëvammu
17Be -ïDbeïDbäeïBëvï
18Be -ïiDbeïiDbäeïiBëvïi
19Be -ïfDbeïfDbäeïfBëvïch
20Be -ffDbeffDbäeffBëvch
21Be -ydDbeydDbäeydBëvyd
22Be -ydbDbeydbDbäeydbBëvydb
23Be -ÿbDbeÿbDbäeÿbBëvÿb
24Be -ÿDbeÿDbäeÿBëvÿ
Le Groupe VC ou Groupe 3
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Ûk -çiKuûçiKuskûçiJuviçi
2Ûk -çiçKuûçiç KuskûçiçJuviçiçi
3Ûk -çîçiKuûçîçiKuskûçîçiJuviçîi
4Ûk -çîfaKuûçîfaKuskûçîfaJuviçâfa
5Ûk -çiäKuûçiaäKuskûçiäJuviçiä
6Ûk -çîiaKuûçîiaKuskûçîiaJuviça
7Ûk -nâfaKuûnâfa KuskûnâfaJuvanâfa
8Ûk -faKuûfaKuskûfaJuvâfa
9Ûk -nëfaKuûnëfaKuskûnëfaJuvanëfa
10Ûk -fKuûf KuskûfJuvaff
11Ûk -ffëaKuûffëa KuskûffëaJuvaffëa
12Ûk -naffëaKuûnaffëa KuskûnaffëaJuvanâffëa
13Ûk -fîfaKuûfîfa KuskûfîfaJuvafîaf
14Ûk -fäfaKuûfäfa KuskûfäfaJuvafiâfa
15Ûk -faîfaKuûfaîfa KuskûfaîfaJuvafaîfa
16Ûk -fîfKuûfif KuskûfifJuvafîa
17Ûk -deeKuûdee KuskûdeeJuvukdee
18Ûk -andeeKuûandee KuskûandeeJuvukandee
19Ûk -dëfaKuûdëfa KuskûdëfaJuvukdëa
20Ûk -çideeKuûçidee KuskûçideeJuvukçidee
21Ûk -liKuûliKuskûliJuvli
22Ûk -ïlliKuuïlli KuskuïlliJuvïlli
23Ûk -çilliKuûçilli KuskûçilliJuvçilli
24Ûk -ildeeKuuïldee KuskuïldeeJuvildee
Le Groupe VV ou Groupe 4
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Öe -sePöeseRlöeseVeek’ötu
2Öe -sPöesRlöesVeek’öt
3Öe -ssPöessRlöessVeek’öt’
4Öe -sst’Pöess’Rlöess’Veek’ök’o
5Öe -sesst’Pöesesst’Rlöesesst’Veek’öto
6Öe -sësPöesësRlöesësVeek’öku
7Öe -tgPöetgRlöetgVeek’ök
8Öe -tgâPöetgâRlöetgâVeek’öka
9Öe -ttPöettRlöettVeek’ökla
10Öe -taPöetaRlöetaVeek’ölk
11Öe -tŋaPöetŋaRlöetŋaVeek’ök’na
12Öe -gâPöegâRlöegâVeek’ökâal
13Öe -tgatäPöetgatäRlöetgatäVeek’öklaka
14Öe -tâgaPöetâgaRlöetâgaVeek’önk
15Öe -gPöegRlöegVeek’önl
16Öe -gâgPöegâgRlöegâgVeek’önlak
17Öe -rsiPöersiRlöersiVeek’öp
18Öe -rïPöerïRlöerïVeek’öpî
19Öe -raniPöeraniRlöeraniVeek’öpt
20Öe -räPöeräRlöeräVeek’önpî
21Öe -chiPöechiRlöechiVeek’öŕi
22Öe -chinïPöechinïRlöechinïVeek’öŕiŋ
23Öe -chichPöechichRlöechichVeek’öŕit’n
24Öe -chäniPöechäniRlöechäniVeek’öŕiŕi
Le Groupe CCC ou Groupe 5
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Vwt’ -oVt’aoVt’eäk’moChlöŋdyo
2Vwt’ -öbVt’aöbVt’eäk’möbChlöŋdyöb
3Vwt’ -oboVt’aoboVt’eäk’moboChlöŋdyobo
4Vwt’ -onnVt’aonnVt’eäk’monnChlöŋdyonn
5Vwt’ -onbVt’aonbVt’eäk’monbChlöŋdyonbe
6Vwt’ -önbeVt’aönbeVt’eäk’mönbeChlöŋdyönbe
7Vwt’ -urVt’aurVt’eäk’murChlöŋdyir
8Vwt’ -ureVt’aureVt’eäk’mureChlöŋdyirr
9Vwt’ -üdVt’aüdVt’eäk’müdChlöŋdyid
10Vwt’ -üdbeVt’aüdbeVt’eäk’müdbeChlöŋdyide
11Vwt’ -uubVt’auubVt’eäk’muubChlöŋdyîb
12Vwt’ -uburVt’auburVt’eäk’muburChlöŋdyibire
13Vwt’ -urubeVt’aurubeVt’eäk’murubeChlöŋdyire
14Vwt’ -udurVt’audurVt’eäk’mudurChlöŋdyidur
15Vwt’ -undoVt’aundoVt’eäk’mundoChlöŋdyido
16Vwt’ -ubüVt’aubüVt’eäk’mubüChlöŋdyibü
17Vwt’ -odoboVt’aodoboVt’eäk’modoboChlöŋdyodobo
18Vwt’ -odoVt’aodoVt’eäk’modoChlöŋdyodo
19Vwt’ -odubVt’aodubVt’eäk’modubChlöŋdyodi
20Vwt’ -obdoVt’aobdoVt’eäk’mobdoChlöŋdyobo
21Vwt’ -umoVt’aumoVt’eäk’mumoChlöŋdyimo
22Vwt’ -umonoVt’aumonoVt’eäk’mumonoChlöŋdyimö
23Vwt’ -umVt’aumVt’eäk’mumChlöŋdyim
24Vwt’ -umnVt’aumnVt’eäk’mumnChlöŋdyime
Le Groupe CCV ou Groupe 6
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Nmi -læMiilæMiijülæŔywp’ǣl
2Nmi -lMiilMiijülŔywp’ll
3Nmi -mlæMiimlæMiijümlæŔywp’ǣml
4Nmi -mmæMiimmæMiijümmæŔywp’ǣmel
5Nmi -memæMiimemæMiijümemæŔywp’ǣlme
6Nmi -lmælMiilmælMiijülmælŔywp’ǣlǣm
7Nmi -tseMiitseMiijütseŔywp’yt
8Nmi -t’etseMiit’etseMiijüt’etseŔywp’yt’est
9Nmi -t’eeMiit’eeMiijüt’eeŔywp’yt’ee
10Nmi -t’eseMiit’eseMiijüt’eseŔywp’yt’ese
11Nmi -tsuiMii tsuiMiijütsuiŔywp’yt’sui
12Nmi -t’eetMiit’eetMiijüt’eetŔywp’yt’eet
13Nmi -seuMiiseuMiijüseuŔywp’yt’seu
14Nmi -suiMiisuiMiijüsuiŔywp’yt’s
15Nmi -t’uiseMiit’uiseMiijüt’uiseŔywp’yt’us
16Nmi -t’uitsMiit’uitsMiijüt’uitsŔywp’yt’uit
17Nmi -etiMiietiMiijüetiŔywp’eti
18Nmi -tiuMiitiuMiijütiuŔywp’iu
19Nmi -teeMiiteeMiijüteeŔywp’ee
20Nmi -eteiMiieteiMiijüeteiŔywp’etei
21Nmi -jutMiijutMiijüjutŔywp’ut
22Nmi -jeutMiijeutMiijüjeutŔywp’et
23Nmi -jiteMiijiteMiijüjiteŔywp’ite
24Nmi -jüttMiijüttMiijüjüttŔywp’utt


Dernière édition par Akorion le Dim 22 Jan 2012 - 20:14, édité 6 fois
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 0:31

La suite directe... n° 3.

Le Groupe CVC ou Groupe 7
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Chæch -waDchæwaDchâçwaŊunuîwa
2Chæch -wDchæwDchâçwŊunuîw
3Chæch -wamDchæwamDchâçwamŊunuîwam
4Chæch -waamDchæwaamDchâwaamŊunuîwaam
5Chæch -wâDchæwâDchâçwâŊunuîwâ
6Chæch -wagmDchæwagmDchâçwagmŊunuîwagm
7Chæch -vyDchævyDchâçvyŊunuîvy
8Chæch -vyvDchævyvDchâçvyvŊunuîvyv
9Chæch -vÿrDchævÿrDchâçvÿrŊunuîvÿr
10Chæch -vygDchævygDchâçvygŊunuîvyg
11Chæch -vyygDchævyygDchâçvyygŊunuîvÿg
12Chæch -vyvyDchævyvyDchâçvyvyŊunuîvyvy
13Chæch -vyrmDchævyrmDchâçvyrmŊunuîvyrm
14Chæch -vygmDchævygmDchâçvygmŊunuîvygm
15Chæch -vÿrwDchævÿrwDchâçvÿrwŊunuîvÿrw
16Chæch -vÿgwDchævÿgwDchâçvÿgwŊunuîvÿgw
17Chæch -jiDchæjiDchâçjiŊunuîji
18Chæch -jirDchæjirDchâçjirŊunuîjir
19Chæch -jimDchæjimDchâçjimŊunuîjin
20Chæch -jigDchæjigDchâçjigŊunuîjik
21Chæch -ejjDchæejjDchâçejjŊunuîj
22Chæch -ejijDchæejijDchâçejijŊunuîjij
23Chæch -ejejDchæejejDchâçejejŊunuîjej
24Chæch -ejiDchæejiDchâçejiŊunuîji


Le Groupe VCC ou Groupe 8
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Ull -mbiJulmbiJulbembiWâk’eemt’ambi
2Ull -mbeJulmbeJulbembeWâk’eemt’ambe
3Ull -mboJulmboJulbemboWâk’eemt’ambo
4Ull -mbichJulmbichJulbembichWâk’eemt’abich
5Ull -mbechJulmbechJulbembechWâk’eemt’abech
6Ull -mbochJulmbochJulbembochWâk’eemt’aboch
7Ull -xleJulxleJulbexleWâk’eemt’axle
8Ull -xlechJulxlechJulbexlechWâk’eemt’axlech
9Ull -xeJulxeJulbexeWâk’eemt’axe
10Ull -xeeJulxeeJulbexeeWâk’eemt’axë
11Ull -xechJulxechJulbexechWâk’eemt’axech
12Ull -xlæJulxlæJulbexlæWâk’eemt’axlæ
13Ull -xlæchJulxlæchJulbexlæchWâk’eemt’axlæch
14Ull -xæJulxæJulbexæWâk’eemt’axæ
15Ull -xǣeJulxǣeJulbexǣeWâk’eemt’axǣe
16Ull -xæchJulxæchJulbexæchWâk’eemt’axæch
17Ull -k’elJulk’elJulbek’elWâk’eemt’ak’el
18Ull -k’exJulk’exJulbek’exWâk’eemt’ak’ex
19Ull -k’echJulk’echJulbek’echWâk’eemt’ak’ech
20Ull -k’ëJulk’ëJulbek’ëWâk’eemt’ak’ë
21Ull -gaaJulgaaJulbegaaWâk’eemt’agâ
22Ull -gchaJulgchaJulbegchaWâk’eemt’agcha
23Ull -xagJulxagJulbexagWâk’eemt’axag
24Ull -achaJulachaJulbeachaWâk’eemt’aacha
Le Groupe CVV ou Groupe 9
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Kee -ngo FgengoFgeŋëngoLöŕeŋt’oog
2Kee -ngög FgengögFgeŋëngögLöŕeŋt’oög
3Kee -nga FgengaFgeŋëngaLöŕeŋt’oag
4Kee -ngax FgengaxFgeŋëngaxLöŕeŋt’oax
5Kee -ngak’ Fgengak’Fgeŋëngak’Löŕeŋt’oakk
6Kee -ngoch FgengochFgeŋëngochLöŕeŋt’ooch
7Kee -t’chi Fget’chiFgeŋët’chiLöŕeŋt’oit’ch
8Kee -t’cha Fget’chaFgeŋë t’chaLöŕeŋt’oat’ch
9Kee -t’chax Fget’chaxFgeŋët’chaxLöŕeŋt’oaxtch
10Kee -t’chuch Fget’chuchFgeŋët’chuchLöŕeŋt’out’ch
11Kee -t’chlal Fget’chlalFgeŋët’chlalLöŕeŋt’oalch
12Kee -t’ch Fget’chFgeŋët’chLöŕeŋt’ocht’
13Kee -t’chech Fget’chechFgeŋët’chechLöŕeŋt’oet’ch
14Kee -t’chex Fget’chexFgeŋët’chexLöŕeŋt’oextch
15Kee -t’chlech Fget’chlechFgeŋët’chlechLöŕeŋt’oelch
16Kee -t’chlax Fget’chlaxFgeŋët’chlaxLöŕeŋt’oaxl
17Kee -kâg FgekâgFgeŋëkâgLöŕeŋt’okäg
18Kee -kârr FgekârrFgeŋëkârrLöŕeŋt’okâr
19Kee -kâk FgekâkFgeŋëkâkLöŕeŋt’okäk
20Kee -kâch FgekâchFgeŋëkâchLöŕeŋt’okâch
21Kee -æx FgeæxFgeŋëæxLöŕeŋt’oyx
22Kee -ǣgg FgeǣggFgeŋeǣggLöŕeŋt’oÿg
23Kee -ǣchch FgeǣchchFgeŋeǣchchLöŕeŋt’oÿch
24Kee -æk FgeækFgeŋëækLöŕeŋt’oyk
Le Groupe VVC ou Groupe 10
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Âol -dwuGâodwuÇâodwuAucun connu
2Âol -dwewGâodwewÇâodwew
3Âol -dweeGâodweeÇâodwee
4Âol -dwüwGâodwüwÇâodwüw
5Âol -dwëwuGâodwëwuÇâodwëwu
6Âol -dwuüGâodwuüÇâodwuü
7Âol -gbeGâogbeÇâogbe
8Âol -gbejGâogbejÇâogbej
9Âol -gbëŕGâogbëŕÇâogbëŕ
10Âol -egbeGâoegbeÇâoegbe
11Âol -egboGâoegboÇâoegbo
12Âol -gboGâogboÇâogbo
13Âol -gbojGâogbojÇâogboj
14Âol -gböŕGâogböŕÇâogböŕ
15Âol -ogboGâoogbo Çâoogbo
16Âol -ogbojGâoogbojÇâoogboj
17Âol -mbiGâombiÇâombi
18Âol -mbichkGâombichkÇâombichk
19Âol -mbeGâombeÇâombe
20Âol -mbechkGâombechkÇâombechk
21Âol -lbiGâolbiÇâolbi
22Âol -lbiŕGâolbiŕÇâolbiŕ
23Âol -lbeGâolbeÇâolbe
24Âol -lbeŕGâolbeŕÇâolbeŕ
Le Groupe VCV ou Groupe 11
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Olo -kaDookaGp’ookaJaŋpa
2Olo -kaaDookaaGp’ookaaJaŋpaa
3Olo -kDookGp’ookJaŋpp
4Olo -kpaDookpaGp’ookpaJaŋpt’a
5Olo -kpâDookpâGp’ookpâJaŋpt’â
6Olo -paakpaDoopaakpaGp’oopaakpaJaŋt’aa
7Olo -kiDookiGp’ookiJaŋke
8Olo -kiiDookiiGp’ookiiJaŋkee
9Olo -kitiDookitiGp’ookitiJaŋkete
10Olo -ŋkiDooŋkiGp’ooŋkiJaŋŋg
11Olo -ŋkDooŋkGp’ooŋkJaŋŋgi
12Olo -ŋktiDooŋktiGp’ooŋktiJaŋŋe
13Olo -kteDookteGp’ookteJaŋgt’e
14Olo -keeDookeeGp’ookeeJaŋt’ee
15Olo -keteDooketeGp’ooketeJaŋget’ee
16Olo -ŋkeDooŋkeGp’ooŋkeJaŋŋge
17Olo -uvDoouvGp’oouvJaŋuv
18Olo -uvoDoouvoGp’oouvoJaŋuvo
19Olo -uvuvDoouvuvGp’oouvuvJaŋuvuvo
20Olo -ulwoDooulwoGp’ooulwoJaŋulwuv
21Olo -evDooevGp’ooevJaŋiv
22Olo -veeDooveeGp’ooveeJaŋvii
23Olo -eveDooeveGp’ooeveJaŋivi
24Olo -vDoovGp’oovJaŋvv
Le Groupe CCCC ou Groupe 12
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Tslt’ -füTslofüTslolâofüAucun connu
2Tslt’ -tüTslotüTslolâotü
3Tslt’ -süTslosüTslolâosü
4Tslt’ -flüTsloflüTslolâoflü
5Tslt’ -tlüTslotlüTslolâotlü
6Tslt’ -slüTsloslüTslolâoslü
7Tslt’ -chäTslochäTslolâochä
8Tslt’ -jäTslojäTslolâojä
9Tslt’ -däTslodäTslolâodä
10Tslt’ -chläTslochläTslolâochlä
11Tslt’ -jläTslojläTslolâojlä
12Tslt’ -dläTslodläTslolâodlä
13Tslt’ -chwäTslochwäTslolâochwä
14Tslt’ -jwäTslojwäTslolâojwä
15Tslt’ -dwäTslodwäTslolâodwä
16Tslt’ -chchTslochchTslolâochch
17Tslt’ -çïTsloçïTslolâoçï
18Tslt’ -ŕïTsloŕïTslolâoŕï
19Tslt’ -pïTslopïTslolâopï
20Tslt’ -ÿïTsloyïTslolâoyï
21Tslt’ -xëTsloxëTslolâoxë
22Tslt’ -wëTslowëTslolâowë
23Tslt’ -bëTslobëTslolâobë
24Tslt’ -ëëTsloeëTslolâoeë
Le Groupe CVCC ou Groupe 13
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1 Jüŋj -fuSwüŋk’fuSwüŋâtiifuAucun connu
2 Jüŋj -tuSwüŋk’tuSwüŋâtiitu
3 Jüŋj -suSwüŋk’suSwüŋâtiisu
4 Jüŋj -fluSwüŋk’fluSwüŋâtiiflu
5 Jüŋj -tluSwüŋk’tluSwüŋâtiitlu
6 Jüŋj -sluSwüŋk’sluSwüŋâtiislu
7 Jüŋj -chaSwüŋk’chaSwüŋâtiicha
8 Jüŋj -jaSwüŋk’jaSwüŋâtiija
9 Jüŋj -daSwüŋk’daSwüŋâtiida
10 Jüŋj -chlaSwüŋk’chlaSwüŋâtiichla
11 Jüŋj -jlaSwüŋk’jlaSwüŋâtiijla
12 Jüŋj -dlaSwüŋk’dlaSwüŋâtiidla
13 Jüŋj -chwaSwüŋk’chwaSwüŋâtiichwa
14 Jüŋj -jwaSwüŋk’jwaSwüŋâtiijwa
15 Jüŋj -dwaSwüŋk’dwaSwüŋâtiidwa
16 Jüŋj -chchSwüŋk’chchSwüŋâtiichch
17 Jüŋj -çiSwüŋk’çiSwüŋâtiiçi
18 Jüŋj -ŕiSwüŋk’ŕiSwüŋâtiiŕi
19 Jüŋj -piSwüŋk’piSwüŋâtiipi
20 Jüŋj -ÿiSwüŋk’ÿiSwüŋâtiÿi
21 Jüŋj -xeSwüŋk’xeSwüŋâtiixe
22 Jüŋj -weSwüŋk’weSwüŋâtiiwe
23 Jüŋj -beSwüŋk’beSwüŋâtiibe
24 Jüŋj -ööSwüŋk’oöSwüŋâtioö
Le Groupe VVCV ou Groupe 14
Racine-SoucheVerbe référenceVerbe dérivéVerbe du même Groupe
1Öîjy -fûPjyfû Pjyt’ewewefûAucun connu
2Öîjy -tûPjytû Pjyt’ewewetû
3Öîjy -sûPjysû Pjyt’ewewesû
4Öîjy -flûPjyflû Pjyt’eweweflû
5Öîjy -tlûPjytlû Pjyt’ewewetlû
6Öîjy -slûPjyslû Pjyt’eweweslû
7Öîjy -slûPjyslû Pjyt’eweweslû
8Öîjy -jâPjyjâ Pjyt’ewewejâ
9Öîjy -dâPjydâ Pjyt’ewewedâ
10Öîjy -chlâPjychlâ Pjyt’ewewechlâ
11Öîjy -jlâPjyjlâ Pjyt’ewewejlâ
12Öîjy -dlâPjydlâ Pjyt’ewewedlâ
13Öîjy -chwâPjychwâ Pjyt’ewewechwâ
14Öîjy -jwâPjyjwâ Pjyt’ewewejwâ
15Öîjy -dwâPjydwâ Pjyt’ewewedwâ
16Öîjy -chchPjychch Pjyt’ewewechch
17Öîjy -çîPjyçî Pjyt’eweweçî
18Öîjy -ŕîPjyŕî Pjyt’eweweŕî
19Öîjy -pîPjypî Pjyt’ewewepî
20Öîjy -ÿîPjyyî Pjyt’eweweyî
21Öîjy -xǣPjyxǣ Pjyt’ewewexǣ
22Öîjy -wǣPjywǣ Pjyt’ewewewǣ
23Öîjy -bǣPjybǣ Pjyt’ewewebǣ
24Öîjy -ǣǣPjyæǣ Pjyt’eweweæǣ







Chapitre 2

Genre, nombre, pronoms personnels et adverbes de temps


Ce chapitre n’est conçu que pour éclairer les exemples du chapitre un et leur donner du sens. Il n’est ici aucunement question de détailler les formes grammaticales du discours. Le lecteur aura donc un peu l’impression d’une sorte de passage en revue de ces différents éléments que, je l’espère, les quelques notes et précisions qui les accompagnent, se chargeront d’atténuer.
L’articulation centrale de cette grammaire reposant sur le féminin/masculin, c’est donc par le genre que nous commencerons.


A- Le genre

En kardannais, l’élément principal de classification des mots est le genre.
Tout mot est soit féminin, soit masculin.
Il peut arriver – rarement – qu’un mot ait été d’un genre, pour aujourd’hui en être d’un autre ; et encore plus rarement qu’un mot change de genre en fonction du contexte (à l’exception des verbes qui ne changent jamais de genre).
Aucun mot ne peut être féminin et/ou masculin, non plus que ni féminin, ni masculin.
Cela s’explique par la manière duale dont les Kardans se représentent le monde, le cycle kardannais. Un cycle porte en lui l’essence de la dualité car pour exister, il a besoin d’un autre cycle. Un cycle seul, cela ne veut rien dire.
Cette dualité va se retrouver, dans la description du monde, au travers de mots qui possèdent alors cette part de dualité ; voilà pourquoi il ne peut y avoir que deux genres, qui sont les genres de la vie, le féminin et le masculin.
Cette notion charpente l’ensemble de la grammaire kardannaise.


B- Le nombre

Il existe trois types de nombre en kardannais : le singulier (privatif), le duel et le pluriel.
Le duel est en fait la forme normale du singulier. Un individu donné est toujours composé d’au moins deux éléments (le Ciel et la Terre, ou l’esprit et le corps). Toute idée, tout objet, toute chose vivante est duel, par nature. Ce n’est que si l’on désire user, montrer, mettre en exergue une partie spécifique de ce dont on parle que le locuteur usera du singulier.
Aussi, et pour éviter toute confusion, le singulier est appelé privatif.
Dans les listes suivantes, seuls les formes duel et pluriel sont indiquées ; le privatif est passé sous silence. (Il se construit via des déterminants spécifiques et une modification de l’accent tonique qui s’appuie alors sur le première syllabe ; parfois, une lettre de renforcement – « a » pour le féminin et « e » pour le masculin – vient clore le mot.)

Le pluriel se forme par l’ajout d’un préfixe et d’un suffixe.
Il existe donc deux formes de pluriel, une pour le féminin et une pour le masculin.
Lorsque le pluriel d’un mot ne peut pas être déterminé (il est inconnu ou il y a mélange des deux genres), c’est le genre du verbe qui dirige la phrase qui va indiquer la forme que prendra le pluriel.
En effet, toute situation, quelqu’elle soit, possède un genre. Or, toute situation est une action, et toute action est un verbe : c’est donc le verbe qui porte la marque du genre en kardannais.

Féminin : i-/-a
Masculin : e-/-e

Exemples Singulier Féminin Pluriel Masculin Pluriel
La chaise
ykbo (f)
iykboa
-
L’ère waek (m)
-
ewaeke
Nous
-
it’oa
emee


Il existe bien sûr des exceptions. Les mots d’origines étrangères, des mots au pluriel de supplétion (comme un petit nombre d’adverbes et d’adjectifs) et certains mots qui pour des raisons historiques, mélange la supplétion (qui dans un tel cas s’est atténuée) et la suffixation (qui peut de surcroît être anormale).


C- Les pronoms personnels et les déterminants

Comme indiqué ci-dessus, tout pronom personnel est double. Il existe au masculin et au féminin.
Voici un liste abrégée de ces pronoms et de quelques déterminants.
La lettre ou le groupe de lettres placé après la barre inclinée indique la ou les consonnes directrices pour la formation des autres pronoms.
Le pronom personnel indéterminé « on » se présente au féminin et au masculin, au pluriel, mais aussi dans des formes qui n’existent pas en français. Elle sont notées « - » et renvoient toujours à ce pronom.

je(f) : t’o / -t’
je(m) : me / -m
tu(f) : k’o / -k
tu(m) : mbe / -mb
elle : ŕoŕ / -ŕ
il : wa / -w
on(f) : p’o / -p’
on(m) : ox / -o
nous(f) : it’oa
nous(m) : emee
vous(f) : ik’oa
vous(m) : embee
elles : iŕoŕa
ils : ewae
ons(f) : ip’oa
ons(m) : eoxe

moi(f) : it’o
moi(m) : ime
toi(f) : ik’o
toi(m) : imbe
elle : toŕ
lui : we
on(f) : lp’o
on(m) : lox
nous(f) : ita
nous(m) : eke
vous(f) : ika
vous(m) : embe
eux(f) : itoŕa
eux(m) : ewe
ons(f) : ilp’a
ons(m) : eloxe

ma : ægo
mon : æge
ta : ægu
ton : ægbe
sa : ægoŕ
son : æga
- (f) : ægö
- (m) : ægox
nos(f) : iægt’o
nos(m) : eægme
vos(f) : iægk’o
vos(m) : eægbe
leur(f) : iægoŕ
leur(m) : eæga
- (f) : iægö
- (m) : eægox

me(f) : ægt’
me(m) : ægm
te(f) : ægk
te(m) : ægmb
se(f) : ægŕ
se(m) : ægw
- (f) : ægp’
- (m) : ægo
nous(f) : ægt’a
nous(m) : ægme
vous(f) : ægka
vous(m) : ægmbe
se(f) : ægŕa
se(m) : ægwe
- (f) : ægp’a
- (m) : ægoe

cette : et
ce, cet : æt
ces : ieta
ces : eæte
cela : etp’a
cela : ætax
celle-là : etp’a
celui-là : ætp’a

Attention à « ægo » : le déterminant possessif féminin, première personne est identique au pronom réfléchi indéterminé masculin singulier.
« Ci », dans ceci, celle-ci, etc... est une forme qui n’existe pas en kardannais.

Pour la réflexivité : lorsqu’elle est directe, le pronom réfléchi se retrouve le plus souvent accolé en fin de verbe. Le pluriel se place toujours en fin de construction verbale ; nous aurons donc : préfixe du pluriel-verbe-pronom réfléchi-suffixe du pluriel.
Lorsque la réflexivité est indirecte, le pronom réfléchi se positionne en deuxième partie de la phrase. « Nous nous sommes dit »... donne : « sommes dit nous nous »...


Les articles

la : ap
le : eb
les(f) : iapa
les(m) : eebe
une : yl
un : yk
des(f) : iyla
des(m) : eyke

Le partitif « de, du, d’ » n’existe pas en kardannais.
Les articles définis ne sont, en règle générale, jamais indiqués, sauf lorsqu’il y a un doute, un risque de confusion, un nom propre ou un titre.


D- La construction des compléments et leurs accords

Lorsqu’il y a un COI ou un complément de nom, il est nécessaire que se fasse un accord entre ce complément et l’objet qu’il complète. Cela se traduit par une particule lien qui va venir se greffer sous forme de suffixe sur l’objet principal. Cette particule se place toujours en dernière position, même après un pluriel.
Ce lien n’est jamais précisé lorsqu’il est direct, car il est supposé aller de soi.


Verbe ou substantif directeur Verbe Nom Adverbe Adjectif
FEMININ Féminin
-em
Masculin
-es
Féminin
-öm
Masculin
-os
Féminin
-im
Masculin
-is
Féminin
-ym
Masculin
-iss
MASCULIN Féminin
-æm
Masculin
-ǣch
Féminin
-ar
Masculin
-och
Féminin
-ît
Masculin
-îm
Féminin
-üm
Masculin
-üss

La relation, le lien entre une proposition principale et une proposition subordonnée se fait aussi par une sorte de conjonction de liaison. Ce terme est double : c’est un suffixe-préfixe qui s’accole à la fin du verbe de la principale, et au début du verbe de la subordonnée. Là encore, le genre reste déterminant.

La Principale La Subordonnée
FÉMININ
-ëg
féminin
ru-
masculin
lda-
MASCULIN
ög-
féminin
nu-
masculin
ŋka-

Si plusieurs subordonnées se succèdent, le préfixe de liaison ne varie qu’en genre. Mais si une subordonnée est subordonnée à une autre subordonnée, cette dernière acquiert le statut d’une principale vis-à-vis de la subordonnée secondaire.
On obtiendra alors la construction suivante : Verbe principal + suffixe / préfixe + verbe subordonnée principal + suffixe principal / préfixe + verbe subordonnée secondaire.

S’il existe une relation entre deux principales ou deux subordonnées, de même valeur, alors une conjonction de coordination prend place entre les deux propositions, correspondant un peu à notre « et ».
C’est le premier verbe de la proposition qui dirige le genre de la conjonction, aussi :

féminin : uŕ
masculin : uk


E- Autres

Lorsqu’il est nécessaire de construire un adjectif sur la base d’un substantif, la règle principale est la suivante :
Substantif + « m » (s’il se termine par une voyelle) + « b » et + « e » (si le substantif est au féminin) ou + « a » (si le substantif est au masculin).
Soit -(m)be ou -(m)ba. (Un privatif verra sa voyelle allongée.)

Il n’existe pas, à proprement parler de participe passé en kardannais. La forme sera celle du verbe conjugué.

Lorsque l’on cherche à exprimer l’état dont est fait quelque chose (les arbres sont en bois, je ne suis pas en sucre), il existe un double suffixe d’appartenance à la matière. (Le premier suffixe s’accole à l’objet concerné, le deuxième à la matière dont il est question.)

Au féminin : -l / -öw
Au masculin : -n / -öw

Dans l’exemple les arbres sont en bois, arbre est féminin et se dit « ekch ». Il y en a plusieurs : « iekcha » (les arbres). Appartenance à une matière : « iekchal ». Le bois se dit « gwab », aussi être de cette matière : « gwaböw ». Le verbe être à l’intemporel se dit miiöb.
La phrase se construit donc ainsi : Sont (les) arbres en bois = Miiöb iekchal gwaböw.

L’indication de lieu sous la forme d’un directif (vers, à, pour, etc...) s’écrit « oll ». Cette conjonction directive est au féminin et impose de marquer l’article défini le, la ou les.

Le pronom personnel « en » se traduit par « iŕŕ ». Mais contrairement à l’adverbe français, iŕŕ peut, et souvent doit, s’accorder avec ce qu’il remplace.


F- Les mots, leur genre, leur traduction

Un petit cercle « ° » indique un mot au masculin. S’il n’y en a pas, c’est qu’il est... au féminin.

Xæt’kpaäŕ : le désastre
Kmalën : Ænotis
-iŋ : pré-
P’erekkt° : l’autorité
Waek° : l’ère
Lichb° : le récit
P’wubt : le sol
Ieb : sous
Txigd° : le pied
T’û : cinq
Mügbo° : le ciel
Iaxt : grand
Jedbaor° : l’exil
Bëot’ : l’adieu
Kak’atax : le Mauve
Pwebwir° : le Guèmbelin
At : trois
It’kal° : le mont
Gok’ala° : le mur
Mbati : blanc
Wakembo : le refuge
T’parengda : enneiger (> t’p)
Ykbo° : la chaise
Chkalg° : l’homme
Okombo° : le courage
Emgir° : la gent
Prǣt’ka° : avoir froid (> p’tk)
Ekch : l’arbre
Gwab : le bois
Waw : l’eau
Et’s : parfois
Fai : bon
Xexch° : mauvais
-ok’ k- : ou
Imrwes° : le soleil
Nabe : bonjour
P’t’umbâ° : hésiter (> t’û)
Ngit’wǣ° : être piqué par un insecte (> ng)
Djæ : toute
Meos° : la nuit
Telgbakwi : banqueter (> gb)
Dampta° : la confection
Mpeo : la statuette
Mnaog : la partie
Acha : le dé
Tarach : le pont
Od·ngak° : la maladie
Pjal : l’histoire
K’at : l’orage
Bchag° : le coup
Esemp’° : l’objet
Agdeb : le jour
Akak° : là-bas
Iwar° : bien (beaucoup, volontiers, avec plaisir)
Kapak’° : la douleur
Delk° : l’idée
Amgeb : la mer
Nk’eox : le bateau
Wunta : la pomme
Kamler : la paroi
Tbos : demain
Rt’ab° : le pain
Yçn° : la couleur
Fenf : le bleu
Pwaeng : le légume
Xopt’ii° : la peinture
Ewed : la plante
Wong : tôt
Aŋg : trop
Dabk’n : le quartier
Gwekt° : la viande
Chkidiÿ : la parole
Ikt’yr° : le sommet
Tchafga° : la tempête
Vǣ : fois
Mba : noir
Fwak : le vent
Ærtyl° : l’abandon
Mto° : la face
Æk : le nord
Ukt’a° : l’ouest
Aŋk° : finalement
Wamp’o° : la route
Bdaag° : découper de la viande (> dg)
Jæk’ŋtwar° : boulotter (> wa)


Ces quelques mots de vocabulaire achèvent ainsi la présentation de la langue kardannaise.
J’espère qu’elle vous aura intéressés, intéressés à sa structure, mais aussi à son peuple, à son histoire et éventuellement, aux autres langues qui lui sont connexes.

Amicalement, Sandrine Lameguelle.


Et voici un lien pour télécharger ce texte en PDF


Dernière édition par Akorion le Dim 22 Jan 2012 - 23:31, édité 9 fois
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Leo



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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 0:41

Hehe, les fausses citations ^^ A une époque j'avais commencé un florilège de "philologie" interne à Osara.
J'ai du mal à lire les pattes de mouche sur fond bleu, et si je zoome dans le navigateur, les lignes dépassent de l'écran.
Tu aurais le document originel quelque part?
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 13:06

Je peux te l´envoyer en format pdf, ou tu peux attendre un jour ou deux (peut-être davantage... ) que je le fasse héberger quelque part et mette le lien en fin de Publie. C´est comme tu veux.

Parmi toutes les fausses références, une (et une seule) est une vraie référence.
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Nemszev
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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 13:27

Akorion, tu me permets de changer tous les ´ en ' ? C'est moins lourd à la lecture.

_________________
Sce tu cores tras davors, no chataràs mai onors...
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Leo



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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 14:54

>> Akorion - Oui, je peux attendre bien sûr, je ne pourrai pas le lire avant le week end prochain de toute façon. Voyons si je trouve la ref authentique.
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yamaw



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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 18:56

Nemszev a écrit:
Akorion, tu me permets de changer tous les ´ en ' ? C'est moins lourd à la lecture.
(ou en ’ ; c’est encore mieux.)
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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 22:06

Nemszev,

volontiers si tu t´en sens le courage (je m´incline respectueusement : un réel grand merci). cheers .

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Grelot-de-Bois



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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 22:45

Évidemment, je n'ai pas encore pu tout lire, mais je te présente déjà toute mon admiration pour ce travail colossal...
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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 23:29

Akorion a écrit:
Nemszev,

volontiers si tu t´en sens le courage (je m´incline respectueusement : un réel grand merci). cheers .
(un « rechercher et remplacer » et le tour est joué.)
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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 23:32

J'ai fait les deux premiers, mais il y a tellement de textes que ça fait planter mon bloc-note... Laughing
Un courageux pour les suivants ?

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Sce tu cores tras davors, no chataràs mai onors...
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MessageSujet: Re: Kardannais    Mar 17 Jan 2012 - 23:34

Grelot-de-bois a dit :

Citation :
mais je te présente déjà toute mon admiration pour ce travail colossal...

C´est très gentil, merci.

J´ai commencé à réfléchir sur le kardannais en avril 2011.
Il devait y avoir une partie sur l´emploi des verbes au passif, les cérémonies mortuaires, un extrait de texte (kardannais/français) issu du navigateur Eŋgaan qui ne parlait jamais à l´irréel et deux ou trois autres bêtises du même genre. J´ai donc du faire quelques coupes claires, sans quoi, j´y serais encore.

L´inspiration m´est venu tout d´abord de l´origine de la langue : ce n´est peut-être pas très clair, mais le kardannais est une langue morte. Il me fallait donc quelque chose d´ancien ou plus précisément, qui sonnait comme étant ancien. C´est pourquoi je me suis inspiré au départ du Fon dont voici le lien : fongbe

Et puis, toujours avec cette idée d´ancienneté, j´ai décidé que la conjugaison se ferait par les aspects et non par les temps, un peu comme si les aspects les précédaient. Ici, c´est Wikipédia que je dois remercier.

Mais tout cela n´est qu´une parenthèse. Dans le fil sur l´ode llandarienne est présenté le monde d´Ænotis : son histoire, ses peuples, ses langues.
Le but : parvenir à préciser (sans tout révéler toutefois) l´univers, la société dans lequel s´inscrivent les nëhíèl pour pouvoir, bien plus profondément, concevoir leur langage dont je ne possède que du vocabulaire. Une des rares phrases dans cette langue est :

Angédéor célad ïdíèl ua déar (je te souhaite bonne chance)
Dbeï me yl jaxnt´oo faiym ægmb (pour la kardannais)

Comme tu peux le lire, rien à voir avec le kardannais... et c´est bien sûr délibéré.


La deuxième étude de ce genre devrait porter (pour 2030 Laughing ) sur la langue des llandars, un truc polyphonique dont j´ai déjà quelques notes... sur quoi, deux bouts de feuille. Pas de quoi pavoiser.
En attendant, il y aura la Publie n°4 sur le Désastre Ænotien (prononcer -sien), et puis après, on verra bien (comme je me suis en fait, remis à l´écriture, cela peut étirer les durées.)

Amicalement.
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MessageSujet: Re: Kardannais    Mer 18 Jan 2012 - 22:59

Donc pour Léo Laughing ,
et pour tout ceux qui le souhaitent, à la fin de la Publie se trouve un lien pour télécharger ce long texte au format PDF, texte que j´ai légèrement remis en page...

Et j´ai terminé (je crois) de changer les accents aigu par des apostrophes...

Bonne lecture.
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MessageSujet: Re: Kardannais    Jeu 19 Jan 2012 - 0:14

silent 


Dernière édition par lsd le Lun 8 Juil 2013 - 10:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Kardannais    Jeu 19 Jan 2012 - 23:57

Je viens de commencer de modifier toutes les "tables" de conjugaison pour leur donner la forme d´un tableau.
Je pense que c´est plus lisible et plus esthétique. Mais à raison de 45 minutes par tableau, cela va me prendre un peu de temps elephant
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MessageSujet: Re: Kardannais    Ven 20 Jan 2012 - 0:58

Akorion a écrit:
Je viens de commencer de modifier toutes les "tables" de conjugaison pour leur donner la forme d´un tableau.
Je pense que c´est plus lisible et plus esthétique. Mais à raison de 45 minutes par tableau, cela va me prendre un peu de temps elephant
M’est avis que j’aurais été (beaucoup) plus vite. Je suis en train de te faire les autres.
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yamaw



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MessageSujet: Re: Kardannais    Ven 20 Jan 2012 - 1:17

Et voilà. J’espère que je n’ai pas fait d’erreur. Je précise aussi que je n’ai pas répété les « Aucun connu ». (Ah, et il ma semblé qu’il manquait un « - », donc je l’ai rajouté.)

Code:
[center]Le Groupe CV ou Groupe 2[/center]
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[center]Le Groupe VC ou Groupe 3[/center]
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[center]Le Groupe CCV ou Groupe 6[/center]
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[center]Le Groupe VVC ou Groupe 10[/center]
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[center]Le Groupe CCCC ou Groupe 12[/center]
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[center]Le Groupe VVCV ou Groupe 14[/center]
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[tr][td]8[/td][td]Öîjy -jâ[/td][td]Pjyjâ[/td][td] Pjyt’ewewejâ[/td][/tr]
[tr][td]9[/td][td]Öîjy -dâ[/td][td]Pjydâ[/td][td] Pjyt’ewewedâ[/td][/tr]
[tr][td]10[/td][td]Öîjy -chlâ[/td][td]Pjychlâ[/td][td] Pjyt’ewewechlâ[/td][/tr]
[tr][td]11[/td][td]Öîjy -jlâ[/td][td]Pjyjlâ[/td][td] Pjyt’ewewejlâ[/td][/tr]
[tr][td]12[/td][td]Öîjy -dlâ[/td][td]Pjydlâ[/td][td] Pjyt’ewewedlâ[/td][/tr]
[tr][td]13[/td][td]Öîjy -chwâ[/td][td]Pjychwâ[/td][td] Pjyt’ewewechwâ[/td][/tr]
[tr][td]14[/td][td]Öîjy -jwâ[/td][td]Pjyjwâ[/td][td] Pjyt’ewewejwâ[/td][/tr]
[tr][td]15[/td][td]Öîjy -dwâ[/td][td]Pjydwâ[/td][td] Pjyt’ewewedwâ[/td][/tr]
[tr][td]16[/td][td]Öîjy -chch[/td][td]Pjychch[/td][td] Pjyt’ewewechch[/td][/tr]

[tr][td]17[/td][td]Öîjy -çî[/td][td]Pjyçî[/td][td] Pjyt’eweweçî[/td][/tr]
[tr][td]18[/td][td]Öîjy -ŕî[/td][td]Pjyŕî[/td][td] Pjyt’eweweŕî[/td][/tr]
[tr][td]19[/td][td]Öîjy -pî[/td][td]Pjypî[/td][td] Pjyt’ewewepî[/td][/tr]
[tr][td]20[/td][td]Öîjy -ÿî[/td][td]Pjyyî[/td][td] Pjyt’eweweyî[/td][/tr]

[tr][td]21[/td][td]Öîjy -xǣ[/td][td]Pjyxǣ[/td][td] Pjyt’ewewexǣ[/td][/tr]
[tr][td]22[/td][td]Öîjy -wǣ[/td][td]Pjywǣ[/td][td] Pjyt’ewewewǣ[/td][/tr]
[tr][td]23[/td][td]Öîjy -bǣ[/td][td]Pjybǣ[/td][td] Pjyt’ewewebǣ[/td][/tr]
[tr][td]24[/td][td]Öîjy -ǣǣ[/td][td]Pjyæǣ[/td][td] Pjyt’eweweæǣ[/td][/tr][/table]

EDIT : J’ai pensé à une solution pour les « Aucun connu » qui me semble / est élégante. Je l’ai donc appliquée.
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Ven 20 Jan 2012 - 11:51

@ lsd :
Citation :
Ouhla c'est du lourd !
j´ai l´art, (mal)heureusement de couper les cheveux en quatre ; je complexifie tout, parfois ad nauseum (mes anciens joueurs d´AD&D en avaient des jaunisses). Pour faire simple, je ne sais pas faire simple! Et j´en suis le premier désolé.

Citation :
Bravo tout d'abord !

Merci beaucoup... C´est comme les applaudissements, ça fait toujours un immense plaisir.

Citation :
A la limite entre diégèse et idéolinguisme pur I love you
Ravi que cette forme te plaise... Car c´est celle qui a ma préférence.


@ Yamwa :
Un très, très grand merci.
Je n´ai aucune idée de comment tu as fait (20 minutes pour faire les 13 tableaux là où il m´en a fallu 40 pour un seul Sad .), mais le résultat est épatant.

Je n´ai pas vérifié chaque ligne de conjugaison. Je te fais confiance (et s´il y a lieu, au besoin, je referais une petite édit.)
Ta solution pour Aucun connu est sobre et comme tu dis "élégante". Elle me convient tout à fait : on la garde.

Encore merci (faudra que tu me dises comment tu as fait scratch .)
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Dim 22 Jan 2012 - 23:39

Bien!

Après avoir édité une 20taine de fois ce texte, je pense être arrivé à quelque chose de pas trop désagréable à lire, bien qu´un peu long Twisted Evil .

À vous de me dire ce que vous en pensez à présent, toute remarque étant la bienvenue.

Enjoy the Kardan lol!
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aerelloth



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MessageSujet: Re: Kardannais    Lun 23 Jan 2012 - 0:38

Alors bon, pour l'instant j'ai seulement jeté un œil sur ton post sans avoir eu le temps de tout lire... Mais je tâcherai de le trouver ce temps, ta description de la langue a l'air non seulement très complète mais aussi très intéressante ! En tout cas ça me plaît la façon dont tu présentes les choses, les références, tout ça... On s'y croit ! Very Happy
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Vilko
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MessageSujet: Re: Kardannais    Lun 23 Jan 2012 - 11:06

Akorion a écrit:
Références bibliographiques

2- Bauer Horst, Das hadórrnische Vokabular und der Versuch einer syntaktischen Rekonstruktion von den fragmentorischen Texten und den bewiesenen Inschriften, Darmstadt, 1988. [« Vocabulaire hadórrnien et tentative de reconstitution syntaxique à partir de fragments textuels et de l’épigraphie avérée »]

3- Derliot Henri, Une langue sans signe ? Le hadórrnien ou la tentative de recherche d’un alphabet via l’art mobilier, Grenoble, Presse universitaire de Grenoble, 1997.

4- Parmi les quelques études, je citerais : Déflex Pauline, Had’Orrn : un peuple, des cultures... pour une foi essentialiste indépendante, Amiens, publication de l’université de Picardie, 2006.

5- Pour une approche non scientifique, mais présentant une assez bonne compilation des données culturelles et mythologiques connues et aussi pour ses intéressantes orientations bibliographiques : Baldet-Santiel Jean-Baptiste, L’âpre recherche des Disparus : légendes et récits des premiers jours, éd. Ouest-France, 1989.

6- Hullar Michelle, La notion de patois et l’idée de régionalisme ont-elles un sens dans la culture de Had’Orrn ?, Paris, éd. Klincksiek, 1995.

7- Zientirga Louis, La topologie hadórrnienne : essai d’accréditation de la thèse de Haute Dispersion et du cheminement évolutif des langues humaines d’Ænotis à partir d’une langue d’origine, éd. Errance, 1999.

8- Reinhard Ingeborg, Die verlorenen Völker von Verschwundenen : die Hypothese der Verdrängten der Völkerwanderung von den Chk'ar-cirrek'al, verlag Herder 1991.

9- Berguères G. et Delaporte A., Les premières civilisations Postdésastre Ænotien de Llantíl Ménévíèl : des hommes face à l’Étincelle et à l’acier, éd. du Seuil, col. Point, 2002.

10- Caruel Manuella, De la naissance d’un art du voyage et d’une poétique du cheminement chez les Kardans de l’Exode, Paris, CNRS éditions 2010.

11- László Kovacz, A Hàtrai birodalom ! Egy törtenet, egy kizsákmányolt nép meghóditásáról : A Kardàn vége, éd. TÓTH KÖNYVKERESKEDÉS ÉS KIADó, Budapest, 1992 [« L’empire Hâtre : histoire d’une conquête sur les vestiges d’un peuple exsangue : la fin des Kardans »]


(...)

Références bibliographiques

16- Lameguell Sandrine, La Cérénédie et la disparition progressive des aspects, éd. Flammarion, Paris 2005.

17- Bellens J., La mutation du Mutatif, une erreur d’analyse, d’après la reprise de l’étude d’Unéldyín, sage d’Anarèl, thèse inédite, Université Paris X, 2009.

18- Müller Kristin, Eŋgaan, l’homme qui ne parlait jamais à l’Irréel – la légende d’un marin, éd. Presses universitaire du Septentrion, Lille, 2000.
Ces références bibliographiques donnent à la langue un air de vraisemblance, de connexion avec le monde réel. J'adore ! Very Happy
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Akorion



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MessageSujet: Re: Kardannais    Lun 23 Jan 2012 - 21:13

Aerelloth... Vilko...

merci beaucoup... sunny
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Leo



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MessageSujet: Re: Kardannais    Dim 29 Jan 2012 - 4:16

J'ai commencé la lecture du pdf. On voit que tu as tout ton monde dans la tête de façon très entrelacée, tissée, tangible, mais l'immersion pour l'étranger qui débarque est extrêmement difficile puisque ton but n'est pas vraiment d'inviter à voir mais de donner un point de vue interne. J'ai rencontré le même problème avec Osara. Tant que je sers de pont, ça va, mais dès que je laisse parler les natifs, c'est décrochage immédiat.

J'ai sauté vers les aspects verbaux, très bien expliqués jusque dans leurs contradictions. Et j'ai apprécié l'allusion au marin qui n'employait jamais l'irréel ^^

D'autres impressions à venir à mesure que j'avancerai...
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